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Joy Moughanni, le son à tout prix

15/10/2023|Amin Zorkot

On ne compte plus les projets musicaux sur lesquels Joy Moughanni a travaillé ces dernières années : Zeid Hamdan, Samar Tarik, Taxi 404, Louss, Rust, Christina Keyrouz... la liste est longue et son histoire l’explique parfaitement. 

 

Dans le bouillonnement créatif de Beyrouth, Joy se démarque comme un véritable artisan de la musique. Auteur, compositeur, interprète, producteur et ingénieur son, il incarne l’esprit infatigable de la création.

La passion de Joy pour la musique remonte à sa prime enfance, influencée par les légendes musicales telles que les Beatles et Supertramp, que son père lui a fait découvrir. Une guitare électrique négligée dans le grenier familial devient l’outil de sa découverte musicale. À seulement 12 ans, il commence à étudier la guitare classique au conservatoire, mais sa soif de création le pousse à quitter le conservatoire après seulement deux ans, trouvant l’approche académique trop restrictive. C’est alors qu’il commence à explorer de nouvelles facettes de la musique et de la créativité tout en prenant des cours moins conventionnels avec Elias Njeim. Ce dernier voit immédiatement sa capacité à apprendre rapidement et ceci confirme sa vocation inébranlable pour la musique. Le tournant décisif survient lorsque Joy découvre le logiciel de production musicale Cubase sur lequel Elias lui donnait des exercices à faire. Alors que la plupart des élèves l’utilisent pour des devoirs, Joy devient obsédé par son potentiel créatif, créant des chansons pour le simple plaisir de le faire, bien que, selon lui, elles soient “inaudibles”. Cette passion le conduit vers une voie unique et non conventionnelle dans la musique, centrée sur la création plutôt que la reproduction « Ça ne m’a jamais intéressé de faire des covers de chansons qui existent déjà, j’ai toujours voulu créer. C’est comme ça, ça ne s’explique pas ».

 

Un jour, en naviguant sur YouTube, il tombe sur une vidéo d’un synthétiseur fascinant. Cette découverte l’envoûte. « Le fait qu’une machine puisse faire des sons pareils m’a fasciné. Je me suis dit que j’allais tout faire pour m’en acheter un. J’avais 17 ans et j’ai travaillé tout un été dans un Car-Wash et j’ai fini par me l’offrir ». Cette acquisition marque le début de sa fascination pour la musique électronique et montre la détermination inébranlable de l’artiste pour arriver à ses fins. Quand il s’agit de la musique, Joy Moughanni est un go-getter.

 

Les années passent et Joy partage sa musique sur SoundCloud tout en jouant dans des bars de Beyrouth avec son groupe, Gizzmo. En troisième année d’université, il rencontre Alex Chahine, avec qui il développe une complicité musicale exceptionnelle. Alex rejoint le groupe automatiquement. Ensemble, ils participent au concours Beirut Open Stage, qu’ils gagnent haut la main, ce qui leur permet d’enregistrer un single dans le studio de Fadi Tabbal. Cette rencontre enrichit le savoir-faire de Joy de manière exponentielle. « Être dans le studio avec Fadi m’a beaucoup appris, et c’est cette rencontre qui m’a donné l’envie ultime d’enregistrer notre 1er EP ». Ils le sortiront une année plus tard.

En parallèle, Joy forme le duo Pomme Rouge avec Alex, se plongeant dans la “Electronic Dance Music”. Le duo connaît un succès croissant, remportant le concours Beirut-Berlin Xpress et enregistrant leur premier projet à Berlin. 

 

« Lorsqu’on a gagné, ça a complètement changé la donne pour moi. J’ai vraiment commencé à prendre la musique au sérieux et je me suis dit que je ferais tout pour pouvoir en vivre ». Et c’est ce qu’il fait. Il travaille comme ingénieur son au Music-Hall, produit et écrit pour Light FM, DJ trois fois par semaine, et s’engage dans divers projets de production, du cinéma étudiant aux publicités, pour stabiliser ses revenus grâce à sa passion musicale. Et ça marche. Aujourd’hui Joy vit grâce à la musique et travaille pleinement dans le monde du son et en toute humilité, il insiste sur le fait que “d’autres personnes à Beyrouth l’ont déjà fait avant moi”.

En effet, l’artiste s’inspire de figures locales telles que Fadi Tabbal, Julia Sabra, Pascal Semerdjian, Marwan Tohme et Anthony Sahyoun qui travaillent pleinement dans la musique et qui lui ont permis de croire que c’était possible de le faire. 

 

Aujourd’hui, il évolue dans le monde du son en permanence et s’apprête à se produire à Paris au Badaboum le 20 Octobre 2023, puis à La Bellevilloise le 21 octobre. Son parcours est un témoignage vivant de la puissance de la passion et de la détermination. 

 

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