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Ocres et Patrimoine

16/02/2022|Léa Samara

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Cela fait quelques années maintenant que je suis artiste peintre à plein temps. Je me suis nourrie de sources d’inspirations diversifiées, notamment lorsque j’ai vécu en Afrique pendant 5 ans, et que j’ai pu rencontrer et suivre le peintre Toni Shizé, ou encore lors de mon séjour à Londres où j’ai également pris des cours de peinture. Je n’ai encore jamais exposé ; j’ai cependant participé durant deux années consécutives aux workshops et vernissages de la résidence d’artistes Deir Al Qamar. 
 

Quelles sont les caractéristiques techniques de votre travail ? 

J’ai commencé avec des portraits d’enfants que je connaissais. J’ai par la suite essayé de peindre des enfants que je ne connaissais pas, car cela m’intéressait aussi de prendre cette direction dans le cadre d’un projet, mais je n’arrivais pas à transmettre ce que je voulais. 

Petit à petit, je suis passée à d’autres portraits, et j’ai terminé vers mon projet actuel, celui de réaliser des paysages monochromes. J’ai peint à l’acrylique durant une très longue période, et quand j’ai découvert la peinture à l’huile je n’ai plus pu m’en passer. 

 

Qu’est-ce que traduit cette monochromie ? 

Cette monochromie transmet un sentiment de pureté, de lucidité, qui permet de se concentrer sur la forme au-delà des couleurs. Je m’inscris contre le courant de la philosophie de l’art (Platon) selon lequel l’art doit être la reproduction de la réalité. Au contraire, je considère que l’art doit justement faire ressortir la beauté de la réalité, et donc l’exprimer d’une manière qui peut (doit ?) s’éloigner du réalisme. J’aime la simplicité, au service d’un message clair. Celle-ci s’incarne dans la monochromie des paysages, mais également dans mes fonds blancs. 

Pouvez-vous nous en dire plus sur ces fonds blancs ?

Oui, je laisse toujours le fond de mes panoramas en blanc. Mais ce n’est pas un aplat de peinture blanche, j’ai laissé la toile vierge dans le fond. C’est une référence au fait que le ciel est sacré, à ne pas toucher. Sur ma toile, cette zone ne m’appartient pas. 

 

Quel est le processus de conception de vos toiles ? 

Ma réflexion préalable commence par le choix d’une ville. Dans un second temps, je réalise une étude d’urbanisme, des informations sur son histoire et son architecture. Puis, dans la mesure du possible, je m’y rends et je la photographie. Si ce n’est pas possible, je fais une collecte de documents. Ensuite, je commence les croquis et la composition de la toile. 

 

Quel message cherchez-vous à faire transparaitre au travers de cette série de toiles ? 

Selon moi, le message est en effet primordial. Je cherche à faire ressortir la beauté de ces paysages urbains, en particulier ceux du Liban. Au-delà de respecter le passé et de vivre pour le présent, il faut aussi penser aux générations futures, et leur permettre de ne pas oublier cette beauté. Cette série est un cri du Liban. Elle est lisible en deux parties, qui se répondent entre elles ; d’une part les tableaux du Liban et d’autre part les mégalopoles occidentales et africaines. 

 

D’où vient cet intérêt particulier pour la mise en valeur du patrimoine ? 

Cet intérêt n’est pas né d’un passif en histoire, en histoire des arts ou en architecture, mais d’une responsabilité citoyenne qui s’est imposée à moi après les évènements des dernières années. Que pouvais-je faire pour aider mon pays, n’ayant aucun espoir de pouvoir agir dans les sphères politiques et économiques ? J’ai donc décidé qu’une partie du bénéfice de la vente de mes toiles serait reversée à une association qui lutte pour la préservation du patrimoine bâti dans le pays. 

Je suis consciente que mon action est une goutte d’eau dans l’océan, mais c’est ma manière d’aider, aider le patrimoine, aider Beirut. 
 

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