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Lumière sur ces artistes de la révolution : Ghada Zoghbi

16/11/2021|Jorge Ballif

Située dans le quartier de Raouche, la galerie Janine Rubeiz accueille jusqu’au 17 novembre l’exposition solo de l’artiste peintre Ghada Zoghbi. Elle s’est révélée en 2016 avec une première exposition intitulée « Regimes of the personal », mais c’est à l’occasion de la thawra d’octobre 2019 que Nadine Begdache, galeriste et dénicheuse de jeunes talents, a repéré et décidé d’accompagner cette jeune artiste émergeante. La rue comme point de rencontre donc, mais aussi comme source d’inspiration : Ghada Zoghbi s’y promène souvent pour observer les chantiers inachevés qui prolifèrent. S'agit-il de rêves abandonnés, d'ambitions délaissées ou d’enfants « mort-nés » ? Pourquoi construire si on ne laisse que des ruines au final ? Qui sont les « pères » de ce projet abandonné ? Que disent ces constructions inachevées de nos sociétés humaines? Toutes ces questions animent le pinceau de Ghada Zoghbi sur la toile, comme des réponses imaginaires enfouies sous une construction de traits, de perspectives et de couleurs. 

 

Lors de sa première exposition « Regimes of the personal », elle avait peint 13 huiles sur toiles représentant chacune une armoire aux battants ouverts. Elle révélait ainsi une part d’intimité de treize personnes de son entourage. Dans « Pretty Abandoned », ce ne sont plus des meubles mais des bâtiments qui deviennent le miroir de l’âme de leur propriétaire, brouillant encore un peu plus la frontière entre la sphère privée et la sphère publique, entre l’intime et le commun. Car ce qu’interroge Ghada Zoghbi dans cette exposition c’est aussi la « paternité » de ces chantiers. Elle dépeint ainsi une critique métaphorique du patriarcat à travers la représentation phallique de ces piliers de béton et de ces grandes tours de métal parfois monumentales mais à jamais inachevées, comme l’expression d’un modèle de société qui ne laisse aujourd’hui que des ruines. Voilà un univers artistique qui résonne fortement avec la situation actuelle du Liban et de sa capitale.

 

Avec sa maitrise du pinceau et des couleurs, alternant d’une palette terne et sombre à une autre beaucoup plus colorée, Ghada Zoghbi offre à travers ses toiles un travail de la lumière saisissant dans la plus pure tradition des peintres impressionnistes. Un clair-obscur illuminant la toile d’une lumière qui semble quasi-naturelle. La maitrise technique du peintre, la beauté de son trait, permet au visiteur de quitter l’univers sombre des chantiers et des dédales de béton pour s’attarder sur les détails qui foisonnent quand on y prête attention : collages, messages, fenêtres… Ghada Zoghbi est encore jeune dans le monde de l’art, mais elle n’a sûrement pas fini de nous étonner.  

 

Pour en savoir plus, cliquez ici

 

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