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VIVRE EN BONNE INTELLIGENCE AVEC L’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE (III/III)

12/07/2021|Dounia Mansour Abdelnour

Les baby-boomers se souviennent du chef-d’œuvre de Stanley Kubrik, 2001, Space Odyssey qui, dès 1968, posait le problème de l'avenir de l'humanité face aux androïdes alors que deux décennies auparavant, Julian Huxley, biologiste de l’évolution, préconisait l'usage de la science et de la technologie pour l'amélioration de l'homme.

 

Force est de constater que jusqu’en 1990, chez les baby-boomers, personne n’avait entendu parler d’internet, aujourd’hui ses réseaux et tous ses objets organisant notre vie connectée sont les outils d’un changement radical de la civilisation humaine.

 

Antoine Khoury qui avait la trentaine en 1970 se souvient qu’à l’époque, nous pensions que Hal 9000 le robot rebelle de 2001, Space Odyssey relevait totalement de la fiction. Il ne nous serait jamais venu à l’esprit qu’une machine serait un jour capable de parler et encore moins de donner un avis !

 

Puéricultrice à la retraite née en 1945, Nina Malik n’en revient toujours pas des innovations post 2000, dire qu’au cours du XXe siècle, nous trouvions fulgurants les progrès autour des réseaux électriques, la médecine, les transports, l’aviation, etc. mais le XXe semble s’être déroulé au ralenti en comparaison avec les temps présents. 

                                                      

En effet, les baby-boomers n’en ont pas fini avec les progrès technologiques, au contraire, ils vivent la plus grande des révolutions de l’histoire humaine, la révolution numérique qui a débuté vers 2000 avec l’arrivée des technologies NBIC (Nanotechnologie, biotechnologie, informatique et sciences cognitives) et l’Intelligence Artificielle (IA), un ensemble de techniques permettant à des machines d’accomplir des tâches et de résoudre des problèmes normalement réservés aux humains et à certains animaux. L’IA est bel et bien amorcée, faisant basculer le pouvoir mondial entre les mains de quelques opérateurs privés, les géants du numériques, GAFAM américain et BATX chinois. 

 

Dans La Guerre des Intelligences, Dr Laurent Alexandre explique que la dimension révolutionnaire des biotechnologies tient au fait que la vie opère à l’échelle du nanomètre, le milliardième de mètre, une échelle jusqu’alors hors de portée pour nous. La fusion de la biologie et des nanotechnologies va transformer l’homme en ingénieur du vivant et lui donnera un pouvoir fantastique sur notre humanité.

 

Dès 2015, l’IA réalise en quelques minutes des analyses en cancérologie qui prendraient des décennies à des cancérologues en chair et en os, mais le plus puissant ordinateur ne présente pas l’ombre d’une intelligence humaine. 

 

Dr Alexandre compare l’IA à un autiste atteint d’une forme grave d’Asperger qui peut apprendre le bottin téléphonique par cœur ou faire des calculs prodigieux mais est incapable de préparer un café. Nous sommes pour l’instant au milieu de la phase 2 de l’IA, et la phase 3 est encore loin. Seule une IA de phase 3 pourrait sembler intelligente, se faire passer pour un homme, remplacer un médecin généraliste ou un avocat, ce qui pose d’énormes problèmes de sécurité. C’est juste une question de tempsIl faut encore 10 à 20 ans pour que les assistants virtuels Siri d’Apple, Alexa d’Amazon, Google home, soient vraiment performants. 

 

Un grand pas est fait avec le deep learning commencé en 2012 où la machine est capable d’apprendre par elle-même, contrairement à la programmation où elle se contente d’exécuter des instructions. Il est utilisé dans les domaines de la reconnaissance d’images, traduction automatique, voiture autonome, diagnostic médical, etc.

 

Dans le secteur juridique, le juge britannique retraité, Kenneth MacRae, estime quel’IA facilite les recherches, néanmoins, il préconise la prudence dans son application car les subtilités risquent d’être mal comprises ou mal interprétées. En tant que pénaliste, je crains que l’IA ne soit parfois préjudiciable à la loi – nous traitons avec des humains, pas des robots – car dans certains États américains, nous sommes témoins de nombreux problèmes suscités par des condamnations fondées sur des procédures routinières préétablies à l’aide de systèmes intelligents écartant le droit d’appréciation discrétionnaire du juge, par exemple, au cours d’un procès, le défendeur sous le coup d’un cambriolage, est condamné à 99 ans de prison, alors qu’il souffrait d’un cancer du foie et que son espérance de vie était de six mois.

 

Dans le domaine de la traduction, interprète et traductrice qui a à son actif plus de quarante années d’expérience, Mona Turley est convaincue que l’avenir c’est I’IA, les traducteurs devront se replier vers d’autres professions et c’est notre faute car plus nous traduisons à l’aide de l’informatique en ligne, plus on nourrit ces systèmes intelligents. Le niveau des textes traduits sur Google translate, par exemple, est devenu excellent, particulièrement dans certaines langues. Il ne nous reste plus à faire que des menues corrections pour parvenir à une traduction de niveau, ce qui n’était pas le cas quelques années auparavant. Je pense que d’ici cinq ans, la  profession de traducteur (humain) sera morte.

 

En somme, cette potentielle mise en réseau planétaire des individus, aussi bien baby-boomers que générations futures, transforme notre façon de penser, de vivre et de travailler. L’humanité vivra-t-elle en bonne intelligence avec l’IA ? Rien n’est plus souhaitable.

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