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« Nation Station » , une génération qui peut changer les choses

16/06/2021|Yaël Assayag

Telle une malédiction, l’explosion du 4 août est venue frapper le Liban, survenant pendant la crise financière, économique, politique et sociale, à laquelle s’est ajoutée le Covid-19. 

 

Le jour qui suit l’explosion, Hussein Kazoun, 29 ans, alors agriculteur, décide d’occuper une station-service, abandonnée depuis plusieurs années, dans le quartier de Geitawi. Il commence à distribuer ses légumes et à faire des dons de vêtements. Il cible tout particulièrement les plus touchés par l’explosion, les personnes âgées, les personnes en difficulté financière. Alors que l’avenir s’annonce sombre pour le pays du Cèdre, la jeunesse incarne une lueur d’espoir.

Baptisée « Nation Station », la station essence a rapidement réuni des centaines de jeunes volontaires. « Nation Station est née dans les décombres de l’explosion » nous explique-t-il. « Dix mois après, ce bâtiment est toujours occupé et fait partie intégrante de notre identité. Nous sommes une organisation de société civile totalement indépendante de tout mouvement politique ou religieux. Nous sommes pour les droits humains ». 

 

« Nation Station », concrètement, c’est une aide alimentaire, une clinique/pharmacie, une équipe de reconstruction, un greening project, des ateliers de préventions, des projections de films…  De plus, la clinique offre aussi des sessions de thérapie avec une psychologue afin d’essayer d’aider tous les habitants qui ont été traumatisés par le choc. 

C’est aussi des dizaines de milliers de repas distribués, plus de 3000 bénéficiaires, 140 logements reconstruits, un support médical régulier, 4 tonnes de plastiques recyclés.  Ce sont des volontaires motivés, qui ne se connaissaient pas il y a un an, mais qui sont devenus une vraie famille. 

 

« Après l’urgence des premières semaines, « Nation Station », a adopté le slogan « empowerment over charity » nous confie Hussein. 

La révolution est, pour le collectif, toujours possible, et elle passera par la reconstruction. « Je pense que notre génération peut changer les choses, et cela doit passer par des initiatives comme « Nation Station », un peu partout dans le pays, à une échelle très locale » ajoute-t-il. 

Ces associations, ces ONG ont été contraintes de s’approprier le rôle que l’Etat n’est jamais parvenu à remplir. « Après l’explosion, je me suis davantage attaché à ma terre, j'ai senti ce besoin de rester et de reconstruire la nation. » nous explique Gérard, libanais, bénévole des premières heures. « Après tout, si ce n’est pas nous, notre génération, qui va reconstruire celle ville » ? 

 

Photo : ©Paul Guillot

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