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Les mots de Janine Safa

25/05/2021|Gisèle Kayata Eid

 

« Je sais que j’ai un Dieu le père, même si je dois mourir, je suis dans la main de Dieu comme un oiseau… Je n’ai pas peur. »

 

Janine. Un prénom et tout s’éclaire pour ceux qu’elle appelle « la grande famille de l’IRAP », dont moi. 

Janine n’est pas vieille. Mais avec quelques dates-repères, je me rends compte qu’elle pourrait rentrer dans mon panel. Pour moi, c’est une chance, parce que Janine ne semble pas avoir d’âge.  Toujours aussi active, présente, joyeuse, enjouée…Et cela dure depuis des dizaines d’années ! C’est l’exemple type de ceux qui ne semblent pas être concernés par ce qu’on appelle la vieillesse, qui semblent être tombés dans une potion magique, celle de la jouvence.

Prendre une interview avec la fondatrice (avec Souad Ballita, autre laïque engagée) de l’Institut de rééducation audio-phonétique n’est pas chose aisée. Elle refuse de parler d’elle-même. C’est la très grande communauté d’amis, ses ateliers artisanaux réputés (couture, pâtisserie), son école technique pour adolescents, son centre d’aide à Byakout, la cafétéria de l’Hôtel Dieu, la foire traditionnelle de Noël, et bien sûr son école pour sourdes muettes qui attestent de sa générosité, de son grand cœur, de son énergie… 

Janine c’est la grande amie. De tous et de chacun. Pour elle Facebook n’est pas virtuel. A elle seul c’est tout un réseau social, réel et entretenu. Elle se rappelle de tous les prénoms, reçoit les uns et les autres avec autant d’hospitalité, essaye de visiter tous ceux qui l’importent… On tutoie Janine et Janine tutoie tout le monde.

Après moult explications et justifications, celle qui, l’année passée fêtait le 50ème anniversaire de son institution, accepte d’être interviewée pour témoigner de son parcours. 

 

Je suis à Ain Aar et je l’attends. Autour de moi, ce qui est une école et aussi un milieu de vie, un dortoir, un réfectoire, des salles d’attentes, des balcons fleuris… les étagères sont ornées de dessins, les lits bien rangés, colorés, les tables abondamment achalandées. De la cuisine monte des odeurs de chocolat et de biscuits dorés, les plantes respirent la santé…Et dire que ce foyer gai et avenant regroupe une population diversifiée de 150 personnes entre enfants, psychologues, monitrices, orthophonistes…   

 

Elle me reçoit, comme toujours, avec grande joie et nous nous installons dans une belle salle vitrée qui donne sur le jardin boisé. 

La conversation est rapide. Spontanée, impulsive, entière. Janine devance mes questions et y répond généreusement. Ses phrases courent, ponctuées de grands éclats de rire. Puis elle écoute, avec son sourire qui vient de loin. Enthousiaste, elle étoffe une réponse, la contourne, y revient, se rappelle un détail. Jamais bavarde, mais généreuse, joyeuse, passionnée. Ses yeux pervenche, limpides, intelligents, vifs et si tendres à la fois parlent, s’animent, se plissent. Tout coule comme un torrent, salvateur, rafraichissant. Une source de joie.

 

 

Tu as célébré le 10 août (2010) tes 80 ans. Sens-tu que le temps a laissé ses traces ? 

Il y a des choses qui changent : la maturité, la sagesse qui vient avec l’âge, l’expérience surtout…  Mais le fond ne change pas. J’ai toujours une âme d’enfant. J’ai toujours envie de faire ce que je fais quand j’étais enfant. Surtout que je suis dans un milieu de jeunes, ce qui est très stimulant.   

 

Tu te retrouves ?

Quand je me regarde dans le miroir je suis étonnée.Je me demande si c’est moi.  Et je me dis : « Non, ce n’est pas moi ! »  Mais ce n’est pas grave. De dedans je n’ai pas changé.

 

C’est quoi la vieillesse ? 

