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Eliane Nabaa ou le parcours onusien d’une libanaise

23/11/2020|Zeina Saleh Kayali

Comment tout a-t-il commencé pour vous ? 

Après une carrière de journaliste à la télévision libanaise, je m’installe à Paris en 1987 et au bout d’une dizaine d’années je me retrouve dans une routine de « métro-boulot-dodo » qui me conduit à vouloir autre chose. Une amie travaillant à la mission des Nations-Unies pour l’organisation d'un référendum au Sahara occidental m’informe que la mission cherche des juristes arabophones. Je pose ma candidature et suis immédiatement recrutée. Je m’envole sans délai tout en sachant que c’est un poste qui n’a aucune garantie de pérennité. Je suis finalement restée deux ans et demi au Sahara et en tout plus de seize ans dans différentes missions de l’ONU pour le maintien de la paix!

 

En quoi consistait votre travail ? 

L’ONU préparait un référendum sur le statut final du territoire, référendum dont le résultat allait déterminer le statut futur du Sahara occidental. Le résultat final de ce referendum devait aboutir soit à l’autonomie du Sahara Occidental, une ancienne colonie espagnole jusqu’en 1975, soit à son intégration au Maroc. Mon travail au sein de la Commissiond’Identification consistait, sur base des différents documents présentés par les candidats, et en fonction des critères établis par l’ONU, à identifier quels seraient les candidats habilités à participer à ce référendum. Des critères légaux et assez rigoureux somme toute. Tout cela était très complexe et très technique.

 

Que s’est-il finalement passé ?

Le résultat n’ayant pas été favorable aux Marocains, ceux-ci décident de mettre un terme au mandat de la Commission d’Identification. J’avais entretemps proposé de rédiger un recueil pour expliquer aux membres de l’ONU en langue anglaise la validité ou pas des documents soumis par les candidats, ceux-ci étant en langue espagnole, du temps de la colonisation.

 

Que faites-vous une fois tout cela terminé ? 

Je cherche un poste dans l’information puisque c’est mon domaine. Et là, je suis mutée en République Démocratique du Congo (RDC). J’y suis restée cinq ans. Deux ans et demi en déplacement dans les différentes provinces du pays et le reste à Kinshasa, puisqu’entretemps j’avais été nommée directrice adjointe de l’information. 

 

A un moment donné vous souhaitez vous rapprocher du Liban ?

Oui et là je suis recrutée à la mission de maintien de la paix en Irak comme directrice adjointe de l’information. Puis en 2010, après le tremblement de terre en Haïti, je pars sur les lieux du drame, cette fois ci en tant que directrice de l’information. C’est un poste de D1. C’est le grade le plus élevé dans la catégorie des professionnels. Dans les missions de maintien de la paix de l’ONU c’était je crois tout à fait inédit pour une femme libanaise ! 

 

Après Haïti vous retournez en Irak ? 

Oui.  Le poste de D1 en Irak s’ouvre et je le prends. J’y reste de 2012 à 2015. J’aurais en tout totalisé plus de 16 ans comme communicante dans les différentes missions de maintien de la paix de l’ONU. 

 

En quoi consiste exactement le poste de directeur de l’information dans une mission de maintien de la paix de l’ONU ? 

Il s’agit de diriger le bureau de l’information de la mission et d’établir sa stratégie de communication en fonction du mandat de la mission. Cela s’appuie sur plusieurs vecteurs ou outils comme les publications, brochures et magazines, la radio onusienne, la vidéo, et la section « outreach », ou de sensibilisation conduite par des officiers de l’information sur le terrain, ce qui consiste à organiser des activités de proximité civiles ou militaires, afin de familiariser la population avec la mission déployée dans son pays. L’organisation d’activités culturelles et sportives est donc une façon de montrer aux habitants d’une région que l’ONU n’est pas un ennemi mais un protecteur. Le directeur de l’information fait également office de porte-parole de la mission. En effet, il est important de veiller à uniformiser l’information et que tous les membres de l’ONU sur le terrain parlent d’une même voix. 

 

Une mission de l’ONU déployée dans un pays en guerre ou qui fut en guerre peut souvent être mal perçue car sa présence incarne l’échec d’un gouvernement à maintenir la paix. Ce sont parfois d’ailleurs les gouvernements eux-mêmes qui attisent l’hostilité des habitants envers les membres de l’ONU. Et cette hostilité peut prendre des visages effrayants allant du simple jet de pierres, au viol, à la détention, ou à l’assassinat pur et simple. C’est enfin le bureau de l’information qui informe et conseille le chef de mission sur les développements sociaux, populaires ou médiatiques, afin de leur fournir un éclairage sur la situation dans le pays.

 

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