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Rencontre avec Mark Hachem

12/03/2019

Depuis son implantation à Beyrouth en 2010, la Galerie Mark Hachem met en avant les artistes émergents et établis du Moyen-Orient. Cet engagement se traduit par l’inscription de la galerie dans la nouvelle section instaurée par Art Dubai, Bawwaba, consacrée aux projets qui traitent de l’Amérique latine, le Moyen-Orient, l’Afrique, l’Asie centrale et l’Asie du sud. Rencontre avec son propriétaire Mark Hachem. 


Qu’apporte la participation à Art Dubai à la galerie Mark Hachem ?
Art Dubai est la principale vitrine de l'art pour la région MENASA. Pendant des générations, les peuples du Moyen-Orient se sont rassemblés pour échanger sur l'art, la culture et l'histoire. Art Dubai est la plate-forme idéale pour établir des connexions au-delà de Paris et de Beyrouth, à travers le Moyen-Orient et d'autres régions importantes telles que l'Asie du Sud, l'Amérique du Sud et l'Afrique. Dubaï étant une capitale financière, elle attire des collectionneurs originaires de marchés que nous souhaitons justement explorer. Par ailleurs, la foire réunit des directeurs de musées prestigieux, des conservateurs, des artistes, des critiques de grands magazines ainsi que des institutions célèbres. La galerie Mark Hachem représente notamment des artistes aux parcours alternatifs originaires du Moyen-Orient ou encore d'Amérique du Sud. Dans ce contexte, on comprend que notre présence à Art Dubai est essentielle pour la promotion internationale de nos œuvres.

Qu’est-ce qui, à votre avis, va pousser les collectionneurs et les amateurs d’art à fréquenter votre stand pendant la foire ?
En premier lieu la qualité et la rareté des pièces présentées ! Pour cette édition 2019, nous allons montrer des œuvres inédites du maître moderniste égyptien Hamed Abdalla et de la critique d'art libanaise et peintre Helen Khal, auxquelles s’ajoutent des œuvres du peintre syrien Ahmad Moualla et des sculptures du moderniste libanais Hussein Madi. Nous présentons également, pour la première fois, l’œuvre du sculpteur Marino Di Teana (1920-2012), un artiste italien immigré en Argentine puis en France dont la sculpture, notamment héritée du Bauhaus et du mouvement de Stilj, fut à portée architecturale. Au point de concevoir des sculptures monumentales dans l’espace publique (la plus grande sculpture d’Europe en corten est de di Teana, elle fait 22m de hauteur).
En un seul stand, notre exposition réunit des artistes originaire d'Egypte, de Syrie, du Liban, de France, des États-Unis, d'Italie, d'Argentine et de Palestine. Ce qui permet d’aborder et de mieux comprendre des exemples essentiels du modernisme. Nous présentons des sculptures, des aquarelles, des huiles et des dessins qui esquissent des parcours, des histoires. 
La Galerie Mark Hachem souhaite mettre en lumière des époques, des mouvements et des œuvres méconnus ou trop souvent ignorés par l’histoire de l’art.
Art Dubai est le lieu pour le faire, tout en contribuant à cette démocratisation de l’art, si essentielle.
Je pense que tous ces éléments de découverte amèneront beaucoup de visiteurs sur notre stand. 

Quels artistes avez-vous choisi pour attirer les visiteurs arabes et occidentaux à Art Dubai ?
Hamed Abdalla ne défendait pas seulement la conscience de l’Égypte et de la Palestine, mais plutôt le monde arabe tout entier. Ses œuvres étaient des poèmes lyriques qui témoignaient de la joie et de l’angoisse éprouvées par le peuple arabe au cours des sept décennies qui ont suivi la décolonisation. Notre accrochage est conceptualisé autour de la forme et de la lettre.
C’est, par exemple, illustrer comment l'écriture arabe est devenue le point de départ de la peinture dans le monde arabe en utilisant le khat (la ligne) comme base de la peinture conceptuelle. 
Helen Khal est une artiste formidable qui, en tant que femme, a défié les allées étroites du monde de l'art au Liban avec des œuvres méditatives et constamment présentes. Hussein Madi et Ahmad Moulla expérimentent le modernisme et ses formes en utilisant des histoires folkloriques du monde arabe. Marino Di Teana, fils de maçon, s'inspire de ces symboles pour une sculpture moderniste à l'échelle architecturale destinée aux espaces publics. De grands artistes comme Le Corbusier sont célébrés mais nous oublions de parler de ces hommes et femmes moins célèbres, et de leur contribution au vocabulaire du modernisme. Je pense que les collections privées arabes et les musées arabes devraient posséder leurs œuvres.
Leur collection ne doit pas se limiter aux artistes régionaux. D’ailleurs les artistes que j’ai cités ont vécu en exil. Helen Khal est née d'immigrés libanais aux États-Unis mais elle a vécu à Beyrouth. Avant de s’installer en France, Hamed Abdalla a vécu au Danemark et a été proche de l’avant garde Cobra. Marino Di Teana est à l’image de ces centaines d'artistes venus tenter leur chance en France pour finalement contribuer à l’effervescence et au rayonnement de Paris des années 1950-1960. La sélection présente non seulement le programme de ma galerie, mais aussi une certaine histoire de l’art qui doit appartenir à tout un chacun.
 

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