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Un café avec Zeina Abirached

12/03/2019

Zeina Abirached, auteure et dessinatrice de bande-dessinée, offre une ode à la musique dans ‘Le Piano Oriental’ où elle rend hommage à son arrière-grand-père qui a créé le piano oriental. Le 22 mars, elle se produit avec le pianiste Stéphane Tsapis dans un concert illustré où ils racontent l’histoire de ce piano bilingue, unique au monde.

Présentez-nous votre spectacle de 'lecture dessinée musicale’ du 22 mars
C’est une adaptation de ma bande dessinée Le Piano Oriental (Casterman, 2015). J’avais envie qu’on entende enfin le quart de ton dont je parle dans le livre ! C’est donc un duo, avec Stéphane Tsapis au piano, et moi-même au dessin et au texte… une conversation entre la musique, le dessin en train de se faire et le texte, pour embarquer les spectateurs dans l’univers d’Abdallah Kamanja, le double fictif de mon arrière-grand-père Abdallah Chahine, et de son piano bilingue ! 

Dans quels pays l'avez-vous joué et quel est la particularité du concert donné au Liban ?
Le spectacle a été créé en France, quelques mois après la sortie du livre, pour un festival de littérature qui m’avait donné carte blanche pour une soirée autour de mon travail. Nous l’avons ensuite joué dans plusieurs villes… en France, mais aussi en Suisse, en Belgique et… au Japon, pour accompagner la sortie en japonais de ma bande dessinée ! Je rêvais de le jouer un jour au Liban accompagnée du piano de mon arrière-grand-père Abdallah Chahine, qui est le personnage principal de mon livre… C’est bientôt chose faite, et c’est une grande joie, puisque le 22 mars, à la salle Montaigne, c’est sur ce piano là, sur le prototype imaginé par mon arrière-grand-père à Beyrouth et fabriqué à Vienne par Hofman dans les années 50, que Stéphane Tsapis mettra en musique mon récit et mes dessins et donnera à entendre le fameux quart de ton ! 

Parlez-nous du piano de votre arrière-grand père. Comment est-il préservé et est-ce que des musiciens peuvent l’utiliser ?
Le piano de mon arrière-grand-père est encore à Beyrouth, il est en bon état et est présenté dans la salle de vente du magasin « Chahine » de Chiah, que mon grand-père Joseph a ouvert et dont mon oncle Abdallah s’occupe aujourd’hui. C’est drôle parce qu’il est à Beyrouth depuis sa construction dans les années 50… et depuis la sortie de ma bande dessinée, je suis régulièrement contactée par des pianistes qui souhaitent le voir et essayer d’en jouer !

Vous jouez avec Stephane Tsapis lui aussi de double culture, comme vous. Cette double identité est-elle source principale d’inspiration ?
Elle est en tous cas ce qui nous lie et qui fait que nous avons une sensibilité artistique et un regard sur le monde assez proche. Je pense que c’est aussi ce qui fait que Stéphane peut s’approprier par sa musique l’histoire de ce piano mais aussi les parties autobiographiques du livre et du spectacle, celles où j’explore mon rapport à ma culture double et à mes langues maternelles.

Votre arrière-grand père a créé le piano oriental et Nassim Maalouf la trompette orientale. Avez-vous déjà collaboré avec Nassim ou son fils Ibrahim ?
Mais oui ! Avec Ibrahim, pour qui j’ai dessiné en 2018 une longue frise recto verso, en noir et blanc, représentant un banquet levantin, frise qu’il a glissée dans son disque « Levantine Symphony n.1 » accompagnée de crayons de couleurs !
 


 


 

‘Le Piano oriental’
- 19 MARS, 20H00, MAISON DES JEUNES ET DE LA CULTURE (ZOUK MIKHAEL), (09) 213217
- 22 MARS, 20H00, INSTITUT FRANÇAIS DE BEYROUTH, (01) 420200
 

- 23 MARS, 18H00, MUSÉE DU SAVON / FONDATION AUDI

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