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“Tu as aimé le Liban ?”, épisode #1

Chronique

BEYROUTHPARISTU AS AIME LE LIBAN
18/02/2021

Chaque semaine, retrouvez les aventures d’Emma et Yaël, stagiaires à l’Agenda Culturel, à la découverte du Liban. 

 

 

 

 

“Tu as aimé le Liban ?”, c’est cette phrase que les Libanais répètent inlassablement à chaque Français venu les visiter. “Tu as aimé le Liban ?”, c’est l’archétype d’une traduction trop littérale, injustement conjuguée au passé, représentative du multilinguisme qui caractérise le pays. “Tu as aimé le Liban ?”, c’est l’expression d’une hospitalité envers le visiteur, mais aussi le reflet de préoccupations concernant la situation politique, économique et sanitaire. Oui, on a aimé le Liban, mais on l’aime encore, et on l’aimera. 

 

 

             TU AS AIMÉ LES LIBANAIS?

 

Yaël : La première chose que l’on a voulu me faire goûter à Beyrouth a été la man'ouché. Je n’avais jamais entendu parler de ce mets et me voilà devant un “four” à déguster ma première man’ouché, pour le petit déjeuner. J’avoue ne pas avoir l’habitude du salé le matin, mais en avoir mangé une quinzaine en à peine un mois prouve que je m’y suis vite accoutumée. C’est sa simplicité qui fait son charme : de la pâte, du thym (zaatar), parfois du fromage. Dans un pays connu pour ses divisions, la man’ouché me semble pouvoir être le calumet de la paix des Libanais : en même temps, comment ne pas l’aimer ? 

 

A côté du bureau, le gérant du four commence à nous connaître et me touche par sa gentillesse, mais surtout par les mots qu’il a pu avoir à notre égard. Surpris par notre présence, il a confié à Myriam* que nous servir tous les jours, nous stagiaires françaises, était pour lui une bouffée d’air frais, et lui redonnait de l’espoir pour le Liban. Et quoi de mieux que de donner de l’espoir aux gens, simplement en me régalant ? 

 

 

TU AS AIMÉ BEYROUTH?

 

Emma : Lorsque Yaël est arrivée au Liban**, j’ai tout de suite voulu l’emmener à Gemmayzé, lui montrer les cafés où j’avais passé des heures à bouquiner, les galeries où je flânais, les escaliers et leurs graffitis, et ces maisons traditionnelles que j’affectionne tant. Mais le 4 août est passé par là, et avec lui cette explosion, qui a ravagé le quartier et dont les dégâts restent omniprésents. Le rôle de guide que j’ai endossé se trouve forcé de parler au passé: ci-gît Em Ali, ses saj et ses allures de salle à manger familiale, Em Nazih n’est plus, et le Musée Sursock s’est vu amputé de ses magnifiques vitraux. 

Et puis, au milieu de tout ça, le miracle libanais ressurgit de derrière une vitrine: trois jeunes dansent et chantent au rythme de tubes libanais. On s’aventure dans le café, à la recherche de quelque chose à boire. Rien ici à consommer, mais “venez donc participer à la fête” nous propose l’un d’entre eux. Trop timides pour accepter, on reprend notre balade, amusées. 

 

 

TU AS AIMÉ L'AGENDA CULTUREL?

 

Parce que notre séjour au Liban passe aussi beaucoup par notre vie au bureau, on essayera de vous retranscrire au mieux notre quotidien de tous les jours. Alors, L’Agenda Culturel, c’est quoi ? Un magazine. Une équipe soudée. Un bureau coloré. Une team de huit filles passionnées de culture. Des amoureuses du Liban. Des stagiaires qui ont soif d’apprendre et de comprendre. Beaucoup de rires et (un peu) de travail.

 

9 février, 23°C, jour de la Saint Maron. Le parking vide devant le bureau, les universités qui chôment : Myriam se rappelle soudain que c’est férié. Qu’à cela ne tienne, elle nous épargne les documents Excel et décide d’emmener toute l’équipe à Jbeil pour profiter du soleil. Les stores baissés des échoppes du souk nous rappellent à la réalité de la crise sanitaire, mais nous profitons du port et des ruelles de la vieille ville. Sur le chemin du retour, fenêtres ouvertes et 3 daqat à fond, such a cliché. 

 

                                                              

Face à une situation déroutante, les Libanais vous diront « C’est le Liban », façon de vous expliquer que si vous pensez avoir compris le Liban, c’est qu’on vous l’a mal expliqué. Mais on cherchera, du mieux qu’on peut, à le déchiffrer :

Leçon n°1 : Beyrouth ne compte plus les peines, mais si il y a une chose que l’on a retenu cette semaine, c’est que l’espoir est teinté de larmes. 

 

Nos coups de cœur culturels de la semaine 

 

- Le dernier mix d’Habibi Funk, consacré aux musiques arméniennes que le DJ a déniché lors de ses voyages au Liban. Idéal pour danser dans son salon, à défaut de le voir mixer à la Boiler Room de Beyrouth. 

 

- La nouvelle saison de Top Chef, lancée la semaine dernière, dont on ne ratera pas un épisode (on adore déjà Mathieu, le candidat belge).

 

- Beyrouth 2020, de Charif Majdalani (même si vous l’avez sûrement déjà lu), qui replonge le lecteur dans le Liban de l’été dernier.

 

*Myriam Shuman, directrice de l’Agenda Culturel

**Emma a déjà vécu un an au Liban (se référer à l’épisode introductif)

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