Je ne sais pas, je n’y pense pas. J’ai du travail pour le moment. Quelque fois je me dis :  quand je serais vieille. L’important c’est de garder tous ses esprits. La dégradation, c’est une malchance, un destin de Dieu. Je ne sais pas. Je n’y pense pas. Pourquoi faire ? Je vis le moment présent.

 

Qu’est-ce qui fait qu’on est vieux ?

C’est quand on ressasse le passé, qu’on acquiert de vieilles habitudes, même si on n’a pas l’âge. Il y a des jeunes qui sont vieux. Le fait d’avoir des névroses, des manies, des tics…  Moi j’en ai, par exemple le fait de me mordre les lèvres. J’essaye de me contrôler. Mais c’est surtout les habitudes, les contraintes, les besoins. Ne plus avoir de projets, ne plus avoir envie de vivre, de profiter…Par exemple, j’ai hâte à finir l’entrevue pour aller à la plage. Parce que le travail ne finit pas et moi j’ai envie d’aller me jeter dans la mer…Je laisse tout et je vais à Amchit. C’est loin, je fais la trotte, mais c’est tellement beau, l’espace, la mer…

 

Qu’est-ce qui te donne envie de te lever le matin, qui te donne cette fougue ?

Je ne l’ai pas tous les jours. De toute façon le matin, ça a toujours été un problème pour moi de me lever, même quand j’étais jeune, que serait-ce maintenant ? Mais j’ai la foi, je me recharge. Le fait d’avoir des responsabilités, des projets, des choses à faire. J’ai la santé. Mais quand on n’est pas bien, on n’a plus le même dynamisme. Quand je suis malade, je suis sujette à des bronchites, je me dis : c’est un signe de vieillesse et à chaque fois je doute. Est-ce que je reprendrai ? Mais une fois que ça va, c’est fini. Je n’ai pas le temps de prendre soin de moi.  Quoique maintenant je prends un stimulant de la mémoire et…  N’oublie pas de le prendre ! Je ne voudrais pas perdre mes esprits.

 

Qu’est ce qui te motive ?   

La foi. Définitivement.   

 

Le besoin des autres de toi ? 

Il y a beaucoup de gens qui font du bien, qui sont capables de continuer. Quand je ne suis pas là, ils se débrouillent sans moi. Faut pas croire !

 

Ta foi a connu des hauts et des bas ?

Pas pour moi. Pour les gens savants, philosophes qui veulent comprendre… Moi j’ai la foi des charbonniers.

 

C’est quoi la foi ?

C’est la foi. Cela ne s’explique pas. Je l’ai depuis le début. C’est une grâce, mais aussi une formation, elle est dans nos gènes. Nous avons vu nos parents, nous avons un patrimoine, une éducation, des exemples, des rencontres dans la vie.

 

Le moteur de ta vie serait donc…

C’est la foi. La foi. Une chose est importante, c’est Dieu le père. J’ai perdu mon père très jeune.  Et je demandais toujours : mais où est mon père ? À la maison, on me répondait : papa est au ciel …  Je ne demandais pas plus d’explications. Le ciel était la maison de mon père. Je vivais un peu avec lui.  Je crois que cette image de mon père et du père éternel a fait son chemin en moi.  J’ai une grande foi en Dieu le père, proche de moi. Même dans les églises j’aime les fresques avec Dieu le père. Même âgée, c’est toujours ce Dieu le père que j’aime. Quand je pense que je vais mourir, je pense que je vais le voir. Il m’attire, me sécurise. Le ciel avec de beaux nuages, j’imagine qu’il est derrière ces nuages, tout proche.

 

Es-tu satisfaite de ta vie ?

Oui, des choses en lesquelles j’ai cru. Il faut croire à ce que l’on fait et le faire dans l’enthousiasme. Il faut le faire. J’aime ce que je fais, je crois en ce que je fais.

 

Serait-ce la raison de ton succès… 

Permets-moi, mais on ne peut pas parler de succès, j’ai travaillé.

