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Beyrouth Livres : Jour 3, la Fondation Corm à son zénith

05/10/2023|Gisèle Kayata Eid

Belles prestations dans les alentours du Musée national, notamment dans l’imposant édifice de la Fondation Corm où trois rencontres ont eu lieu, la première avec Georgine Mallat autour du « Manuscrit perdu de Béryte ». 

 

Une heure plus tard, changement de public, mais même décor en hommage à un grand auteur libanais célèbre mort en 1994 et dont quatre de ses livres (Al Ghariba, Joumana, Barjoute et L’envers de Caïn) totalement épuisés, ont fait l’objet d’une réédition par les éditions de l’Orient des livres. Farjallah Haïk était donc l’invité d’honneur d’une rencontre à quatre, initiée par Jocelyne Dagher Hayeck qui a rendu un vibrant hommage à ce grand auteur francophone à travers une présentation très éloquente et sensible. Elle y a rappelé que cet auteur a libanisé la langue française par des emprunts à l’arabe, a osé des traductions littérales et a surtout popularisé le roman de la ruralité tout en se distinguant par son souffle lyrique, son mysticisme et sa spiritualité. 

Ramy Zein et Bernard Fattal ont tour à tour commenté les quatre ouvrages en question en insistant notamment sur les paradoxes de l’écriture de Haïk et le rôle de la femme dans son œuvre. Le directeur de l’Orient des livres, Me Alexandre Najjar a clôturé cette rencontre par quelques mots chaleureux à l’encontre du « papa des romanciers libanais de la langue française » pour reprendre ses propres termes. 

Toujours dans cette belle et spacieuse salle aux grandes baies vitrées qui s’ouvre sur un jardin touffu, une exposition sur les 50 ans des éditions Sindbad tapisse les murs et ce jusqu’au 22 octobre (pour les écoles). Farouk Mardam-bey qui en assume la direction depuis 1995 a repris les principales réalisations de la collection rattachée aux éditions Actes Sud et spécialisée actuellement dans l’édition des livres arabes traduits en français. Une mission périlleuse vu le nombre croissant de la production littéraire et l’obligation de faire un choix parmi les centaines de titres proposés. Aux difficultés d’assumer la transmission de la production littéraire en langue arabe malgré le très petit nombre de livres qui arrivent à être retenus, s’ajoute la difficulté de les traduire. Quelles libertés peut-on s’octroyer pour reproduire des poèmes arabes en poèmes français, s’interroge-t-il ? A ce sujet, la modératrice du débat, Marie Tawk, a donné la parole à Mathias Énard dont elle-même avait traduit plusieurs de ses ouvrages. Le prix Goncourt de 2015 pour son livre « Boussole » (édition Actes Sud), lui-même traducteur, a été introduit par Mme Tawk comme celui qui interroge les frontières… Ce qui rejoint un peu le thème de son dernier roman “Déserter”, publié en 2023 aussi chez Actes Sud et qui met en scène un déserteur en proie à ses doutes et sa honte… et qui doit justement traverser une frontière. 

Auteurs, invités, partenaires, organisateurs et quelques invités de l’intelligentsia intellectuelle et culturelle de la ville ont pu continuer toutes les conversations amorcées lors de cette fête littéraire, à la Résidence des pins, où l’Ambassadeur de France, Hervé Magro, les avait conviés à une réception amicale, durant laquelle il a relevé lors de son allocution de bienvenue le rôle de la culture pour établir des ponts entre la France et le Liban. 

 

Consultez le programme de Beyrouth Livres 

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