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Drames et Miracles

15/06/2021|Nelly Helou

« Drames et Miracles n’est pas une fiction », dit-elle, « c'est une réalité vécue intensément par le groupe qui porte le même nom et qui carbure à l'amour. J’ai eu l'honneur de recueillir les témoignages poignants des membres de ce groupe. Que de larmes versées de part et d'autre de nos écrans respectifs, durant le confinement, car il ne suffit pas de toucher du doigt la blessure de l'autre il faut surtout la faire sienne. Mais aussi que de joie lorsque la force de l'amour, pose sa main, soigne, panse et apaise la douleur jusqu'à la totale rémission. Croyez-moi, les miracles arrivent encore de nos jours, et il faut ajouter que les bénévoles et les donateurs ont répondu spontanément à l'appel des initiateurs du groupe, non pas en donnant mais en se donnant à l’autre ».  
 

Plutôt que de parler à la première personne, Claude Haddad a choisi de relater ces témoignages sous la forme d’un roman où tout s’enchaine, par la voix d'un narrateur libanais qui vivait à Paris depuis 1978 avec ses parents dès sa tendre enfance et avait choisi de venir passer quelques temps au Liban pour se ressourcer.  Arrivé à Beyrouth le 3 aout il s'installe dans la maison paternelle au quartier Mar Mikhayel tout proche du port. Le 4 à 18h7minutes la maison vole en éclats.  

Une onde de choc s’abat sur lui. L’explosion a soufflé la maison, et une vive douleur explose dans son crâne. « Je sors demander de l’aide, dit-il mais je suis tétanisé. » D’autres que lui surgissent des décombres, tailladés, ensanglantés, hagards. Un film d’horreur se déroule sous ses yeux ahuris.  

  

La rencontre  

 Le 8 aout souffrant toujours d’une commotion cérébrale il déambule dans les rues sinistrées de la capitale. Pris d’un malaise il est aussitôt secouru dit- il « par une main bienfaisante, presque maternelle » qui l’installe dans une tente dressée par l’évêché de Beyrouth, où des volontaires s’affairaient pour parer au plus urgent. Ce fut pour lui la rencontre avec sœur Micheline qui l'avait secouru et avec sœur Anne, toutes deux religieuses du Bon Pasteur qui se donnent sans relâche pour venir en aide aux sinistrés de l’ensemble des quartiers autour de Saint Maron. Une belle initiative lancée par l’infatigable père Richard Abi Saleh, curé de cette paroisse, et qui a dressé une liste des familles, des personnes et des foyers qui ont vu la mort en face et à qui il était indispensable d’apporter soutien et support financier, moral, psychologique, afin qu'ils puissent garder l’espoir, se maintenir et finalement se relever. Tout un noyau de volontaires et de donateurs se forme autour de lui et le groupe prend pour nom "Drames et miracles". 

Le narrateur s’intègre au groupe participe à leur action écoute leurs témoignages et affirme : « j’ai été témoin de l’abnégation de ses membres, de la charge d’amour et de charité investie dans leur action et surtout de la façon apaisante d’approcher leur prochain en souffrance ».

 

Laisser jaillir la beauté 

« Ce fut pour lui un voyage initiatique, lui qui ne croyait ni au miracle ni au Christ » relève dans la seconde préface, Tanios Habib, docteur en philosophie et sciences humaines.  « J'étais chrétien par hérédité et non par choix je n'ai jamais cru aux miracles » confie le narrateur au début du parcours. Mais dans le dernier chapitre intitulé "l'éveil " il demande au père Richard : « mon père je veux redevenir chrétien, rebaptisez- moi... Jésus était hors de ma vie, de mon parcours je ne l'ai même jamais aimé ».  Père Richard de lui répondre : « il t'aura aimé pour deux et sache que lorsque la beauté se réveille en toi il faut la laisser jaillir. Tu es chrétien et baptisé, nul besoin de le refaire mais si tu le souhaites tu pourras renouveler ton baptême lors d’une cérémonie en présence des membres du groupe "Drames et miracles"». 
 

Publié par les éditions artLiban Calima (et vendu à la Paroisse au bénéfice de l’Association), le livre est loin d’être écrit sur le ton dramatique ou de lamentation même s'il évoque beaucoup de souffrances, des cas poignants, des deuils, des larmes, de la colère, des blessures .... Au contraire dans un style coulant et direct et un récit romancé il nous fait entrer dans un monde où il y a de la joie dans le don de soi aux confins de l'amour.   

                    

Dévouement et générosité 

Le lancement du livre a eu lieu le 8 juin en l'église Saint Maron à Gemayzé lors d’une cérémonie ponctuée de paroles venues du cœur, et d’interludes musicaux avec Patricia Baroudy à l’orgue et Farid Rahmé, à la flute à bec. Père Richard Abi Saleh qui se démène au-delà de toute épreuve, affirme dans son mot d'accueil. « Drames et Miracles est une histoire que nous avons écrite ensemble auprès de nos familles suite à l’explosion du 4 aout, un livre qui relate comment Dieu console son peuple au cœur de tant de drames ».... « Cela s'appelle des miracles au quotidien ». Il remercie les donateurs et les bénévoles pour leur élan de générosité …. 
 

Les témoignages des deux religieuses du Bon Pasteur et de Mme Denise Breidi étaient émouvants. Philippe Jabre, grand donateur, affirme pour sa part : « j'ai lu le livre avec beaucoup d’émotion et je vous le recommande. Bravo à Claude Haddad qui a réussi à rassembler ces témoignages et d’être arrivée au plus intime des personnes interviewées.  Au nom des donateurs je remercie le Père Richard dont le dévouement à la cause a été d’un grand secours à ces quartiers dévastés ».  Jabre qui a fondé il y a 20 ans une Association qui porte son nom avec pour objectif principal l’aide à l’éducation scolaire et universitaire pour les libanais de l’intérieur et de la diaspora souligne : « au cours des 18 derniers mois mes équipes et moi-même avons augmenté nos aides sociales au Liban. Le violent effondrement de l’économie ainsi que l’explosion du 4 aout ont créé des besoins qu’on croyait révolus avec la fin de la guerre de 1975 à 1990. Le plus triste est que ce n’est pas fini et pour ne pas perdre une nouvelle génération sachons à l’avenir faire les bons choix politiques. Mais le Liban de nos rêves existe et doit renaître gardons l’espoir. J’ai la foi et la conviction que le pays du Cèdre va se relever la tête haute ».  

  

Le chemin 30-42cm acrylique sur papier , mars 2021, Carole Elias

  

 

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