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Les installations écologiques de Gerda Steiner et Jorg Lenzlinger

29/03/2019|Hatem Lahoud

La galerie Sfeir-Semler, à la Quarantaine, accueille depuis janvier l'exposition ‘Les extrémités de notre univers’ du couple d'artistes suisses Gerda Steiner et Jorg Lenzlinger. Leur installation écologique in situ fait écho à la réalité écologique du Liban et aux inquiétudes qu'elle soulève. L'exposition est visible jusqu'au 6 avril.

Sur les plages de Beyrouth ou dans les alentours de la galerie Sfeir-Semler, dans le quartier industriel et portuaire de la Quarantaine, Gerda Steiner et Jorg Lenzlinger n'ont sûrement pas eu de difficultés à rassembler les matières premières nécessaires à leur installation ‘Les extrémités de notre univers’.
Dans une vaste salle lumineuse de la galerie, plantes, fleurs, coquilles d’œufs, mais aussi mégots de cigarette, jouets en plastique et filets de pêches sont suspendus au plafond. Le tout forme une sorte de forêt luxuriante et surréaliste, moitié biologique moitié artificielle. La marque de fabrique du couple est l'utilisation d'engrais chimiques qui vont se développer avec les éléments organiques de l'installation pour se transformer en cristaux et évoluer au fil des jours.

Ce n'est pas un coup d'essai pour le couple Steiner & Lenzlinger, installé en Suisse dans le canton de Bâle-Campagne. Ils sont passés maîtres dans ces installations qu'ils adaptent en fonction du lieu d'exposition. Ils ont participé à Expo02 avec une gigantesque Heimatmaschine génératrice de plantes et de cristaux artificiels. Lors de la Biennale de Venise en 2003, où ils ont représenté la Suisse, ils ont créé une installation suspendue, flottant dans l’espace de l’église San Stae. Leurs installations ont également été montrées au Museum Kunst Palast de Düsseldorf, au musée du XXIe siècle à Kanazawa, dans la séculaire Stiftsbibliothek de Saint-Gall ou encore à la Biennale de Séville et de Moscou. Ils sont actuellement en préparation d'une nouvelle exposition qui aura lieu à Valence, au mois de juin prochain.

Pour ‘Les extrémités de notre univers’, le couple s'est rapproché de l'association Icarda, le centre international de recherche agricole dans les zones arides : ‘‘Nous avons été très impressionné par leur travail, explique le couple. Depuis les années 70, ils élèvent et stockent des graines pour les régions arides. Ils participent à la protection de la biodiversité et permettent aux fermiers de rester indépendants. La culture des graines est née au Liban et en Syrie, il y a des milliers d'années. On peut même voir des ornements de blé sur les colonnes d'entrée du temple de Baalbek. La richesse culturelle et historique de ce pays est étourdissante’’.
Au-delà d'une simple installation, le couple Steiner & Lenzlinger questionne la réalité environnementale libanaise. Dans une petite salle attenante de la galerie Sfeir-Semler sont exposées certaines des graines collectées avec Icarda dans la vallée de Bisri. Cette vallée fertile du Sud-Liban pourrait bientôt disparaître, engloutie par un barrage que le gouvernement libanais entend mettre en place pour combler le manque chronique d'eau dont souffrent 1,6 million d'habitants du Grand Beyrouth. La construction du barrage sur une faille sismique et les risques d'expropriations massives des terrains agricoles inquiètent riverains et militants écologiques. ‘‘Nous avons reçus des plantes séchées, des lentilles et des graines de cette vallée. Il y a beaucoup de discussions autour de ce barrage. La question est : n'y a-t-il pas d'autres options ?’’.


 

Pour en savoir plus, cliquez ici

 

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