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Les jésuites à Ghazir par Khalil Karam et Charbel Matta

05/11/2019|Zeina Saleh Kayali

Quel est la genèse de cet ouvrage ?
L’idée d’écrire un ouvrage sur le retour de la Compagnie de Jésus au Liban est venue en 2011 quand, lamunicipalité de Ghazir a fait construire un mémorial pour commémorer cette présence qui a duré de 1843 jusqu’à 1965 et qui s’est avérée si importante pour le pays et pour la région. Nous avons considéréavoir une dette envers la compagnie et, Charbel Matta et moi-même, avons commencé à rechercher des archives (documents, photos, correspondances…). Evidemment la collection personnelle de cartes postales anciennes sur le Liban de Charbel Matta a été un point de départ très encourageant

Cet ouvrage constitue donc un travail sur la mémoire ?
Oui absolument. Ayant été vice-recteur de l’Université Saint Joseph pendant un certain temps, je suis heureux de rappeler au public que ce séminaire collège est en fait l’ancêtre de l’USJ et du Collège Notre-Dame de Jamhour.

A part la collection de Charbel Matta quelles sont été vos sources ?
La recherche des sources n’était pas aisée car beaucoup d’archives ont été perdues lors des différents événements qui ont secoué le Liban aux 19e et 20e siècles. Toutefois le ‘diaire’ était une source très précieuse. Il s’agit d’un journal quotidien tenu par les pères sur les événements de la journée. Et l’on s’est aperçu qu’en fait sans être forcément partie prenante des événements, ils en étaient des observateurs très attentifs, avec parfois un rôle de conciliateur. Des vrais témoins de leur temps.

D’importantes personnalités libanaises ont été formées dans cette institution. Pouvez-vous nous en dire plus ?
Oui certainement. Du point de vue des religieux, le patriarche Elias Hoayek, père fondateur du Grand Liban fut élève de ce collège séminaire où il a reçu une base d’éducation très solide avant de partir à Rome compléter sa formation. Le père Khalil Eddé, frère du président Emile Eddé est également passé par cette institution et, fait notable, il fut le tout premier jésuite resté maronite, car ses parents et lui-même ne voulaient qu’il devienne latin comme c’était l’usage à l’époque quand on entrait à la Compagnie de Jésus. Mais il y a également eu des civils comme le drogman du vilayé de Beyrouth Michel Eddé, grand père du ministre Michel Eddé récemment disparu, mais aussi Auguste Pacha Adib, Premier ministre sous le mandat en 1926 et le grand peintre Daoud Corm, portraitiste privé du pape Pie IX.

A savoir :
Table ronde autour de l’ouvrage à l’Université Saint Joseph (auditorium François Bassil) le mercredi 20 novembre à 18h inscription à bureaudurecteur@usj.edu.lb
L’ouvrage est en vente sur le site des Presses de l’USJ https://www.usj.edu.lb/publications/catalogue/fiche.htm?id=O2932

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