 

Il n’y a pas un facteur chance, destin qui aide ?

Non, c’est le travail. De nature je suis active. Dans mon enfance, j’ai été affectée à l’école alors qu’on parlait de quelqu’un qui s’était distinguait, et les religieuses disaient devant moi que les libanais sont très enthousiastes, mais pas constants.  Moi, c’est rentré comme une épine salutaire en moi. J’ai voulu prouver que ce n’est pas vrai. Mais à un moment, j’ai changé de route.A 17 ans, je pensais que j’avais pris la grande avenue. Je croyais que rien ne m’arrêterait. J’étais comme cela. Puis à 25, 26, 27, il y a eu une sorte de malaise. Comme un croisement de chemins. J’ai beaucoup souffert, j’étais perturbée.Certaines personnes ont vu en moi une laïque engagée.  Moi je ne voulais pas au début. Mais je leur ai fait confiance. Ces gens étaient plus sages, plus clairvoyants que moi.  Depuis que j’ai pris cette route, j’ai repris tous mes slogans : croire, foncer, s’enthousiasmer...  Si tu n’es pas contente, c’est pénible. Moi, je ne peux pas fonctionner sinon. 

 

A quoi renonce-t-on, de quoi fait-on le deuil avec l’âge?

Jusqu’à maintenant à rien. Je continue à bien manger. J’aime ce qui est bon. J’aime sortir, nager.  Ce que j’ai rêvé je l’ai toujours réalisé. Je renonce de bon gré par exemple, quand je dois porter quelque chose et que je me précipite pour le faire. J’ai toujours porté, pourquoi je ne le devrai plus ? Mais après j’ai un peu mal au dos. Ce n’est pas grave. Je monte toujours sur les échelles et on me traite de folle. Je leur dis peut-être.

 

Ton corps est encore ton allié ?

Je ne le regarde pas de très prés. Même dans les photos, je leur dis : « pas de très près, on voit les rides. »

 

Tu n’as pas peur de la mort ?

Pas du tout. Je ne suis pas très philosophe. Pour le moment je n’ai pas peur. C’est cette confiance en Dieu le père. Hier, un prêtre organisait une journée pour les personnes âgées et il m’a demandé de donner mon témoignage. J’ai raconté que pendant la guerre, nous avions le temps, durant le « bon vieux temps » de la guerre, on ramassait des oiseaux… je n’ai pas beaucoup de temps pour les animaux, je reste avec les humains… et alors donc que j’essayais d’en nourrir un, j’ai vu qu’il allait mourir. Je l’ai gardé dans ma main, je l’ai réchauffé, puis il est mort. Je l’ai déposé quelque part. Puis un jour de bombardements que je descendais en ville, j’ai paniqué, j’ai eu très peur. Mais je me suis arrêtée et j’ai pensé au petit oiseau que j’ai gardé pour le réchauffer.  Je sais que j’ai un Dieu le père, même si je dois mourir, je suis dans la main de Dieu comme un oiseau… Je ne dois pas avoir peur. J’ai repris alors le volant et j’ai continué. Une fois, à Rome, j’ai raconté cette expérience de la peur. Une dame du Luxembourg a témoigné à la fin du congrès qu’elle vivait dans un pays où tout est assuré et qu’elle avait beaucoup de peurs dont elle était prisonnière. Après m’avoir écoutée, elle était libérée, guérie. Il y a beaucoup de personnes qui ont peur de la mort. Moi je n’ai pas peur, même si ça va être difficile. Maintenant je suis en santé, mais si n’importe quoi devrait arriver, je me dis : « si je suis dans la main de Dieu, avec cette foi, et que je sens sa présence, je n’ai peur de rien ». Je le lui demande… Je ne le lui demande même pas. J’en suis sûre.

 

Comment te ressources-tu ?

Je prie. Je ne suis pas toujours en prière, mais je prie. Je fais le chapelet, beaucoup. Toute la journée est prière. Je me ressource très rapidement, une phrase que je lis, que j’entends… des petites choses, des rayons de lumière dans mon âme, cela me nourrit. Quelque fois je lis un paragraphe…

 

Depuis toujours ?

