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A D Beirut, Leila Jabre Jureidini dévoile la femme derrière le hijab

09/03/2019

Par H.L

Drôle de coïncidence. Alors que Leila Jureidni dévoile sa nouvelle exposition ‘Freedom Fighters’ à la galerie D Beirut, à la fin du mois dernier, la France entre dans une de ses sempiternelles controverses autour du voile islamique après celle du burkini en 2016. L'objet du débat cette fois-ci ?

Un hijab conçu pour le running commercialisé par la marque de grande distribution sport et loisir Décathlon. Dans les jours qui suivent la mise en vente du hijab, la polémique enfle sur les réseaux sociaux et entraîne les réactions offusquées d'hommes politiques appelant au boycott et accusant la marque ‘‘de renier les valeurs de notre civilisation sur l'autel du marché’’ et de ‘‘faire le choix de prolonger l'apartheid sexuel imposé aux femmes dans l'espace public’’ . Quelques jours plus tard, Décathlon renonce à commercialiser le hijab de Running. Fin de l'histoire. Leila Jabre Jureidini a suivi l'affaire et n'a pas été surprise outre mesure : ‘‘En France, le voile est devenu un refuge pour les gens en quête d'identité. C'est une manière d'exister, d'être fière de ses origines et la religion y est secondaire. Ce genre de débat, alimenté pendant quelques jours est seulement un moyen pour certains de véhiculer leur idéologie politique à peu de frais. Moi ce qui m’intéressait avec Freedom Fighters c'était de me mettre à la place de ces femmes’’.

Après avoir étudié le design graphique à Paris puis les beaux-arts et la communication visuelle à New York, elle étudie la sociologie et l'anthropologie et travaille comme designer entre la France et les États-Unis. En 2012, elle présente sa première exposition solo au Liban, ‘Fragments’, constituée de sculptures et de peintures de femmes, fruit d'une réflexion sur la société actuelle et la vision de la femme qu'elle véhicule. En fin d'année dernière, elle a participé à une exposition collective à Beit Beirut organisée par l'UNDP ‘Break all frames’ autour de la remise en cause des stéréotypes qui pèsent sur les femmes au Liban. En 2014 déjà, elle avait présenté une sculpture ‘Unveil’ dans une exposition sur le thème du regret. ‘‘Cet œuvre m'avait laissé un goût d'inachevé, c'était plus une introduction et j'ai voulu l'approfondir’’, explique-t-elle. Dans ‘Freedom fighters’qui mêle huiles sur toiles, photographies et vidéos, l'artiste se place à hauteur de femme. Elle même issue d'une famille musulmane, elle s'interroge sur le besoin de plus en plus visible au Liban d'afficher son appartenance religieuse. ‘‘J'ai grandi et ai toujours évolué dans un environnement très libre. La religion n'était pas un sujet, c'était quelque chose de l'ordre du privé. Avec le temps, le voile et sa religiosité est revenu en force et ça m'a interrogée. J'avais moi-même des préjugés, des réticences à aborder ces femmes. On juge tous sans savoir et ça m'a remise en question. En allant à leur rencontre, j'ai voulu montrer la diversité des parcours, des expériences que ces femmes traversent. Il y a des femmes voilées par choix, d'autres qui ne l'ont pas eu mais sont épanouies, et d'autres qui ont combattu leur père parce qu'elle n'en voulait pas. Ce sont toutes des femmes fortes, chacune à leur façon’’.

Les mots de la curatrice Racha Itani en préambule, résument le propos de Freedom Fighters : ‘‘Il est temps pour nous de réaliser que la libération et la modernité ne suit pas une trajectoire qui serait strictement confinée à la quantité de chair que l'on décide de mettre en avant. Cette exposition est un rappel à chacun de nous que le seul label qui puisse s'appliquer à une femme est ‘femme’’.


 

Pour en savoir plus, cliquez ici

 

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