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Disparitions et regards croisés au musée Sursock

23/11/2023

Pouvez-vous dire deux mots au sujet de la BienalSur ?

BIENALSUR est la Biennale Internationale d'Art Contemporain du Sud. Ses valeurs sont solidement fondées sur le droit à la culture, convaincue que celle-ci donne de la visibilité à d’autres droits. Artistes, curateurs et institutions du monde entier s’y réunissent pour redoubler d’actions, relever les défis contemporains et envisager les futurs possibles, en connectant les publics, les artistes et les espaces des cinq continents. Effacer les frontières à la fois réelles et symboliques, construire des dialogues, renforcer le local dans le mondial, développer un humanisme contemporain sont les lignes majeures de cette biennale qui se définit elle-même comme étant en construction permanente. 

© Akram Zaatari, Letter to a refusing pilot, Film Still, 2013

Comment est née l’idée d’un programme entre le Liban et l’Amérique du Sud ?

En 2017, Anibal Jozami qui est le Directeur général de cette biennale m’avait invitée pour monter une exposition dans le cadre de la BienalSur. C’était la première édition de cette biennale et, bien sûr, comme que je ne connaissais pas l’Amérique du Sud, ni géographiquement, ni artistiquement, l’idée m’avait intéressée. J’avais donc répondu à l’appel de la BienaleSur avec une exposition qui, dans ce très grand pays qui constitue le deuxième foyer d’Amérique latine de l’immigration moyen orientale, et libanaise en particulier, avec 1.500.000 habitants d’origine libanaise, a montré des travaux d’artistes contemporains du Liban et du Moyen-Orient qui parlent de territoires, de déplacements, de flux migratoires, d’appartenance identitaire, mais aussi de quêtes personnelles et de poésie. C’était donc Poetics Politics Places qui avait eu lieu de septembre à novembre 2017 au Musée des Beaux-Arts de Tucuman.

 

Lorsqu’Anibal Jozami est revenu vers moi pour cette édition 2023 de la biennale, il y a de cela un an, avec l’idée de montrer au Liban une sélection de vidéos d’artistes d’Amérique du Sud effectuée par Florencia Incarbone qui, à partir de l’Argentine, curate cette exposition avec moi, j’ai pensé alors mettre en dialogue ces artistes venant d’Argentine, du Chili, du Pérou, du Brésil, de Colombie, du Venezuela, d’Équateur et du Mexique avec des artistes du Liban, voire de Turquie (parce que Florencia avait également travaillé avec des artistes turcs), sur des thématiques et des questions communes. On serait étonné de constater à quel point elles sont semblables ou se font écho.

© Laura Huertas Millán, Aequador, Film Still, 2012
 

Tout ce travail est finalement le fruit de rencontres riches et diverses : ma rencontre avec les artistes argentins, la rencontre de Florencia avec les artistes turcs. Ce programme c’est donc aussi l’histoire de ces rencontres du Liban vers l’Argentine et de l’Argentine vers la Turquie avec comme lieu de rencontre Beyrouth puisque cette fois, avec ce projet, c’est le Liban qui accueille la BienalSur.

 

« Ways of Vanishing” est le titre que vous avez donné à ce programme de vidéos. De quoi s’agit-il ?

Dans toutes ces vidéos, 27 au total, il est beaucoup question de disparition, celle des empires, des régimes, des rêves, des illusions, des utopies et des mythes, celle des villes, de la nature, des paysages et des êtres, mais aussi de persistances, celle des débris, des traces, des ruines, des témoignages, des récits, des réminiscences, de la mémoire, et peut-être aussi de la poésie.

 

© Maya Watanabe, Scenarios II, film still, 2014

Il a été question d’ajourner le programme, qu’est-ce qui vous a déterminé à continuer ?

Ce programme de vidéo a effectivement failli ne pas voir le jour, en raison des circonstances tragiques que nous traversons. Pour signifier notre solidarité avec le peuple du Sud-Liban et de Gaza, nous avions décidé de suspendre ce programme. Puis de commun accord avec le musée Sursock, nous avons décidé de reprendre ce qui était planifié depuis de longs mois déjà, bien avant les développements récents de la situation régionale. Pourquoi ? Parce que je reste convaincue que la culture, loin de faire diversion, nous permet de rester dans le présent et de porter sur lui un regard toujours alerte et vigilant. Parce que je suis convaincue aussi que la culture donne de l’espoir. Et le public libanais a besoin des deux.

 

Il s’agit bien d’une programmation sur 4 jours ?

Effectivement, il s’agit des 4 soirées suivantes : le samedi 25 novembre à 17h, puis le lundi 27, le mardi 28 et le mercredi 29 à 18h. Une session de questions / réponses suivra les projections du 27, du 28 et du 29.

 

Pour en savoir plus, cliquez ici

 

© Özden Demir, The Voices of Ida, Film Still, 2019
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