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Youmna Geday, artiste de la lumière

24/11/2018|Zeina Saleh Kayali

Entre Paris, Beyrouth, le Canada et l’Arabie Saoudite, l’artiste Youmna Geday qui met au point une œuvre tout à fait originale à base de coquilles d’œufs et de lumière, raconte son parcours à l’Agenda Culturel

Des coquilles d’œufs ? Expliquez-nous ! 
Ce sont des installations lumineuses à base de matière organique, les coquilles d’œufs de poule qui, une fois illuminés, ressemblent à des planètes et des constellations d’étoiles. Ce qui m’intéresse c’est la symbolique, le fait que dans un grand nombre de cultures, l’univers provient d’un œuf. Cela pose la question de la vie. Pensez que dans un objet aussi petit qu’un œuf il peut y avoir l’image de quelque chose d’aussi grand que l’univers tout entier. Le jeu d’échelle entre le tout petit et le très grand me fascine. 

Comment vous en est venue l’idée ?
C’est une photo qui m’a inspirée. Une amie qui tenait une coquille d’œuf au soleil et la lumière s’y reflétait, on aurait dit une planète. J’ai passé deux ans à chercher comment faire pour percer l’œuf afin qu’il soit parfait, que la coquille soit solide de façon à se visser et se dévisser sans se casser, pour que la température de la lumière soit idéale, trop chaud ni trop froid.

Comment procédez-vous ?
J’achète mes coquilles d’œuf auprès de producteurs, de fermiers. Je dessine mon travail avant de l’exécuter. Je traite les œufs de A jusqu’à Z, mais pour ce qui est de l’électricité, des artisans travaillent pour moi. Les formats sont variables, du plus petit au plus grand, mais mon rêve est de faire du monumental afin d’éclairer de très grands espaces. 

Vos installations sont-elles décoratives ou utiles ?
Elles éclairent mais ce n’est pas leur but premier. Je les considère plutôt comme un appel à la lumière et non comme un objet utilitaire. Les coquilles sont posées sur un support particulier pour que l’œuf se visse et se dévisse de la structure. 

Comment s’est déroulé votre parcours ? 
Au départ, je suis photographe de formation. J’ai fait mes études à Arles et me suis intéressée à l’image car, ayant grandi en Arabie Saoudite, l’image y était proscrite et forcément elle m’attirait ! Au fur et à mesure que j’avançais, je me suis aperçue que j’étais intéressée par la lumière en tant qu’objet.

Avez-vous l’occasion de montrer votre travail ? 
J’ai exposé à la Beirut Design Week en septembre 2018. Et là, je suis en train d’organiser une exposition à Paris. J’y montrerai mes installations lumineuses ainsi qu’une série de feuilles blanches que je perce très finement et que je rétro-éclaire, on reste ainsi dans le thème de l’univers, des constellations de lumières. 

Où se situe le Liban dans votre vie personnelle et artistique ?
Partout ! Je suis née au Canada, j’ai grandi en Arabie Saoudite et je n’ai jamais vécu au Liban, pourtant mon identité libanaise est si forte… C’est indescriptible, ce sentiment, tous ces mélanges qui touchent spécifiquement les Libanais et qui posent tant de questions. Qu’est ce qui nous fait bouger ? Qu’est-ce que l’éducation libanaise ? En quoi se démarque-t-elle des autres cultures ? La question existentielle de l’origine du monde est très liée à mes origines libanaises J’ai envie de comprendre ! 
 

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