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La peinture comme thérapie

09/06/2023|Zeina Saleh Kayali

Mylène Chahine peint, donc elle est. C’est le moto qu’elle a accroché à sa porte d’entrée Pingo ergo sum . Tout d’abord, ne demandez jamais à Mylène de parler elle-même de ses œuvres car ce sont « ses enfants » et elle « aime tout, même ce qui est moche » ! Mais comment cette Libanaise installée à Londres depuis les années 1990, est-elle « tombée » dans la peinture ? Par le biais d’un médecin généraliste tout simplement génial. Après une dépression sévère et une longue quête, il suggère à sa patiente de commencer une activité intéressante qui pourrait l’aider à alléger sa souffrance et Mylène propose de se mettre au tricot et à l’apprentissage de l’espagnol. Rubbish ! répond le médecin qui n’a pas froid aux yeux et qui a décelé une profonde sensibilité artistique chez sa patiente. « Tu as grandi pendant la guerre du Liban et tu as sûrement tricoté des centaines de carrés de laine pendant les bombardements, sans compter que tu parles déjà 6 langues », lui assène-t-il. Et quelques jours plus tard, ne voilà-t-il pas qu’il lui annonce l’avoir inscrite à un cours de peinture en ligne (car nous sommes déjà en plein covid).

 

Et c’est là que Mylène s’embarque pour son périple pictural. « Au début c’était la panique je n’y connaissais rien ! ». D’autant que le professeur dès la première séance donne un devoir : peindre le centre de Londres d’après une photo. Avec des immeubles, des portes cochères, la Tamise etc. Mylène décide donc de faire des blocs de couleurs et s’autoproclame dès lors « Pabla Picassa » ! La séance d’après, le même devoir est demandé, mais de nuit. Que faire sans les couleurs ? Rajouter des petites étincelles multicolores ! Et au moment où chacun doit montrer son travail, Mylène demande quelques minutes de plus pour « fignoler » sa toile. Fignoler dit le professeur ? Vous êtes donc mordue par la peinture ! 

 

Deux jours plus tard, Mylène se met à peindre toute seule et elle est bouleversée d’avoir réussi à faire quelque chose sans être obligée de suivre une consigne. Depuis, cela n’arrête plus. « Dr « Frankenstein » a créé un monstre » ! Et il en est très fier. « Il m’a sauvé la vie » dit Mylène. 

 

Petit à petit, l’entourage de Mylène se met à lui confier des tâches comme l’illustration de prospectus, ou la réhabilitation d’objets de la vie quotidienne auxquels elle donne un second souffle. Elle a par ailleurs participé à une exposition collective dans un hôpital psychiatrique où elle avait effectué un séjour de cauchemar. Belle façon de transcender l’affreux souvenir. Sur les trois toiles exposées, une a été vendue.

 

La peinture a « donné un coup de fouet » à Mylène et lui a appris à « gérer sa dépression ». Quand elle peint, elle est « dans un état second, et sort d’elle-même », ne pensant plus à sa souffrance. Dans ces moments-là, seules comptent les couleurs. 

 

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