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Le graffiti Libanais s’exporte !

07/10/2018|Boutros al Ahmar

Le graffiti n’en finit plus d’être à la mode, au Liban comme ailleurs. La scène Beyrouthine, pourtant vieille d’à peine une quinzaine d’années, s’est développée au point d’être présente partout : dans les rues bien sûr, mais aussi dans les documentaires étrangers, les publicités, les clips, les comptes Instagram ‘d’influencers’... L’origine de cette explosion de popularité réside avant tout dans le talent des graffeurs eux-mêmes, qui ont su évoluer avec les années et trouver leur propre style, s’éloignant peu à peu de leurs exemples Américains et Européens. Lettrages en arabe ou en latin, personnages déjà cultes aux yeux des amateurs, grandes fresques réalisées en plein centre-ville... Plus que jamais, Beyrouth peut être considérée comme la capitale arabe de cette discipline de plus en plus populaire. Et le monde commence à s’en rendre compte: depuis quelques années, certains graffeurs sont régulièrement invités à participer à des festivals de street art, parfois bien au-delà des frontières de la région.

Exist, graffeur libanais de 23 ans vivant à Beyrouth, est de ceux-là. Lui et deux autres artistes locaux, EpS et Spaz, reviennent tout juste de France, où ils ont fait montre de leurs talents lors de plusieurs événements liés au graffiti. ‘‘Nous avons été invités à la suite de notre participation à Graffiti men Beirut, un documentaire français sur le graffiti libanais sorti l’année dernière’’, raconte-t-il. ‘‘Le documentaire était projeté lors de différents événements artistiques, et nous étions là pour peindre des fresques, exposer en galerie et surtout échanger avec le public. L’expérience a été bénéfique pour nous tous, c’était une grande responsabilité de représenter le Liban d’une manière positive et j’espère que nous avons été à la hauteur. Plusieurs graffeurs français viennent régulièrement à Beyrouth et font partie de nos crews (équipes de graffeurs), c’était donc aussi un plaisir de venir les voir chez eux pour la première fois’’. 

Vivre et voyager à travers le graffiti
Avant cette excursion en France, Exist et Spaz étaient déjà allés deux années consécutives au Brésil dans le cadre du festival de graffiti Street of Style, auquel ils participeront également l’année prochaine. Pour ces jeunes artistes, le graffiti est devenu bien plus qu’une passion : c’est à la fois leur travail, et dans un sens leur passeport. Ni l’un ni l’autre n’avait quitté la région avant que leur travail ne soit reconnu par leurs pairs à l’étranger. Ils ne sont pas seuls dans ce cas : EpS, Moe, Wyte, Phat 2 et d’autres parviennent à voyager grâce à leur passion, et à donner une image du Liban différente, positive et moderne. 

Mais la majorité de leur travail a évidemment lieu à Beyrouth et dans les alentours. Ces derniers jours, Exist et Spaz préparent une fresque en arabe qu’ils réaliseront lors de la Journée Internationale des Volontaires organisée par l’Institut Français à Station Beyrouth, le 8 Octobre. Cet événement célèbre le travail des volontaires français qui choisissent de venir travailler, au Liban ou ailleurs, et cette année c’est sous le signe du hip hop que se dérouleront les diverses activités prévues. ‘‘Ça nous fait plaisir de travailler pour les volontaires, de célébrer leur travail’’ admet Exist. ‘‘Le graffiti est notre moyen d’exprimer le côté ‘Peace Love and Unity’ du mouvement hip hop, et il me semble que ça va plutôt bien avec ce type d’événement. Quand nous aurons fini de peindre, le public assistera à la projection du documentaire ‘Fortes’ de Salim Saab, sur les femmes arabes. Tout cela contribue à donner d’autres perspectives sur le Liban aux gens qui ne connaissent pas bien notre pays’’.

On ne peut que souhaiter à Exist et aux autres artistes de continuer à voyager à travers leur passion, et au vu des dernières œuvres visibles un peu partout dans la capitale, cela semble assez bien parti : les traits s’affinent, l’originalité se développe, les messages se font plus engagés… Tout ceci devrait à coup sûr continuer d’attirer sur eux l’attention qu’ils méritent.


 

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