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‘Fausse note’ : Quand le passé vous hante

06/11/2018|Nayla Rached

A l’invitation de 62 Events by Josyane Boulos, les planches du théâtre Monnot ont accueilli la pièce ‘Fausse Note’, écrite par Didier Caron et porté par les deux célèbres têtes d’affiches, Christophe Malavoy et Tom Novembre.

Dos tourné à la scène, dans un noir et un silence absolus, Tom Novembre, dans la redingote d’un chef d’orchestre, brandit sa baguette face à son orchestre. Au moment de la première mesure, sa main tremble et il est obligé d’agripper son poignet de sa deuxième main. On est en Suisse, à Genève. Après cette première scène, nous voilà dans la loge de maître Hans Peter Miller, exigeant, perfectionniste, qu’on voit insatisfait de la prestation de ses musiciens. Il vient d’être nommé à un poste prestigieux à Berlin ; il va pouvoir enfin retourner dans son pays après des années d’absence. Mais on frappe à la porte : un fervent admirateur réclame un moment avec lui. 

Habillé d’un manteau et coiffé d’un chapeau, tenant une petite mallette à la main, le visiteur de nuit se présente. Il s’appelle Léon Dinkelbach, dit Dinkel, et il tenait absolument à venir de Belgique applaudir le maître à Genève. Bon gré, mal gré, Hans Peter Miller se prête au jeu et à la discussion et même à une prise de photo souvenir. Mais Dinkel à peine parti, le voilà revenu, encore plus pressant : se présentant lui-même comme un violoniste amateur, il insiste auprès du maître à lui faire écouter un morceau de musique, à la quête d’une fausse note. Progressivement la tension commence à s’installer ; la présence de Dinkel devient inquiétante, c’est une intrusion, un envahissement, un acharnement. 

Dans ce face à face, qui se déroule dans les années 70, le passé commence à ressurgir, implacable, irréversible. Comment vivre avec son passé et pouvoir continuer à se regarder dans le miroir ? Les souvenirs remontent, les sensations sont toujours là, aigues, pointues. Et Mozart, et le froid, et les camps, et la relation avec le père, et la peur, cette peur qui nous accompagne toute une vie. Pan par pan, Dinkel avance ses pions, dévoile son plan, poussant Miller jusqu’à la faute, jusqu’à la confession, jusqu’à la menace du déshonneur. 
Imperturbable, Christophe Malavoy incarne avec subtilité et maintien le personnage de Dinkel, cet homme au passé obscur qui commence progressivement à rejaillir. Dans ce huis-clos presque étouffant, Tom Novembre est magistral dans le rôle de Maestro, imbu de lui-même et colérique, même si dans la deuxième partie, on perçoit une certaine faiblesse dans l’incarnation de son personnage, devenu au fil de l’intrigue, vulnérable et pitoyable. Sans être d’une grande originalité, tant le sujet a été déjà vu et lu, ‘Fausse Note’ de Didier Caron, reste toutefois un agréable moment de théâtre, sobre et pur, porté par un verbe puissant.
 

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