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Le Liban d’hier à demain par Nawaf Salam

02/06/2021|Zeina Saleh Kayali

Pour l'auteur, ancien ambassadeur du Liban auprès du Nations-Unies et actuel juge à la cour internationale de Justice de La Haye, hors de la déconfessionnalisation, par étapes, point de salut pour le Liban.  Et pour que celle-ci arrive, il faut l'émergence de nouvelles forces sociales et politiques. Or, comment déconfessionnaliser, même graduellement, quand ceux-là mêmes qui sont à la base de cette question, n’ont aucune intention d’en sortir car ce n'est pas de leur intérêt ?  L'espoir est toutefois permis puisque les jeunes ont commencé à descendre dans la rue en transcendant leur identité communautaire mais le chemin est long et ardu. Les pères fondateurs du Liban, Bechara El Khoury et Riad El Solh pensaient pouvoir se débarrasser du confessionnalisme avec le temps. Mais c'est exactement le contraire qui s'est passé, il s'est enraciné et rien n'a été fait pour ouvrir les "portes citoyennes". Or, poursuit l'auteur, tant que les Libanais qui sont des "citoyens empêchés" dans un "Etat inachevé" ne s'affranchiront pas du confessionnalisme, ils ne pourront pas construire un pays. Et cette dynamique confessionnelle ne repose pas sur la dévotion, elle n'a rien à voir avec la religion en tant que telle, personne ne cherche à convertir son voisin. Elle est donc surtout une affirmation identitaire.

 

Quant au Libanais, il est sans cesse écartelé entre une recherche d'affirmation de son individualité et le poids écrasant des traditions sociales et communautaires. Cette dichotomie existe d'ailleurs entre la loi et la réalité, la théorie et la pratique (tant sur le plan pénal que constitutionnel). De ce double message permanent, il résulte que le progrès de la législation s'arrête toujours au moment où commence le carcan communautaire. En outre, le principe de l'égalité devant la loi se trouve ici bafoué puisque les citoyens ne sont pas égaux d'une communauté à l'autre, ils le sont uniquement au sein de leur propre communauté. La question se pose aussi bien au niveau du statut personnel que celui des droits civiques et politiques. 

 

Nawaf Salam revient sur le "malentendu" au départ de la création du Grand Liban puisque les Chrétiens (majoritairement maronites) l'appelaient de leurs vœux, tandis que les Musulmans le vivaient comme une trahison, car ils souhaitaient faire partie de la grande "Nation arabe". Les rêves d'unité arabe de ces derniers s’étant estompés, il y aurait une vraie chance aujourd’hui pour réussir un nouveau projet national sur une base d’égalité citoyenne dans un Etat de droit.

 

Pour conclure, Nawaf Salam propose des solutions concrètes, en expliquant qu’en corrigeant les dysfonctionnements des accords de Taef, ces derniers pourraient toujours constituer des clés pour sortir du confessionnalisme, mais qu'il avait alors fallu garantir aux Seigneurs de la guerre "une grande partie du nouveau gâteau". N'est-ce pas finalement cette mentalité marchande de perpétuelle négociation et de "donnant-donnant" n'ayant pas permis d'allégeance commune, qui est une des principales causes du malheur libanais ?

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