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IMPRESSIONS : Là-bas, c’est mieux, mais ce n’est pas chez nous

27/04/2023|Dounia Mansour Abdelnour

Partir d’ici, là-bas, sur une terre d’exil, mais à contrecœur, à corps défendant, même si l’avenir y est fait de promesses. Quitter son pays, sa maison, pour aller là-bas où règne un état de droit, où vivent des citoyens à l’esprit civique sur une terre où les religions coexistent sans interférer dans le pouvoir politique. Là-bas, ce sont des pays d’un avenir moins incertain, moins chaotique, des contrées de lendemains qui chantent, d’espoir et de progrès. Là-bas où règnent la loi, l’ordre et la discipline, là-bas où l'intérêt général, le bien public, le bien commun, prévalent. Là-bas où les pays n’ont pas besoin de héros.

 

Là-bas, ce n'est pas une terre de conflits, de convulsions, d’éternels soubresauts au rythme des développements régionaux. La terre n’y est pas déchirée, divisée, en souffrance.  Là-bas, ce sont d’immenses pays aux opportunités infinies, aux milles possibilités où de nouvelles vies commencent, où prédomine la liberté de faire peau neuve, de prendre un nouveau départ affranchi des milles vicissitudes d’ici.

 

 

Cependant existe-t-il un exil heureux? Il n’existe jamais de bel exil. Tout exil est une souffrance, estime Gilbert Sinoué. Et pour cause, là-bas, ce n’est pas chez nous, chez moi, chez toi, ce n’est pas ma terre, celle de notre enfance, des bans de notre école, du bus scolaire dans lequel nous chantions à tue-tête insouciants et heureux sur les routes sinueuses des montagnes. Ce ne sont pas nos paysages de monts escarpés, de vallées, de collines et de mer, d’un soleil à l’éclat mandarine. Ce n'est pas la terre lumineuse de Méditerranée qui est ma demeure, celle de mes ancêtres, du cèdre millénaire, et celle des souvenirs heureux qui sont sur terre peut-être plus vrais que le bonheur. 

 

Partout où j’irai, je serai un déraciné, arraché à mon pays, mon milieu, expatrié étranger, je serai loin des yeux mais pas loin du cœur. A l’instar d’Antoine de St Exupéry, qui estime que l’on est de son enfance comme on est d’un pays, je porterai en moi le mal du pays, un pays mis à mal, à genoux certes, mais un pays de lumière aux monts escarpés, aux neiges éternelles, et sa mer étale éprise de son ciel, noyée dans le soleil.

 

 

(Photos Reine Tyan)

 

 

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