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Notre nouvelle chronique : «Tu as aimé le Liban ?»

Chronique

BEYROUTHPARISTU AS AIME LE LIBAN
11/02/2021|Myriam Nasr Shuman

Cela a commencé par deux notifications tintant dans ma boite mail. Deux messages à quelques jours d’intervalles me demandant s’il y avait des possibilités de stages à l’Agenda Culturel. Contre vents et marées, Emma et Yael, ces deux étudiantes de Sciences-Po, tenaient à passer un moment au Liban. 

 

Après quelques retards dus à la pandémie, les voilà qui débarquent à tour de rôle dans nos locaux. Deux têtes bien faites qui ont vite fait de poser sur notre ville, nos habitudes et nos « situations » leurs deux regards bleus de parisiennes. 

 

Très vite, l’idée de partager leurs expériences libanaises se dessine et c’est sous la forme d’une chronique hebdomadaire, qu’elles ont intitulée « Tu as aimé le Liban ? », qu’elles s’exprimeront. Elles poseront leur regard sur nos vies quotidiennes dans le Liban d’aujourd’hui, dans notre capitale vacillante où, nous-mêmes, ne savons plus trop à quel saint nous vouer. 

 

Je leur laisse la parole et, tous les jeudis, retrouvez les aventures de deux Parisiennes à la découverte du Liban !

 

Emma : “La première fois qu’Aurélien vit Bérénice, il la trouva franchement laide”. Ces mots, qui introduisent une des plus belles histoires d’amour de la littérature française, me reviennent lorsque je pense à Beyrouth. La capitale libanaise est une de ces villes qu’il faut apprendre à aimer, à qui il faut laisser une chance de se dévoiler. A mon arrivée en septembre 2018, c’est avec un mélange d’attirance et de perplexité que je découvrais la ville dans laquelle j’allais passer un an à étudier. Beyrouth est complexe, contrastée, elle est surtout foisonnante, riche de ses cultures, de ses paysages et de ses histoires. Pour une étrangère de 19 ans, c’est tout un monde à assimiler. Beyrouth est timide, réservée, mais elle offre à qui le veut une hospitalité sans pareil. De retour en France, je ne pensais qu’à revenir. Alors que les crises se succèdent et que la population désespère, j’ai l’impression d’avoir abandonné une amie. Le 2 janvier 2021, je prenais l’avion depuis Paris et décollais de nouveau vers cette ville sans cesse rattrapée par ses malheurs, mais en qui je crois toujours davantage. Je ne prétends rien révolutionner, le monde ne m’a pas attendu pour tourner, je me contenterai donc de ma curiosité et de mon enthousiasme et témoignerai chaque semaine de mes aventures de jeune française venue découvrir et soutenir la vie culturelle du pays. 

 

Yael : Beyrouth est pour moi inconnue. A la fois effrayante et attirante. Quand je parle à mes proches de partir au Liban, tous ont les mêmes mots : “ Beyrouth en ce moment, tu es sûre ?" Mais mon choix est fait, et ma soif de découverte l’emporte sur les clichés que l’on peut avoir sur cette ville, jugée dangereuse. Je ne connais pourtant rien de la capitale libanaise quand je décolle en sa direction le 24 janvier 2021. J'atterris dans un Liban confiné, forcée de m’isoler à l'hôtel. C’est frustrant pour moi de ne voir d’abord de Beyrouth qu’une vue, des bruits, des odeurs derrière une fenêtre.  Ce qui me frappe en premier, ce sont les contrastes. Contrastes entre des bâtiments très modernes et d’autres, laissés à l’abandon. Pour quelqu’un venant d’une ville d’une architecture aussi homogène que Paris, c’est une surprise. Je rencontre vite Emma, qui connaît mieux la ville que moi et m’enseigne ses premières recommandations. En seulement trois semaines, Beyrouth m’a déjà séduite par bien des aspects, mais je réalise aussi rapidement la complexité de ce qu’elle abrite, de ses conflits, des paradoxes et des frustrations qu’elle peut susciter. J’ai hâte de découvrir cette ville davantage et je tenterai de retranscrire au mieux mes impressions, de vous faire sourire. 

 

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