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De Copenhague à Vienne en vélo

24/01/2022|Anwar El Amad

Selon elle, une des nombreuses raisons de faire ce voyage serait de passer 30 jours, en se déplaçant, assez lentement pour profiter de notre environnement.  Une excellente occasion de rompre avec notre routine quotidienne de travail. 

 

Nous avons fixé la date de notre voyage et réservé nos billets de Vienne à Copenhague, et de là, nous ferons 1200 km à vélo pour rentrer à Vienne.

L’organisation devait être parfaite, nous ne pouvions oublier aucun objet, car le prix de la négligence serait élevé. 

Lorsque nous sommes arrivés à l'aéroport de Copenhague, nous apprenons que les vélos n'étaient pas encore arrivés. A notre grande satisfaction, ils nous ont dit qu'ils les apporteraient à l'hôtel, ce qui nous a évité bien des soucis.

 

Pour les amoureux du vélo, Copenhague est LA ville où il faut être. Il n'est pas étonnant qu'elle ait été classée comme la ville la plus favorable aux vélos dans le monde depuis 2015, avec plus de vélos que d’habitants ! S'il est vrai que le vélo permet de réduire le stress en soulageant l'esprit de ses démons et réduit le risque de dépression, il n’est pas étonnant que le Danemark figure toujours dans le top 10 des pays les plus accueillants.

 

Au matin de notre deuxième jour, le réceptionniste nous a annoncé la bonne nouvelle : nos vélos étaient arrivés ! Nous étions très heureux de les enfourcher et prêts à découvrir les rues de la ville.

 

Notre première destination fut la statue de bronze de la "Petite Sirène", qui à notre grande surprise était beaucoup plus petite que ce à quoi nous nous attendions. Basée sur le conte de fées de 1837 de l'auteur danois Hans Christian Anderson, elle a été inaugurée en 1913, mesure 1,25 mètre de haut et pèse 175 kg. Mais la pauvre statue est devenue la cible d'actes de vandalisme au cours des dernières décennies. Décapitée de son socle une première fois, sa tête a été sciée et volée, puis une deuxième fois, la statue a été renversée de son socle à l’explosif. Plusieurs fois, la statue a été couverte de peinture a et un tag « Free Hong Kong » a même été peint sur la pierre sur laquelle elle était montée, en janvier 2020 ! Ce qui lui vaut le titre de statue la plus diffamée du monde dans le pays le plus accueillant du monde !

 

Notre prochain arrêt fut le "National Aquarium", où nous avons pu explorer les 7 millions de litres d'eau, exposant un vaste éventail d'espèces et d'habitats. Ce gigantesque aquarium contient de majestueux requins-marteaux, des tortues, d'élégantes raies, et des poissons colorés du récif corallien. Si le temps ne nous manquait pas, nous aurions pu passer toute la journée à savourer le monde merveilleux de la vie aquatique.

 

Sur le chemin du retour, nous avons perdu la trace de notre piste cyclable. Mais le vélo nous réserve toujours de bonnes surprises. Après près d'une heure d'errance, nous nous sommes retrouvés devant une étrange caserne militaire. Bienvenue à Freetown Christiana, une expérience tout à fait unique où l’on se perd dans l'espace et le temps, tout en parcourant à vélo une communauté internationale d'environ 1000 résidents, située dans le quartier de Christianshavn de la capitale. L'histoire de cette commune est en effet très riche. Elle est née en 1971 sur une zone militaire squattée, de la volonté de certains membres du mouvement hippie de créer de toutes pièces une société unique

 

Le lendemain matin, nous nous sommes préparés à prendre la route vers le sud. Nous avions près de 160 km à parcourir pour atteindre Gedser, la ville la plus méridionale du Danemark, et de là, prendre un ferry pour rejoindre la ville allemande de Rostock.

 

Notre premier arrêt était la ville de Koge. Son port et son emplacement stratégique ont donné à Koge une longue histoire en tant que ville de marchés, son vieux centre-ville est bien conservé et rappelle son rôle prépondérant dans la région.


En fin d'après-midi, le temps a commencé à changer, des nuages noirs s'amoncelaient. Le son du tonnerre, et quelques minutes plus tard la pluie battante. Nous n'avons pas eu d'autre choix que de nous cacher dans le premier jardin devant lequel nous sommes passés. C'était un grand jardin, et nous nous sommes abrités sous les branches d'un marronnier géant.
 

Soudain, la porte d'entrée de la maison s'est ouverte et un grand et bel homme est sorti dans notre direction. Nous avons pensé qu'il allait nous demander ce que nous faisions dans son jardin. Mais dans un sourire sympathique il s'est enquis de notre voyage, et nous a demandé si nous voulions quelque chose de chaud à boire. Il était difficile de ne pas accepter une tasse de thé chaud !


Il était déjà huit heures du soir et n'ayant toujours pas cherché un endroit pour dormir, nous étions attirés par la lumière du jour des longues journées d'été. Nous nous sommes arrêtés à une station-service et nous nous sommes renseignés sur le camping ou la pension la plus proche. On nous a dit qu'à quelques kilomètres devant nous, il y avait un camping où nous avons trouvé une cabine pour passer la nuit. 

 

Le lendemain, nous nous sommes levés tôt et pleins d'énergie et nous avons repris la route. Nos 60 derniers kilomètres au Danemark, ont été vraiment difficiles, certaines routes étaient étroites en bordure de mer, à tel point que les vagues nous aspergeaient, nous pouvions sentir le sel sur nos lèvres. Mais le plus inquiétant, c’était le vent de face, qui nous ralentissait tellement qu'à certains endroits nous pouvions à peine atteindre 12 km/h.


À un moment donné, nous avons perdu notre route, à la première occasion, je me suis arrêté pour demander la direction à un homme âgé qui s'occupait de son jardin. Il était très sympathique, s'est excusé un instant pour entrer dans sa maison et est ressorti avec un grand Atlas de géographie. Il a essayé de m'expliquer, mais s’est rendu compte que cela ne servirait pas à grand-chose. A ma grande surprise, il a simplement déchiré une page de l'Atlas, et me l'a donnée, pour être sûr que nous n'aurions pas de problèmes à l'avenir. Dans l'après-midi, nous avons atteint Gedser, où nous avons pris le ferry pour aller en Allemagne.


Quel beau pays nous avons quitté, diversifié dans sa culture, des gens simples et amicaux. Il est clair pour moi que ces simples gestes de gentillesse ont permis au Danemark de rester pendant des décennies dans le top 10 des nations les plus amicales et les plus heureuses du monde .... et d'être un havre de paix pour les cyclistes. Il y avait encore les 40 km qui nous séparaient de notre prochaine aventure... l’Allemagne. Mais ce sera pour un autre papier. 

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