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BEYROUTH BY DAY: Tarik el Jedideh

22/09/2021|Tania Hadjithomas Mehanna

Tarik el Jedideh se partage entre son côté sérieux avec de nombreux étudiants qui sillonnent d’un pas affairé ses grandes rues et ses ruelles colorées avec des marchands ambulants venus tout droit des camps palestiniens situés à proximité. La rue Sabra de soubber, figues de Barbarie en arabe, était autrefois difficilement accessible. C’est quand le mufti Hassan Khaled qui habitait là a ouvert un passage en 1967 que le quartier a naturellement pris le nom de Tarik el Jedideh, la nouvelle route. 

 

Le « Abou El Abed » des blagues existe et vit à Tarik el Jedideh. En tout cas c’est ce que dit la rumeur. Le véritable nom de ce personnage haut en couleurs qui a fait rire plusieurs générations serait Ahmed Khalifé et ce vénérable monsieur serait pompier de son état. D’autres disent que c’était le chauffeur de Riad el Solh et qu’il possédait un tel accent beyrouthin et une telle verve qu’il était devenu la coqueluche des amis du premier ministre de l’époque. D’où l’habitude d’en faire le personnage principal de tant de blagues qui font tordre de rire les Libanais. Impossible de trouver son adresse, comme si les habitants de Tarik el Jedidé s’étaient mis d’accord pour qu’on ne vienne pas déranger une figure aussi symbolique. Devant tant de solidarité, on n’a même pas osé demander ce qu’il en était d’Abou Steif. 

Déambulant avec grâce dans un incroyable capharnaüm de décoration pour le Ramadan, Minkab Badaoui nous explique que les gens sont de plus en plus nombreux à vouloir décorer leur maison, leur rue, leur voiture et leur boutique du premier jusqu’au dernier jour de la fête. Des lanternes, des Corans qui s’allument, des guirlandes, la petite boutique est un joyeux méli-mélo et tout le monde s’affaire à l’approche de la date fatidique. En dehors de la période du Ramadan, le magasin de Minkab vend tout ce qui est nécessaire pour le pèlerinage à la Mecque. 

 

« Allah a donné la lune aux hommes pour la mesure du temps », dit le Coran et le Ramadan se règle avec la lune. Le jeûne commence le neuvième mois lunaire avec le premier croissant et s’achève à l’apparition du croissant suivant. Les musulmans pratiquent, au cours du mois de Ramadan, un jeûne assez strict prescrit par le Prophète. Du lever du jour au coucher du soleil, pas question de boire, de manger, de fumer ni - et il ne faut pas l’oublier - d’insulter, de médire ou de mentir. Durant ce mois de jeûne, un msahher, muni d’un tambourin réveille ses coreligionnaires en chantant les louanges du prophète juste avant le lever du soleil pour le repas de l’aurore, le souhour. Le muezzin se charge d’annoncer, dès le coucher du soleil, la fin de la période de restriction et c’est, dans une atmosphère de joie et d’allégresse, le temps des iftar, ces repas qui mettent fin au jeûne de la journée. L’iftar commence traditionnellement par une datte puis se succèdent les mets les plus copieux, les jus d’abricot et de tamarin pour finir par des pâtisseries spécialement préparées à cette occasion tel le kellage ramadan. La fête du Fitr, qui dure trois jours, marque la fin du Ramadan et donne lieu à de grandes réjouissances où les enfants sont à l’honneur. Des cadeaux sont distribués et l’on se doit d’aller visiter les aïeux et de rendre hommage aux personnes disparues en se rendant aux cimetières. Les sucreries abondent et la joie domine cette fête dont la date dépend du début du Ramadan.

 

Il faut traverser tout le quartier vers le sud pour se retrouver aux portes de la Cité sportive, un des fleurons de la capitale. Comme souvent et certainement par défi, cette gigantesque infrastructure s’est construite rapidement pour accueillir les IIe Jeux Panarabes en octobre 1957. 

Elle comprend un grand stade qui inclut un vélodrome de 500 mètres, une piste d’athlétisme, un terrain de football gazonné, des cabines insonorisées pour la radio et la télévision, une salle de presse, une piscine, un champ de tir, un manège, des courts de tennis et une salle couverte. En 1961, 80 000 spectateurs ont pu assister à des corridas avec des matadors venus tout droit d’Espagne et, en novembre 1974, Pelé, le roi du football, sacré meilleur joueur du monde et qui avait rejoint pour quelque temps le club Nejmeh, vient taquiner le ballon devant des spectateurs extatiques. Détruite totalement durant l’invasion israélienne, la Cité devient le refuge des squatteurs durant la guerre et ne retrouve son panache qu’en juillet 1997 avec les VIIIe Jeux Panarabes. La Cité Camille Chamoun, qui a failli un moment changer de nom, accueille régulièrement des championnats régionaux et les Jeux de la Francophonie en septembre 2009 achèvent de l’inscrire dans la postérité. 

 

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