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Richard Moukarzel, pianiste et musicologue libanais à Londres

01/04/2022|Zeina Saleh Kayali

Vous vous définiriez plutôt comme pianiste ou musicologue ?

Il est vrai que je m’oriente plutôt vers la musicologie, mais le piano reste quand même central dans ma vie. Plutôt comme outil à titre personnel et intellectuel que comme fin en soi. Toutefois je suis heureux quand je peux donner un récital et j’aime beaucoup également la musique de chambre. 

 

Comment êtes-vous « tombé » dans la musique ? 

Ma famille du côté maternel est très musicienne. Tous ont étudié le piano. Il y avait également une discothèque classique très fournie chez mes parents, dans laquelle je ne me suis pas privé de piocher abondement ! J’ai commencé l’apprentissage du piano avec ma mère selon la méthode Thompson (que j’enseigne à mon tour aujourd’hui !). Mais au bout d’un moment, il me fallait un professeur.

 

C’est là que vous commencez à suivre les cours de Houri Sarafian Satian ? 

En effet et ce fut un professeur extraordinaire. Elle m’a inculqué de très solides bases pianistiques selon la rigoureuse méthode russe. Et ces bases évoluent et continuent à grandir en moi. J’ai pris des cours privés avec elle, puis j’ai intégré sa classe au Conservatoire national jusqu’au niveau du baccalauréat. Mais je continue à me former et à faire fructifier ce qu’elle m’a appris. J’ai également suivi au Conservatoire les cours de Jad Riachi en matières théoriques (analyse, théorie, harmonie). Cela m’a évidemment été très utile dans mes recherches. 

 

Vous avez, en parallèle, fait un diplôme d’architecture à l’Alba ?

Oui et ce sont des études qui aident à réfléchir d’une façon globale et qui donnent un bagage structurant. D’un autre côté je me dis toutes ces heures passées à ne pas faire de musique sont perdues ! Mais en Angleterre la pluridisciplinarité est très recherchée et mes études d’architecture m’ont servi. 

 

Justement l’Angleterre, comment y êtes-vous arrivé ? 

Un peu par hasard ! Je m’intéressais beaucoup à Richard Wagner et à sa conception de l’art total. Cela m’a conduit à effectuer un travail personnel à ce sujet et j’ai commencé à publier des articles et à donner des conférences. Un jour que je devais intervenir dans un séminaire, je fais une rencontre qui déterminera la suite des événements. 

 

Racontez-nous cet épisode et ses conséquences ?

Le président de la session où je suis intervenu, Roger Allen, doyen de St Peter's College à Oxford et membre de la faculté de musique, me dit que mon travail l’intéresse, que lui-même travaille sur Wagner et qu’il serait bon que je commence une thèse de musicologie sur le sujet. Je n’y croyais pas ! Et me voici embarqué dans une vie culturelle et intellectuelle passionnante où j’apprends, j’enseigne et je me nourris de toute cette culture. 

 

Vous commencez alors à devenir connu dans le milieu de la musicologie ?

Je commence à avoir une petite visibilité par mes publications dans la presse spécialisée et par mon enseignement. J’explore de nombreux sujets avec mes élèves en leur demandant toujours de garder en tête le contexte historique du sujet qu’ils traitent. 

 

Que faut-il vous souhaiter ?

De pouvoir continuer à apprendre, à publier, faire un post-doctorat et participer activement à l’extraordinaire vie culturelle qui m’entoure. 

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