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Deuxième édition du festival REEF, rencontre avec Antoine Daher

08/10/2020

Quel est le concept du festival REEF ? 

Allier le septième art à la nature et à la ruralité, donner une nouvelle image de la vie dans les zones éloignées, oubliées et souvent méconnues, nous servir du cinéma comme moyen extraordinaire de réconciliation entre l’homme et la nature qu’il avait tant malmenée, et enfin ouvrir au cinéma de nouveaux horizons avec d’innombrables histoires à vivre et raconter.

 

Pour sa deuxième édition, qu’avez choisi comme thèmes ?

Après le succès de la première édition de REEF en 2019, nous nous sommes efforcés de relever les défis de 2020 et de mettre en œuvre la deuxième édition qui se tiendra du 8 au 21 Octobre 2020 dans un nouveau format, tout en explorant les enjeux urgents de notre actualité, dont COVID-19, la générosité de la nature en temps de crise économique, et la lutte pour sauver la vallée du Bisri contre la construction d'un barrage controversé, la question de l’eau étant un des thèmes de notre nouvelle édition.

Nous aurions aimé lancer REEF 2020 dans la magnanerie de Kobayat et organiser des projections en plein air, des conférences et des activités écologiques, ainsi qu’une journée dans la nature (Sliq) visant à introduire la formation « Comment se nourrir par la nature » sur une durée d’une année. Cependant, la propagation du COVID-19 à Kobayat, rendant impossible tout rassemblement, nous a poussé à modifier le parcours du festival.

 

Quel est le programme du festival et sur quelle plateforme le public peut visionner les films ?

Cette année, REEF se déroulera à la fois sur la plateforme virtuelle aflamuna.online et sur deux jours en plein air dans la vallée de Bisri à travers un événement respectant la distanciation sociale.

Une table ronde intitulée « La Victoire de Bisri, et après ? » réunira les habitants de la région, experts et militants contre la construction du barrage. 

Le film « Al Marj » (La vallée) de Mohammad Sabbah sera diffusé suite au débat. En plus, nous avions déjà lancé une compétition de courts métrages traitant de l’impact de la pandémie de Covid sur notre vie et sur la nature. Du grand lot, nous avons retenu 20 films qui seront projetés sur aflamuna, avec des prix dont un du public. La plateforme en ligne proposera également une série de films centrés sur trois volets : Portraits de la vie rurale, La terre comme espace politique et Repenser le monde.

 

La cause de la défense de l’environnement évolue-t-elle au Liban ?

La cause oui, la défense en elle-même non. Quand on compare la jeune génération d’aujourd’hui à celles qui l’ont précédée, on est ravi de constater que bien de concepts écologiques qui avaient du mal à se faire accepter jadis, sont actuellement bel et bien admis. Cependant, il est triste et navrant de voir qu’on n’arrive toujours pas à défendre la plupart de ces beaux concepts dans cette réalité politico-sociale qui intronise la corruption en tant que système politique tentaculaire.

 

Quel est votre avis personnel sur la lutte qui a été menée pour finalement contrer la construction du barrage de Bisri ?

C’est une première victoire qui donne à espérer que les bonnes causes défendues tenacement et sans compromission, ne sont pas toujours, comme on s’était malheureusement habitué à croire, vouées à l’échec. Dans le cas du barrage, la lutte a réussi à transcender les divisions politiques et confessionnelles du système. Ce dernier s’est trouvé acculé à face à son antithèse qui l’as mis internationalement à nu. D’un côté le pouvoir et les sociétés du gain rapide prêtes à tout dévorer, de l’autre la nature qui fédère les gens de tout bord. Les décideurs internationaux ne pouvaient plus continuer à soutenir un tel projet autant contesté.

La nature l’a emportée, c’était inattendu. Il est donc permis d’espérer. Mais il faut rester vigilant, le système oligarchique de la corruption ne voudrait pas se laisser aussi facilement avoir par une jeunesse plurielle et pacifiste.

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