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« Mémoires d’Images », l’ouvrage collectif commémoratif du 4 août 2020 dirigé par Roula Melhem-Chamieh

29/07/2021|Bélinda Ibrahim

Parlez-nous de titre de votre ouvrage « Mémoires d’Images » …

Mémoire comme une mémoire, donc toute information ou expérience subjective passée, fixée et encore vivante. Mémoire comme un exercice individuel d’expression et de témoignage. 
Mémoires au pluriel, parce que les personnes traumatisées par ce drame collectif du 4 août sont très nombreuses, et le nombre réel des victimes, à qui cet ouvrage est dédié en guise de respect, est très élevé. Comme un devoir moral.
Images parce qu’on en a tous eu des images de ce 4 août 2020, réelles ou digitales, de cette explosion criminelle, pendant de longues minutes, de longues heures, les jours et les mois qui ont suivi et qui suivent encore.
Des images qu’elles soient visuelles sensorielles ou autres, qui sont bien ancrées dans nos corps avec toutes les émotions qui les entourent et que je souhaiterais à travers ce projet, et en tant que thérapeute, permettre de travailler et s’ouvrir à les libérer.
Des images, des ressentis et des perceptions sont illustrés par trente-sept participants.
L’idée est de permettre, de manière interactive, aux lecteurs de l’ouvrage de les écouter s’exprimer et de s’exprimer à leur tour, dans leurs émotions, à travers des couleurs qu’ils choisiront.
Une sorte « d’art thérapie » solidaire et collective et accessible à tous.


Qu’est-ce qui vous a motivée pour créer ce projet ?
Je crains d’abord que le caractère collectif de cette tragédie ne banalise l’ampleur des dégâts et des traumatismes individuels. Or ils sont réels et existants, même s’ils ne sont pas tous perceptibles.
Je crains ensuite, en tant que spécialiste des traumas et des techniques de libération émotionnelle, que l’attitude des autorités officielles, face aux souffrances, à l’injustice et l’incompréhension des citoyens libanais, ne renforce l’état de détresse d’une population doublement blessée et négligée, dans son existence et sa psyché. Sur ce dernier point, disons juste que les études les plus récentes et les travaux sur les traumatismes transgénérationnels sont édifiants, je pense qu’il est impératif d’en être conscients, pour les victimes et leurs proches.
C’est dans cet esprit d’ailleurs que je souhaite que « Mémoires d’Images » dans ses images et ses couleurs puisse apporter un soupçon d’apaisement, sans réactivation de traumas, à travers cette écoute solidaire et libératrice.
Au-delà de ces craintes que j’ai en tant que thérapeute (et pour avoir vécu précisément la quasi-totalité des guerres du Liban), je dois dire que ma motivation initiale et principale a été les rencontres et les histoires autour de ce drame.
Je parle d’histoires vraies de personnes que j’ai accompagnées en thérapie, d’histoires vraies vécues par des amis proches et celles d’inconnus aussi.
Ces personnes qui ont subi des pertes de proches, qui ont été blessées, qui ont perdu leurs biens et leurs toits, ont toutes une chose en commun puisque leur vie a basculé en quelques secondes… ou encore les histoires de ces anges de l’ombre qui ont secouru des vies humaines dans le brouillard et l’asphyxie des fumées du quartier du port… celles aussi des bénévoles présents sur place ou depuis Paris, lesquels, dès le lendemain et avec une détermination farouche, ont apporté aides et soutiens de tout genre, sans relâche.
Impossible de ne pas rendre hommage à toutes ces personnes. 
Impossible de ne pas les écouter.
Cet ouvrage commémoratif est le leur.

Les recettes sont reversées à l’Association pour la Protection de l’Enfant de la Guerre (APEG). Parlez-nous de cette association.

Les recettes intégrales du projet iront à l’APEG Association pour la Protection de l’Enfant de la Guerre, laquelle s’occupe également bénévolement, dans tous ses centres médico-psychologiques, du suivi psychologique des populations défavorisées au Liban. L’association, dont les locaux ont été endommagés pendant l’explosion, a été fondée en 1996 et est composée d’une équipe pluridisciplinaire de psychiatres et de psychologues.
En plus des points de vente classiques, une vente en ligne de cet ouvrage sera prévue pour une visibilité maximale.
Je souhaite que cet ouvrage apporte soutien et aide à l’APEG dans tous ses centres et son équipe, dans toutes les régions du Liban.
J’espère que ce drame collectif continuera de réveiller en nous tous, « Générations 4 août », cet élan humain solidaire et civique avec force, justice, et détermination !
« Mémoires d’Images », n’aurait pas vu le jour sans cet élan.
Un remerciement chaleureux à tous les participants qui y ont cru et qui ont porté cette voix civique empreinte de respect, de solidarité et d’écoute.

 

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