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Stand For Women : le combat de Caroline Fattal

06/07/2022|Louise Servans

Femme d’affaires dans des grands groupes internationaux, mère d’une famille de quatre enfants, coach en entreprise, et dans des écoles de commerce, Caroline Fattal jongle avec une casquette de plus depuis 2017 : celle de fondatrice et présidente de l’ONG de défense et de soutien aux femmes, notamment dans le monde de l’entreprise, Stand For Women. 

 

Aujourd’hui présidente du conseil d'administration du groupe Fattal, elle a aussi été directrice des ventes pour le groupe, et membre du comité exécutif d’Unilever au Levant. Avec le recul, elle explique qu’elle a mis beaucoup de temps avant de prendre conscience qu’elle avait très souvent été la seule femme au sein de ces différentes instances : “Quand je regarde aujourd’hui les photos, je vois une jeune fille au milieu de trente, quarante hommes, et je réalise”. Elle semble incarner l’adage : “elle ne savait pas que c’était impossible, alors elle l’a fait.” Et puis, c’est en rencontrant Peninah Thompson, l’auteure de A woman’s place is in the boardroom, un essai éclairant sur les discriminations et les préjudices subis par les femmes dans le milieu de l’entreprise, que Caroline se rend compte de l’urgence absolue d’agir. 

 

La création de Stand For Women (SFW) fut alors un véritable “cri du coeur”, d’après elle. Pendant les premières années, l’association menait essentiellement des campagnes sur les réseaux sociaux pour informer et attirer l’attention sur ces sujets. Pour Caroline Fattal, l’éducation et la sensibilisation aux enjeux de défense des droits des femmes sont absolument capitales. Sans quoi, les préjudices sont entretenus, à cause des biais cognitifs déjà puissamment ancrés dans les esprits. En partenariat avec l’ESA, le projet “Women in Leadership” a également permis de diffuser des informations sur les combats menés par SFW, et de proposer des pistes pour inspirer. Les deux piliers de l’action de Stand For Women sont l’inclusion économique des femmes et la sororité. Le premier vise à permettre aux femmes d’avoir une indépendance économique, et d’intégrer le monde du travail si cela est leur choix. Le deuxième a pour but de briser l’ancienne conception, théorisée par le “queen bee syndrom”, selon laquelle les femmes cadres devraient écraser pour régner. La présidente de l’ONG est convaincue que c’est au contraire une solidarité forte entre femmes qui est en train de s’installer, et qu’il faut absolument encourager. 

 

L’explosion du port de Beyrouth marque un tournant dans les actions entreprises par l’ONG, et pousse l’équipe de SFW à agir de façon plus concrète “sur le terrain”. Ensemble, ils réalisent que la plupart des aides déployées au lendemain du 4 août se matérialisent par des distributions alimentaires et de la reconstruction d’habitations, pour répondre aux besoins les plus urgents. Pour soutenir la population sur le plus long terme, SFW entame une large campagne de soutien aux commerces, et notamment à ceux tenus par des femmes. “Je crois que nous sommes une des seules ONG à ce moment-là qui a eu une façon d’agir centrée spécifiquement sur les femmes. Nous voulions éviter qu’elles ne mettent tout l’argent des aides qu’elles recevaient dans les frais de soin de leurs familles. C’était très important pour que les statistiques, qui étaient déjà mauvaises, ne sombrent pas encore plus”, raconte Caroline. Elle ajoute que la force de leur action a également été de la poursuivre dans le temps. Un an après l’explosion, 95% des commerces tenus par les femmes soutenues par SFW étaient encore en fonctionnement. L’association est toujours présente auprès d’elles et leur offre un accompagnement continu et régulier. 

 

Caroline Fattal est bien consciente que le chemin à parcourir est encore long et ne prend aucune réussite pour acquis. Bien que son action soit concentrée sur le Moyen-Orient, elle se méfie des idées préconçues selon lesquelles la condition de la femme serait nécessairement pire dans la région qu’ailleurs. “Les barrières sont multiples et elles sont partout dans le monde. Lorsque l’on voit ce qu’il se passe aujourd’hui aux États-Unis avec le droit à l’avortement, on se rappelle qu’on n’est jamais à l’abri de rien, et que les combats à mener sont différents, mais jamais bien loin”, commente-t-elle. “Le danger, c’est aussi de se dire, que puisque le combat est en marche, la prise de conscience est déjà là.” 

 

“Quelqu’un m’a dit un jour que je ne changerai pas le monde. Non c’est vrai, je ne changerai pas le monde, mais je changerai les choses one woman at a time, une femme à la fois”, conclut la fondatrice de SFW, le sourire aux lèvres.

 

Aujourd’hui, Stand For Women souhaite poursuivre et étendre ses actions. Mais l’association, et le Liban en général, connaît un donors fatigue, depuis plusieurs mois, maintenant que le monde porte son regard vers d'autres malheurs. En hommage à sa tante, Marion Ibrahimchah, disparue dans l’explosion du 4 août 2020, Caroline Fattal a lancé le Marion Fund, pour honorer sa mémoire en venant en aide à des centaines de femmes. 

 

Pour en savoir plus ou verser un don à Stand For Women, vous pouvez cliquer ici.

 

 

 

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