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Les Musicales de Baabdath envers et contre tout !

12/10/2022|Zeina Saleh Kayali

Malgré les drames quotidiens, l’incertitude et la férocité de la crise économique et financière, les Musicales de Baabdath résistent et présentent cette année un programme de neuf concerts où la part belle est faite aux musiciens libanais. Carmen Melki, membre du comité d’organisation, raconte à l’Agenda Culturel.

 

 

Malgré l’impasse dans laquelle se trouve le Liban vous persévérez, fidèles au poste ?

Oui ! Au bout de trois ans de crise, hormis quelques initiatives privées, la situation est toujours aussi désespérante. Mais il y a un pouls qui bat et la vie est indestructible. La crise est là et nous n’en voyons pas l’issue, mais il faut continuer à avancer, afin de permettre la pérennité de la vie culturelle et musicale au Liban.

 

Donc d’une certaine façon la résistance culturelle s’organise ?

Absolument. Nous n’attendons pas que les événements tombent du ciel. Nous les provoquons. Nous avons tous compris que la crise était installée dans la durée. Il faut bien instaurer une dynamique ! 

 

Que répondre à ceux qui vous disent qu’il y a aujourd’hui d’autres priorités au Liban ? 

Que la musique c’est un « vrai » métier, que les musiciens font partie du tissu économique du pays, qu’ils souffrent au même titre (et parfois même plus) que les autres. Qu’ils ont été décimés par la crise et forcés à l’exil. Qu’un pays sans culture meurt aussi sûrement que s’il était sous les bombes. 

 

Vous avez donc une majorité de musiciens libanais à l’affiche ? 

Tout à fait. Des professeurs du Conservatoire, des grands élèves, et aussi des musiciens libanais établis à l’étranger comme l’altiste Ribal Moulaeb (également peintre et dont les œuvres seront exposées tout le long du festival) ou la violoncelliste Jana Semaan. Ces artistes sont très heureux de pouvoir se produire au Liban, un peu comme un retour au bercail. Il est essentiel que les musiciens libanais se reconnectent à leur public, que le contact, coupé ces dernières années, se rétablisse. 

 

Aujourd’hui la partie pédagogique du festival est importante à votre avis ? 

Essentielle ! C’est ainsi que l’on peut donner l’espoir aux jeunes générations. Grâce à notre fidèle partenaire le Goethe Institute, huit élèves du Conservatoire ont pu travailler avec des musiciens du Deutsche Symphonie Orchester, tout d’abord en ligne, puis en présentiel. Cet encadrement débouchera sur le concert qui sera donné par les élèves eux-mêmes.

 

Tous les concerts se déroulent à Baabdath ?

Pratiquement tous, à l’exception de celui du jeune pianiste autrichien Aaron Pilsan qui aura lieu à l’église Saint Joseph-Monnot à Beyrouth. Toutefois une navette gratuite qui part de l’avenue Sami Solh est mise à la disposition de ceux qui le désirent. A ceux qui sont découragés par le prix de l’essence, je suggère fortement ce mode de déplacement ou bien le co-voiturage !

 

Que faut-il vous souhaiter ? 

De perdurer, de se développer et de pouvoir apporter une pierre à l’édifice de la musique au Liban. 

 

Le programme détaillé ici

 

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