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"Le goût de Haïti" de Georgia Makhlouf. Rencontre

12/02/2020|Zeina Saleh Kayali

Haiti fait maintenant partie de votre "patrimoine affectif" si l'on peut dire ? 

Haïti a toujours fait partie de mon imaginaire. C'était un pays très présent pour moi depuis l'enfance. Mais la différence est que maintenant, je connais le pays réel, du moins en partie, et j'y ai des amis, des personnes avec qui je suis en lien quasi permanent. Et certaines de ces personnes sont vraiment admirables d'engagement, de créativité, d'optimisme et... d'humour, malgré les circonstances dramatiques que traverse le pays à nouveau. Donc oui, j'ai un lien affectif de plus en plus fort avec Haïti. 

 

Cet ouvrage n'est pas une anthologie mais une prise de contact avec la foisonnante littérature haïtienne ? 

La philosophie de la collection depuis ses débuts, c'est de donner à voir le pays et de transmettre l'envie d'y voyager, non pas à travers un guide de voyage classique mais à travers la littérature. L'idée directrice est que les écrivains, originaires du pays ou pas, en parlent mieux que ne le font les organisateurs de voyage et en tout cas, différemment. Dans le cas d'Haïti qui n'est pas, bien malheureusement, une destination "touristique", du moins depuis le tremblement de terre de 2010, il s'agit quand même d'une invitation au voyage, même si ce voyage ne va se faire que sur le plan imaginaire. Il s'agit aussi pour moi de rendre hommage à l'incroyable créativité de la littérature haïtienne, qui bouillonne et innove en permanence et qui mérite vraiment d'être mieux connue. Donc ce livre est un avant-goût de tous les merveilleux chemins littéraires qu'on peut y arpenter. 

 

Les Haïtiens comme le dit Jean Price-Mars, l'un des auteurs que vous présentez, "ont un héritage culturel complexe qui puise dans ses racines africaines mais empruntent également à la culture française". Comment cela se traduit-il dans la littérature haïtienne ? 

Je ne suis pas spécialiste ni chercheuse, je réponds donc en toute modestie, mais les écrivains haïtiens ont été très proches de ceux du mouvement de la négritude : Léopold Sedar Senghor, Aimé Césaire et Léon-Gontran Damas par exemple, avec lesquels ils ont collaboré et sur lesquels ils ont eu de l'influence. Beaucoup d'Haïtiens étaient présents lors du 1er congrès des écrivains et artistes noirs en 1956 à la Sorbonne. Mais les échanges ont été au moins aussi fructueux et intenses avec les écrivains français, au premier rang desquels on peut citer les surréalistes et André Breton. De façon plus globale, les questions dont traitent les écrivains haïtiens ne sont pas des questions locales et particulières mais sont résolument brûlantes et véritablement universelles. 

 

La littérature a-t-elle un rôle de gardienne de la mémoire ?

Oui, assurément. La littérature garde la trace de tout ce qui compte dans la vie des peuples. Parfois de façon instantanée, à la façon dont un sismographe enregistre toutes les secousses, qu'elles soient majeures ou plus imperceptibles. Et parfois il lui faut du temps pour prendre la mesure des événements et les métaboliser avant de s'en faire l'écho dans des œuvres. 

 

Ce n'est pas votre première contribution à cette collection "Le goût de..."? 

Non, c'est la 3ème. J'ai déjà proposé "Le Goût de l'Orient" et "Le Goût de la liberté" et je pensais que ce troisième volume serait le dernier. Mais Isabelle Gallimard (qui dirige Le Mercure de France) m'a passé commande pour "Un Goût du Liban" que je suis en train de finir. Je m'arrêterai donc après cette 4ème contribution qui sera la dernière.

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