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L’humanisme de Najla El Zein à travers la sculpture

16/11/2022|Noame Toumiat

Nous, elle, lui et peut-être vous ? La distance vous séparant du Qatar ne vous empêchera pas de percevoir le profond désir d’unité émergent de l’œuvre sculpturale de l’artiste Najla El Zein, Us, her, him. Celui-ci se manifeste en continuité : 313 mètres de banc symbolisant différentes interactions. L’amour, les amitiés, l’introversion, la confiance… Ce banc offre la possibilité de s’émanciper des cadres mortifères du temps et de ré-évaluer notre rapport à soi et aux autres. Cette œuvre est commandée par Qatar Museums en partenariat avec la galerie Friedman Benda ; elle est situé sur la place Flag Plaza qui côtoiera dans le futur le parc dessiné par le paysagiste James Corner. Cet ensemble répresente l'entrée du Cultural Museum District quand ce dernier verra le jour. 

 

L’humanisme que prône Najla El Zein est mis en exergue dès le début du processus artistique en 2019 ; en cela Us, her, him est une œuvre sculpturale performative. L’artiste débute l’œuvre en travaillant avec ses mains, selon elle c’est « la manière la plus spontanée de travailler ». Son intuition guide la création de maquettes qui préfigurent le travail en taille réelle. L’œuvre suscite une première interaction entre l’artiste et les artisans : le dialogue est permanent avec l’atelier de pierre Marm Group situé à Beyrouth. 

Le projet vit également au gré de plusieurs évènements marquants à l’instar de l’explosion au port le 4 août 2020 et de la crise financière. Najla évoque le fait que « au lieu de ralentir le projet, ces événements ont rassemblé les travailleurs autour d’un projet commun, témoignage d’une vie qui continue malgré des circonstances difficiles ». Elle attache une grande importance au savoir-faire libanais, elle ne concevait pas de faire un banc d’une telle envergue dans un autre atelier. 

 

La seconde interaction, c’est celle avec la pierre. Avant l’intervention de l’homme, il n’existe qu’un bloc de pierre « inerte ». La main et les émotions permettent de donner vie à cette masse dense. La sculpture se construit au fil d’un parcours quasi-initiatique : chaque acteur contribuant à l’œuvre évolue également à travers la création de celle-ci. L’artiste a constaté que les visiteurs se l’appropriaient de manière singulière : les enfants utilisant le banc comme un toboggan et grimpant dessus. Les adultes câlinant l’œuvre ou bien se photographiant devant. Ce parcours ne s’achève cependant pas lorsque l’œuvre est finie ; au contraire elle perdure dans l'esprit des visiteurs qui s’autorisent à reconsidérer leurs interactions sociales au sein de l’espace public. 

 

L’artiste Najla El Zein n’est pas seulement à l’origine d’une sculpture mais d’un nouvel espace d’échange qui brise l’impersonnalité de l’espace public.

 

Crédits photographiques : Iwan Baan, courtesy of Najla El Zein and Friedman Benda 

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