Quand j’étais petite, j’ai lu énormément de livres. Les biographies des grands, des saints, des fondateurs. Je ne sais pas pourquoi, j’étais encore écolière, mais j’aimais ça. Je suis moi-même étonnée de cet attrait que j’avais. Ces lectures m’ont formée, m’ont donné des muscles spirituels.

 

La sagesse ?

« Avec l’âge vient la sagesse », dit un psaume. Je mesure plus…  Quoique je me demande si, moi, je mesure plus…  Je mesure les choses, les évènements, je suis moins impulsive. Je souffre aussi plus, parce que les choses que j’entends, que je vis, que je vois dans mon entourage me font souffrir. Il y a beaucoup de gâchis. Il n’y a plus d’éducation. Autre fois, l’éducation était plus exigeante, plus positive, plus forte, plus constructive. C’est dommage, il y a beaucoup de gens qui rentrent dans la vie qui ne savent rien, qui n’y sont pas préparés. L’effort n’existe plus, le don de soi non plus. Chacun veut être épanoui, veut vivre sa vie. Dès que ça touche un petit peu leur épanouissement, ils envoient tout promener. C’est fini. On n’est pas préparé à l’effort. Ici je talonne les filles sourdes, je les suis, je leur dis :« vous me remercierez, vous penserez à moi quand je ne serai plus ». Elles sont solides dans leur vie conjugale, familiale, professionnelle.Elles sont plus solides que les gens sans handicap. Je leur donne le sens de l’effort, dans leur travail, sur elle-même, autour d’elles. Petites, on les éduque à minimiser leur handicap qu’on ne mystifie jamais. On travaille sur leur personnalité. Elles ont parfois même un peu trop d’assurance.   

 

Si on te donne 30 ans de nouveau entre 30 et 60 ans…

Je ne ferai pas autre chose. Je suis contente de ce que j’ai fait. Je ne ferai pas autre chose.

 

Mais n’as-tu pas un regret de quelque chose que tu ne savais pas, que tu ne pouvais pas quand tu étais jeune ? 

Avec le recul, avec ce que je suis, ce que j’ai vécu, la mort de mon père, le remariage de ma mère, la fièvre typhoïde à un âge clé, j’ai raté beaucoup de choses, dont la jonction des mathématiques. Après, j’ai eu du dégout, j’étais très fière et je n’avouais pas mes difficultés. A cette époque, les sœurs me catéchisaient, me disait que ma mère se sacrifiait. J’avais d’autres rêves. Je voulais travailler, m’occuper d’enfants. Je n’avais pas besoin de tout ça. J’étais ailleurs.   J’ai loupé une partie de ma vie. Mais je trouve que c’est très bien, c’est la volonté de Dieu.  Si j’avais été plus qualifiée, si j’avais fait de hautes études, j’aurais été plus fière et plus orgueilleuse. Maintenant je connais mes limites. J’ai besoin des autres. C’est une bonne leçon d’humilité. Pour l’arabe, j’ai besoin d’appeler quelqu’un.Mais je suis très bien comme ça.J’aurais pu avoir un meilleur background, pour la vie, pour ma profession mais j’ai toujours eu des personnes qui m’ont aidée. Cela m’a donné l’occasion, même si je le prenais mal quelque fois, de vivre l’humilité. J’ai besoin des autres, c’est très bien, on travaille ensemble.

 

Garde-t-on le même rapport au temps, les priorités changent-elles ? 

Moi, je suis depuis toujours pressée. L’amour te garde toujours occupé, pressé et oublieux de quelque chose. Je suis comme ça. Maintenant je voudrais faire beaucoup de choses : enjoliver la maison, faire la peinture, faire des choses mais pour la rentrée, pas par rapport à la fin de ma vie (et elle éclate de rire). Je n’y pense pas. Tu ne finis jamais ce que tu veux faire. Avec mon tempérament, je ne peux jamais prévoir être à jour.

