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IMPRESSIONS : Vous avez dit Match Point ?

08/06/2023|Dounia Mansour Abdelnour

Pendant que se déroule le tournoi de tennis de Roland Garros, vient à l’esprit le film “Match Point” du brillant et non moins déjanté Woody Allen qui fait, des histoires d’amour tressées de thrillers, une fixation réussie.

Cette balle de match qui tient à un point ténu sur une ligne, entre in et out, entre défaite et victoire, succès et échec, le tout et le rien, le point de non retour, tranchant, incisif, décisif, a quelque chose de transcendant. La balle de match gagnante ou perdante sur la ligne dicte donc l’avenir, la suite de l’histoire, sans que l’on puisse lui opposer de volonté.

 

Dans “Match Point”, Allen met l’accent sur la malchance et la chance qui se succèdent à l‘insu d’un meurtrier qui au final ne sera pas accusé grâce à un heureux concours de circonstances tout à fait inouï, un rebondissement en montagnes russes émotionnelles.

 

Le hasard dérivé du terme arabe “Al zahr”, nous joue de bons et de mauvais tours. Dans ce thriller social, le meurtrier croit s’être débarrassé d’un indice majeur du crime en lançant la bague incriminante dans la rivière, mais elle rebondit sur le parapet et retombe sur le trottoir, à son insu. Quelle malchance pour le meurtrier ! Peu après, un passant voit l’objet et le ramasse. Ce dernier s'avère être un drogué qui sera retrouvé mort quelques jours plus tard. La bague en question est retrouvée sur lui. Quelle chance pour le meurtrier ! Celui-ci est tiré d’affaires. Affaire résolue.

Un comble car c’est en échouant à faire disparaître une pièce à conviction

majeure de son crime que le criminel réussit à s’innocenter sans même s’en douter. Ironie du destin, goguenardise du hasard. Certes, le hasard peut jouer un grand rôle dans nos vies. Dans ce cas, il parvient à innocenter l’auteur d’un double crime de façon impromptue.

La vie ne serait-elle qu’une loterie, un jeu du hasard où nous serions un peu les marionnettes de circonstances contrôlées par un marionnettiste qui anime et manipule des personnages ? La question demeure. Cependant, ce que nous appelons chance ou malchance vient changer radicalement le destin.

 

Lorsqu’on pense à Michael Schumacher, le grand champion de formule 1 qui a survécu à bien d’accidents à des vitesses surprenantes, et qui un jour de décembre 2013 sur une piste de ski, casque sur la tête et skiant à vitesse réduite, chute, se cogne la tête contre une pierre sur la neige et se retrouve toujours dans un état végétatif depuis 11 ans, il y a de quoi être perplexe devant l’ironie du sort.

 

Toutefois, hormis la mort, les catastrophes naturelles, les accidents et les

longues maladies, il nous appartient en fin de compte de tirer le meilleur ou le pire de ce qui se présente à nous et la foi est d’un grand secours pour affronter les vicissitudes de l’existence. Elle bouge les montagnes, console, donne de la force. Se dire Qué sera, sera, let it be, est un précieux sésame pour la sérénité du cœur.

 

Un homme sage choisira toujours d'avoir de la chance plutôt que toute autre chose, dit le personnage du film d’Allen. C’est vrai, certes. Cependant, il ne sert à rien de chercher à comprendre l’indicible car tout compte fait, les circonstances concourent à jouer un rôle majeur dans nos décisions et il nous reste à convenir avec Gandhi que la vie est un mystère qu’il faut vivre, et non un problème à résoudre.

 

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