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IMPRESSIONS : Le fascinant et sombre clair-obscur chez Daphné du Maurier

13/05/2023|Dounia Mansour Abdelnour

Adolescents, nous avions l’esprit qui vagabondait des journées entières dans les Cornouailles au sud-ouest de l’Angleterre grâce aux livres de Daphné du Maurier, née le 13 mai 1907, décédée en 1989, et qui malgré un nom qui résonne en français, est bien britannique. 

 

Grâce à cette écrivaine devenue une des plus appréciées de sa génération, des collines au nord de Beyrouth, nous visitions un coin méridional de l’Angleterre en nous plongeant dans sa nature, ses landes, ses falaises abruptes sur la mer. Il faisait bon se dépayser et être transporté dans un lointain ailleurs mystérieux, ténébreux et si différent du nôtre, y sentir le vent dans les cheveux, pénétrer ses manoirs dans la brume et le brouillard, frissonner avec ses personnages impénétrables.

 

Coqueluche de ma jeunesse depuis ses premiers grands succès, L’auberge de la Jamaïque (1934), Rebecca (1936), suivis par Le Général du Roi (1946), ces histoires sombres nous transportaient dans une atmosphère pesante, obscure, bien anglaise, et hop, nous étions accrochés par un sentiment d’oppression mêlé d'angoisse et de plaisir qui ne nous quittait pas. 

 

Avec un style fascinant, simple et clair, Daphné du Maurier vous bande les yeux et vous invite à marcher à petits pas feutrés dans un monde épais et sombre. Ses descriptions des sentiments des personnages envoûtants et des lieux sont incisifs et la tension psychologique à son paroxysme. Dans Rebecca, une narratrice sans nom et une morte omniprésente et insaisissable évoluent dans l’ambiance énigmatique du domaine de Manderley décrit comme s’il s’agissait d’un autre personnage de l’histoire. 

 

Un autre titre au prénom de femme Ma cousine Rachel n’est pas en reste. Les ingrédients dumauriens sont bien là. Émotions brutes, regrets, secrets, énigmes, flou, soupçons et silences sont l’apanage des personnages complexes du roman qui portent en eux une grande part d’ombre car un doute permanent envahit le lecteur dans une ambiance pesante. 

  

Chez Du Maurier, pas de clarté dans la trame du récit, le clair-obscur reste sombre. Le Général du Roi, exaltant roman historique, imprégné de romantisme et de mystère, paysages lugubres et venteux sur fond de guerre civile, nous emmène en Cornouailles (encore) où les périls et les dangers cernent de près le tempétueux général Richard Grenville fidèle au roi et Honor, la narratrice si attachante par sa force et sa vulnérabilité. 

 

Pas étonnant d’être fan des écrits de Du Maurier devenue l'une des auteures anglaises les plus durables de tous les temps. Rebecca est aujourd’hui considéré comme un classique de la littérature anglaise et fait partie de la liste des cent meilleurs romans policiers de tous les temps, selon la Crime Writers' Association. 

 

- La notoriété de ses livres est mondiale, trois de ses œuvres ont été adaptées à l’écran par Alfred Hitchcock : L'Auberge de la Jamaïque, en 1939, Rebecca sorti en 1940 et sa célèbre nouvelle Les Oiseaux, publiée en 1963. Plus récemment, Le Général du Roi a été adapté en téléfilm par Nina Companeez et diffusé en 2014 à la télévision française. L’écrivaine Tatiana de Rosnay a tellement accroché qu’elle a dédié une biographie à Daphné du Maurier, Manderley Forever, parue en 2016. 

 

J’ai rêvé l’autre nuit que je retournais à Manderlay. C’est par cette phrase que la narratrice au nom inconnu introduit le récit de Rebecca. Certes, moi aussi, j’ai rêvé bien des fois que je retournais à Manderlay.

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