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IMPRESSIONS : La magie des jours ordinaires

01/06/2023|Dounia Mansour Abdelnour

Vivre un miracle c’est, entre autres actions inouïes, éviter un drame imminent ou bien le vivre et en être sauvé, s’en sortir sans une réelle explication, sans raison apparente. C’est l’inexpliqué, l’inexplicable. C’est le mot qui tue les maux, synonyme de soulagement, de la fin de la douleur, du bonheur retrouvé.

Il y a néanmoins une autre forme du merveilleux, c’est la magie des jours ordinaires, le calme déroulement des journées sans nuages, la fluidité de périodes loin des vicissitudes de l’existence, la puissance de la simplicité, la routine quotidienne, cette succession d’actions répétées sans cesse des jours et des nuits qui passent, la placidité des joies calmes, nous laissant barboter dans des eaux tranquilles où l’on est heureux et soulagés que rien de grave ne soit arrivé.

La vie n’est pas un long fleuve tranquille, tant s’en faut, elle est dure mais c’est la vie. Survient un jour comme ça, où rien ne va comme prévu, un fâcheux contretemps, un accident, une maladie, la perte d’un proche, qui enténèbrent à jamais l’existence et l’avenir, un drame qui vient briser la routine nous noyant dans des difficultés insoupçonnées, souvent interminables et des chagrins insurmontables.

Nous réalisons alors que notre train-train quotidien n’était pas si mal et qu’arpenter les sentiers battus ce n’est pas si barbant, que c’est une certaine forme de sécurité, d’assurance, une discipline pas si mauvaise, en somme.

Pour un grand accidenté, un paraplégique, une personne amputée d’un membre, un grand malade du cancer ou d’une maladie auto-immune, dégénérative, ou celui qui perd un proche parent, un époux, une épouse ou un enfant, s’adapter à cette nouvelle vie n’est pas chose facile. Nos jours brillants ont pris fin, c’est le tour des sombres jours,” s’il nous est permis de citer Shakespeare.

Tout d’un coup, l’existence se résume à un avant et un après l’incident. On voudrait revenir à cet avant, avant l’accident qui a atrophié, avant la douloureuse longue maladie qui ne fait que régresser, avant la perte de l’être aimé, mais la vie en a décidé autrement.

Il faudrait alors comprendre et accepter que rien ne sera plus comme avant, se reconstruire et réaliser que la vie continue, se remettre à faire des projets, essayer de trouver des solutions pour une nouvelle vie qui a pris une autre direction.

Trouver un sens à tout cela n’est pas évident. Il nous reste à accepter que les choses ne vont pas toujours comme on veut, apprendre à ne pas mettre la barre trop haut, et ne pas trop attendre de la vie, carpe diem, à chaque jour suffit sa peine. S’initier à apprécier les petites choses et pratiquer des activités avec des personnes qui nous font du bien, se lancer dans un projet altruiste, transformer la douleur en sérénité. Et il y a surtout Mère Nature toujours présente, lénifiante, comme le rappelle Lamartine:

Mais la nature est là qui t’invite et qui t’aime ;

Plonge-toi dans son sein qu’elle t’ouvre toujours

Quand tout change pour toi, la nature est la même,

Et le même soleil se lève sur tes jours.

Et lâcher prise c’est jouir de la magie de ces jours ordinaires, vivre et laisser vivre, et comme le dit si joliment Nadia Tueini, éprouver que chaque jour est une résurrection avec la complicité de la terre et puis qu’on va disparaitre un jour et que ce n’est pas si grave.

 

Photo : @Photo, Digital painting Tara Turner

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