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BEYROUTH BY DAY: Achrafieh

13/01/2021|Tania Hadjithomas Mehanna

 

Achrafieh… Telle est l’appellation communément utilisée pour désigner la colline à l’est de Beyrouth. Mais Achrafieh est aussi un quartier bien distinct avec ses rues, ses places et son animation quasi ininterrompue. Autour de la place Sassine aménagée en 1975 et rebaptisée place Béchir el Gemayel, le quartier bouillonne de commerces, s’assourdit de klaxons, s’étourdit de va-et-vient, se distrait de nombreux cafés. Pourtant, derrière la place, quelques rues se parent d’un calme surprenant et de petites maisons au charme bucolique se cachent derrière des bougainvilliers de couleur mauve ou des ficus d’un vert éclatant rappelant les forêts qui recouvraient la colline. Le nom d’Achrafieh fait référence au roi mamelouk Al Malik al Achraf Khalil qui, au XIIIe siècle, aurait donné son nom à une ferme située sur la colline en signe de gratitude pour l’accueil que les propriétaires avaient réservé à son frère. La colline prit alors le nom de la ferme et se déclina plus tard en Achrafieh. 

 

Sur les escaliers, au creux des rues, au coin des maisons, de petits sanctuaires accueillent les statues de la Vierge ou de saints, des offrandes, des bougies et des fleurs, des prières et des espoirs. Ces mazars, lieux de culte, que l’on voit surtout dans les quartiers à prédominance chrétienne se sont installés là petit à petit rappelant que les mains des Libanais sont tendues vers Dieu. D’après une recherche effectuée par l’Université Saint-Joseph, il n’y aurait pas moins de 210 mazars dans la seule ville de Beyrouth et le premier remonterait à 1948, date à laquelle la migration des villageois s’est amorcée vers les faubourgs de la vieille ville. Les chiites ont aussi leurs lieux de culte même s’ils ne sont pas aussi nombreux que ceux des chrétiens alors que les sunnites et les druzes sont plus discrets dans leur pratique religieuse. Et Dieu au Liban est présent partout. Dans les expressions de tous les jours, les interjections, les interpellations, les bons vœux et même dans l’agacement d’un quotidien parfois difficile. Ya allah ! Dans les aléas qui secouent la ville, remettre sa vie aux mains de Dieu, à ses saints et à la Vierge, c’est également ne plus avoir peur, se résigner à ce qui pourrait arriver, ne pas tenter de s’y opposer. Mitl ma allah bi rid, comme Dieu veut et vivre sa petite vie la tête tranquille, en comptant sur plus fort que soi pour se sortir sans trop de bleus et de bosses de ce pétrin que l’on appelle la vie. 

 

Falafel… Pour prononcer ce nom, la langue se frotte contre les dents et le palais comme pour bien se préparer à déguster une des spécialités culinaires les plus populaires au Liban. Aliment complet, copieux et savoureux, la boulette de pois chiches et de fèves est incontournable. Certains situent les origines des falafel en Égypte, d’autres n’hésitent pas à les déplacer jusqu’en Inde sans parler de ceux qui se sont appropriés et le nom et l’idée. Mais Beyrouth n’a cure de ces querelles de clochers tant l’odeur des falafel lui va bien. Regarder le spécialiste faire délicatement dorer les boulettes est un petit plaisir anticipatif. Mais le vrai rituel est tout ce qui entoure la dégustation de ce mets et, pourquoi choisir ?, quand on peut manger les falafel avec des radis, des navets au vinaigre, des tomates fraîches, de l’ail et de l’oignon et bien entendu la fameuse sauce tarator ou crème de sésame au citron et au sel. On dispose savamment tout cela dans un lit de pain et on enroule. D’où le nom falafel dérivé du verbe arabe qui veut dire emballer. 

 

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