 

Qu’est-ce qui est sacré pour toi ?

Le moment présent.

 

La santé ?

Non. Bien vivre le moment présent. Et si tu vis moment par moment, tu arriveras au dernier moment en étant entière dans ce que tu fais.

 

Le bonheur a toujours le même goût, le temps ne l’a pas modulé ?

Non. Je vis le bonheur à chaque moment : une chose que j’ai bien faite, une sortie, une promenade, un beau bouquet, une prière, une belle promenade… C’est quoi le bonheur ? 

 

Il est en toi ?

Oui, certain, comme le paradis est en toi

 

Ta joie ne serait-pas sacrée ? Ta sérénité ?

Qui peut me l’enlever ? Si tu es en Dieu, personne ne peut te l’enlever.

 

Le temps répare-t-il les blessures ?

Le temps atténue les choses, mais ne les efface pas. Des fois, je pardonne, mais je n’oublie pas. Les grandes souffrances, les beaux souvenirs très beaux, très agréables sont atténués mais ça ne s’efface pas.

 

La souffrance fait grandir ?

Il ne faut pas idéaliser la souffrance non plus. Ce sont des grands mots. Je n’ai jamais demandé la souffrance, mais la grâce de faire la volonté de Dieu dans le moment présent. Le reste est trop grand pour moi. La souffrance a un grand bienfait c’est celui de te tourner vers Dieu. Quand tu souffres, tu pries plus, tu es plus en Dieu, les choses sont plus relatives, tu t’accroches à Dieu.

 

Tes conseils pour bien vieillir ?

Ne pas ressasser le passé, vivre le moment présent, ne pas se flatter, être agréable aux autres sinon ils te fuient.

 

Tu penses qu’on te perçoit comme vieille ?

Pas du tout. Je ne pense pas du tout. Les petits peuvent te le dire parfois. Une fois, une m’a dit : « Tu as les paupières qui tombent, il faut te faire opérer. »

 

Peut-on ne pas vieillir ?

Je ne sais pas. Je suis une vieille enfant. 

Et elle enchaîne aussitôt : 

Une chose m’importe : que vas-tu faire de ce que je t’ai dit ?  Tu ne vas pas parler de moi… 

 

Je vais dire que tu as vécu avec une mission, mue par la foi… 

Je ne sais pas si j’ai vécu toute ma vie pour une mission. Petite, j’ai rêvé de faire quelque chose de grand. Me marier, avoir beaucoup d’enfants. Comment faire pour satisfaire cette amplitude ?  J’avais 8, 9 ans, et je voulais faire quelque chose de grand, mais je ne savais pas quoi. J’avais aussi, en même temps, un appel de Dieu. Sur le plan humain, j’avais ce besoin et à l’intérieur quelque chose qui me tirait vers Dieu. Bien sûr je n’ai pas choisi de me faire religieuse pour faire de grandes choses, j’ai choisi la chose la plus banale et la plus rebutante : religieuse à l’asile des vieillards de Ghodreiss. Cela date depuis ma première communion.  Ma mère m’a dit « tu peux tout demander à Jésus », Alors, je lui ai demandé : « fais que je sois parmi ceux que tu choisis ».

 

En fait, tu n’as pas vieilli ! 

Je ne fais pas d’effort pour cela. C’est une grâce. C’est peut-être de l’insouciance. 

 

Elle se lève aussi vivement qu’elle parlait. La plage l’attend. Elle me sert fort, me remercie et me glisse, juste avant de me raccompagner : « Ne fais pas de moi une héroïne. »

Je souris, l’embrasse et m’en vais. Janine est solide, aimante, dévouée. C’est un amalgame de simplicité et de force. Tout à la fois authentique et volontariste. Elle m’a toujours épatée. Avec cette entrevue, elle m’a livré un coin de paradis, celui qui se cache en elle et l’âge n’y fait rien…  Serait-ce trop de dire que j’ai eu envie d’avoir 80 ans ? 

 

(Photo : @Marc Constantin)

 

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