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Rencontre avec Ibrahim Maalouf

Cinema

RENCONTREMUSIQUE
Zeina Saleh Kayali


Ibrahim Maalouf revient à Beyrouth, à l’invitation de la Fondation Liban cinéma, pour assister à la projection de "Celle que vous croyez", film de Safy Nebbou, dont il a composé la musique. La séance de cinéma sera suivie d’un dialogue avec le réalisateur et le compositeur, ponctué de moments musicaux. 

Vous devenez incontournable dans le paysage de la musique de film. Comment est-ce arrivé ?
De rencontre en rencontre, de film en film, j'ai le sentiment de progresser. Les réalisateurs me font de plus en plus confiance, et les choses évoluent naturellement. Il faut dire que j'ai eu la chance de commencer fort avec "Yves Saint Laurent", un film qui a fait beaucoup de bruit. Puis grâce à Safy Nebbou, j'ai gagné un César de la meilleure musique de film, et ça aide beaucoup dans ce métier. Depuis, on me propose beaucoup de films, mais je n'en accepte que 2 ou 3 par an, pour pouvoir aussi me concentrer sur ma vie de musicien. Les tournées prennent beaucoup de temps, et ce n'est pas forcément toujours simple de tout faire en même temps. 

Vous avez bénéficié d’une formation de musicien classique extrêmement solide. Pensez-vous que ce soit important pour être un grand improvisateur ?
Il y a des compositeurs autodidactes et d'autres qui ont suivi un enseignement rigoureux, comme c'est mon cas. Je pense que tous les parcours sont intéressants. L'improvisation est une tout autre discipline. Très peu de musiciens la pratiquent véritablement, et beaucoup la pratiquent mal. Improviser ce n'est ni le fruit d'un enseignement, ni le fruit d'un travail, c'est le fruit d'une inspiration, et elle doit être combinée à un sens aigu de la liberté. Ne peuvent véritablement improviser que les personnes libres, de l'intérieur bien entendu. Je parle de nos cœurs et de nos idées. 

Votre succès réside dans le dialogue Orient-Occident qui caractérise vos œuvres. Pensez-vous que la musique soit un facteur d’union entre les civilisations ? 
Je ne sais pas si mon succès réside dans ce dialogue, mais ce qui est certain c'est que mon identité ne peut échapper à cette description. Surtout de nos jours où tout le monde cherche à donner une identité aux choses, aux gens, aux musiques. Bientôt on va tenter de donner un sexe aux objets, une nationalité aux sentiments et une religion à l'art. La seule chose qui selon moi unit les peuples et les civilisations, c'est la sincérité qu'il y a dans toute démarche artistique. Que l'on aime, ou que l'on n'aime pas, qu'on y soit sensible ou pas, la démarche sincère, authentique, ne peut que toucher le cœur de tout le monde. 

Que faut-il vous souhaiter ? 
Que mes mots touchent ceux qui viennent de les lire.


Mardi 7 mai à 19h15 au Metropolis Sofil
Billet en vente : Fondation Liban Cinéma 03-892118 et Virgin Megastore

 

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