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Levanthym, le zaatar haute couture de Sarah Kanj

08/04/2024|Noha BAZ

C’est à Strasbourg que je fais connaissance pour la première fois avec son sourire.

Lors d’une rencontre littéraire organisée par la librairie Kléber, fleuron livresque de la ville, durant laquelle je racontais les « goûts du Liban », nos traditions de table et les rituels de nos pauses café Sarah Kanj venue avec sa bande d’amis libanais avait apporté ce jour-là en plus de son enthousiasme un lot de ses merveilleux produits. 

 

LEVANTHYM, un nom qui invite déjà au voyage. Un packaging lumineux, des contenants élégants labellisés et conditionnés à Strasbourg.

Le Zaatar Numéro 4 (un clin d’œil au numéro 5 de Chanel me dit cette passionnée de parfums!) m’avait alors conquise dès la première bouchée. Et pourtant j’en avais goûté des mélanges labellisés Zaatar en Europe, sur les marchés ou dans des enseignes prestigieuses si souvent surprise et déçue par la médiocrité des produits. 

 

Cette révélation de qualité est devenue depuis une véritable addiction que j’offre partout et qui m’amène à me pencher avec passion sur le parcours de cette jeune femme entrepreneuse, mère de deux enfants qui impose aujourd’hui avec brio sa gamme de produits dans toutes les épiceries éclairées de France et bientôt d’Europe.

Sarah Kanj est née à Paris de parents libanais établis au Congo. Élevée à Kinshasa elle grandit bercée par les saveurs de sa grand-mère qui vit toujours au Sud liban.

Chaque année lorsque la situation politique le permettait la famille passait ses vacances au Liban et rapportait dans ses valises de quoi alimenter l’exil. Sa grand-mère confectionnait sa mouneh et invitait la petite Sarah à tester, goûter et découvrir les produits en s’imprégnant de saveurs.

 

Notre rencontre a lieu à Strasbourg dans ses locaux ancrés au fil d’un hangar bétonné du quartier de Hautepierre. L’impression d’être dans un garage surprend de prime abord mais une fois passée la porte d’entrée c’est tout le Liban qui vient à vous par brassées de parfums mélangés !

 

Des dizaines de bocaux de verres remplis d’herbes séchées vous contemplent sur les étagères et l’odeur du Zaatar vous enveloppe immédiatement de soleil.

 

En cette journée presque printanière, la conversation s’amorce tranquille autour d’une tisane réconfortante d’eau de Zaatar. 

 

 

Sarah, racontez-nous en quelques mots votre aventure avec Levanthym. Et d’abord pourquoi Strasbourg? 

 

Après avoir terminé ma formation d’ingénieure Telecom à Paris, enceinte de mon deuxième enfant nous avons décider avec mon mari de nous installer ici. De taille humaine, la ville est très agréable à vivre au quotidien. Sa dimension européenne en fait également un pôle intéressant et nous y comptons beaucoup d’amis.

 

Pour ce qui est de Levanthym, pendant mes années d’études, nostalgique des goûts libanais j’essayais de trouver simplement un Zaatar de qualité. Dans les épiceries orientales je découvrais  des assemblages bizarres avec des composants qui l’étaient encore plus : du cumin, du paprika et quelquefois même pas une trace d’origan ! 

Notre installation à Strasbourg a été un déclic.

J’ai alors décidé de faire mon propre mélange et de me lancer dans l’aventure en reprenant la recette de Zaatar de ma grand-mère. C’était un challenge avec l’ambition de faire connaître aux français des goûts justes, des produits de qualité et des saveurs authentiques.

 

À chaque aller-retour à Beyrouth je rapportais des feuilles d’origanum syriacum séchées que j’achetais auprès de petites productrices du Sud - Liban qui travaillent en bio le sumac et l’origan.

Je travaille avec des femmes exclusivement et à chacun de mes voyages j’élargis encore plus mon réseau. J’ai rapporté même un des tamis de ma grand mère. Je trie et passe moi-même à la mainplusieurs fois les feuilles d’origan sur ce tamis avant de les réduire en poudre et de leur rajouter les autres ingrédients, sumac, sel, filet d’huile d’olive et sésame torréfié.

Au début j’arrivais à produire trois à quatre pots de 500 g par semaine mais devant une demande de plus en plus croissante j’ai été amenée à élargir l’entreprise en achetant un matériel adapté et engageant aujourd’hui trois salariés. 

Les matières premières arrivent toujours du Liban et cela représente une source de revenus très précieuse pour ces femmes libanaises de milieu rural qui n’ont pas eu la chance de faire des études. 

Quant au packaging j’ai quasiment tout conçu moi-même, illustré les étiquettes et choisi des contenants en verre de qualité fabriqués en Alsace.

 

Partagerez - vous avec nous la recette de votre grand mère ?

Avec plaisir ! 

Une fois les feuilles d’origan tamisées elles sont réduites en poudre et frottéeslongtemps avec un peu d’huile d’olive.

Il faut ensuite leur rajouter du sésame que je torréfie lentement, du sumac d’excellente qualité et du sel. C’est tout simple.

 

Vous proposez également d’excellentes eaux florales et êtes en train de lancer une gamme de mélasses très interessantes : caroube, figues, pommes etc. Vous vous fournissez pour cela également au Liban ? 

Oui absolument ! Je rapporte en saison pétales de roses et fleurs d’oranger, feuilles de sauge et de romarin le tout conditionné sous vide et fabrique ensuite les hydrolats ici à Strasbourg dans le respect de la tradition libanaise.

 

Je fabrique la mélasse de grenade sur place aussi avec des grenades bio. J’importe la caroube et la travaille de la même façon qu’au Liban 

Le marché de Noël de Strasbourg est une magnifique vitrine chaque année pour faire connaître et goûter les produits libanais et les manouchés cuites au Saj (rapporté lui aussi du Liban) ont toujours beaucoup de succès ! 

Le marché dure un mois et je suis exténuée à la fin de chaque journée, mais toujours heureuse d’offrir aux nombreux visiteurs des produits de qualité.


Aujourd’hui 150 bocaux de Zaatar sortent en moyenne par semaine du hangar de Hautepierre,  fièrement porteurs du label Gault et Millau référence absolue du bon qui a su repérer ce produit d’excellence. 

Les restaurants étoilés de la région ont bien compris également la qualité de ces produits à commencer par « le Crocodile », institution légendaire de Strasbourg menée par Émile Jung pendant des années.

Le rêve de Sarah aujourd’hui est d’avoir une boutique bien à elle au cœur de Strasbourg et des flagship stores partout en Europe. 

 

Je suis sûre qu’avec sa détermination et la qualité qu’elle offre à déguster elle y arrivera sans problème un jour !En attendant, un conseil : Allez faire un tour sur le site Levanthym.com 

Le Liban vous apparaîtra sous son meilleur jour, celui de la convivialité, du savoir-faire et du partage, mais aussi de la gourmandise et de la joie de vivre ! 

 

Levanthym 

12, quai des Pêcheurs, 67000 STRASBOURG - 

Tel +33 07 67 22 73 38 

Levanthym.fr

Instagram et Facebook 

 

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