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‘Or la vie’* de Ada Jreissati ou la pulsion de vie envers et contre tout !

02/10/2018|Bélinda Ibrahim

Une leçon de vie et d’amour. C’est ainsi que l’on pourrait qualifier l’ouvrage de Ada Jreissati, lancé le 20 septembre dernier lors d’une rencontre au ‘The Gathering’ où une foule immense et aimante est venue saluer le courage et la détermination d’une auteure qui a couché sur papier les hauts et les bas de sa lutte contre ‘le monstre’, ce cancer qui a fait basculer sa vie du jour au lendemain. Vivant en sursis depuis près de quatre ans, Ada Jreissati a finalement pris la décision d’arrêter les traitements pour jouir pleinement du temps qui reste. Un choix qui force le respect et l’admiration envers cette femme-courage passeuse de lumière. L’auteure donne rendez-vous aux personnes souhaitant se procurer son ouvrage - le deuxième tirage est en cours -, au Salon du Livre Francophone de Beyrouth, le 7 novembre à 19h00 pour une présentation suivie d’une séance de dédicace sur le stand des éditions ‘l’Orient des Livres’.

Le point de départ de ce témoignage qui se lit d’une traite est un massage offert par la fille de Ada à sa maman à l’occasion de la fête des Mères. La masseuse thaïlandaise l’informe d’une masse dans son ventre de la ‘taille d’un œuf’. Ada ne souffrait d’absolument rien. Très vite, une IRM et d’autres tests médicaux révèleront la présence d’une masse dans le pancréas qui comprime la rate, d’où l’urgence à l’opérer. Jusque-là, tout semble simple et bénin. La descente aux enfers commencera avec les suites post-op, entre hémorragies internes à juguler et deux courtes semaines plus tard, le terrible verdict qui tombe comme un couperet : celui de la biopsie qui annonce un cancer de la plus haute malignité. Ada tombe de très haut. Jour après jour, elle doit faire face à des annonces de plus en plus catastrophiques. Elle ne perd pas pour autant espoir et, forte de l’amour de ses proches et du choix de son oncologue ; celui une femme exceptionnelle alliant la science, la disponibilité, le savoir-faire (et le savoir-dire) qui est également l’auteure de l’avant-propos, elle fera front, en bloc, pour tenter de venir à bout de ce monstre tapi en elle. Un ennemi acharné qui se réveille invariablement au moment où elle le pensait endormi pour très longtemps, sapant son moral et réduisant ses espoirs à minima. Mais Ada, tout en restant profondément humaine et vulnérable, plie sans rompre. Elle souffre énormément et le raconte, mais sans jamais verser dans l’auto complaisance. La chaîne d’amour et d’amitié formée autour d’elle est immense. Soudée. La mobilisation est optimale, la garde alternée. Entourée de ses ‘anges’, portée par sa foi, Ada se bat contre le mal, au sens littéral du terme. Relatant ses séances de chimio, elle confie : ‘‘J’ai les nerfs à fleur de peau. Séance après séance, les douleurs changent de forme et d’intensité. Il est hors de question de se dire qu’avec le temps, le corps s’habitue. Au contraire, il a du mal à résister, il souffre et le fait savoir. Il est important de relater à l’oncologue les petits bobos, aussi minimes soient-ils, car tout est significatif à ses yeux. Elle a une solution à tout, réconforte, rassure et motive à chaque séance. Quand je souffre, je dors. Même pendant la séance je m’assoupis. Je dors pour faire passer le temps. Je dors en attendant de me sentir mieux. Je dors pour éviter d’exprimer mon désarroi. Je dors pour ne plus réfléchir. Je dors pour apprécier le silence’’.

Écrire devient la canne qui l’aidera à avancer…
Ada Jreissati a trouvé dans l’écriture une béquille salvatrice et cathartique. Dans son ouvrage aussi atypique que son parcours, tous ses personnages portent leurs vrais prénoms. Chaque personne aimée qui l’entoure y trouvera le sien, que ce soient les membres de sa (grande) famille ou ses nombreux ami(e)s. On y découvre l’histoire d’une femme à qui la vie a pris d’un côté et donné de l’autre, avant de la soumettre à l’impitoyable et sournoise épreuve de la maladie. Même si elle a toujours eu tendance à voir le verre à moitié plein, Ada aura ses moments de doute et de révolte, mais se ressaisira toujours quelques courts paragraphes plus tard. Au fil de son travail d’écriture, l’idée de publier un ouvrage pour aider les malades atteints de cancer s’est imposée à elle. En particulier, celle de contribuer à assurer, grâce à la somme issue de la vente de cet ouvrage, les médicaments qui soulagent des effets secondaires de la chimio qui ne sont pas couverts par la sécurité sociale. L’ouvrage étant déjà sous réimpression, son souhait porte la belle promesse d’une multiplication de douceurs à poser sur les douleurs des autres…
‘‘Écrire pour parler de mon vécu avec cette maladie qu’est le cancer et qu’il faut apprivoiser jour après jour. Écrire pour exprimer mes sentiments en toute authenticité. Écrire pour rassurer ceux qui m’entourent et souffrent de me voir combattre ce mal. Écrire pour ceux qui affrontent cette maladie. Écrire pour partager mon expérience avec d’autres malades. Écrire pour garder courage. Écrire pour laisser une trace de cette aventure…’’.

Plus qu’une simple trace, Ada Jreissati laisse, à travers son ouvrage/témoignage, un sublime hymne à la vie qui défiera assurément le temps ‘terrestre’ de tous ses lecteurs…


*Édité par L’Orient des Livres
 

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