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Le concours de miss : un rassemblement très prisé par la communauté philippine immigrée au Liban

15/03/2019|Hortense Leclercq-Olhagaray

Dimanche dernier se déroulait la treizième édition du ‘OMT – Western Union Miss Philippines Lebanon’ dans une grande salle toute décorée de l’Hôtel Commodore à Hamra. Toute la communauté philippine était au rendez-vous, sur un fond de musique latino entrainante. Entre les groupies arborant des panneaux de leurs candidates préférées et pas moins de quatre tables de jury accueillant des membres de OMT -Western Union, la Filipino Cultural Guild (FCG), Miss Philippines Foundation, l’ambassade des Philippines et d’anciennes gagnantes du concours, l’événement faisait salle comble. 


L’événement
Apogée de toute une organisation, les miss se présentant au concours sont d’abord entrainées pendant 60 jours par la FCG pour leur permettre de se perfectionner dans les différentes épreuves qui leur seront demandées. En effet, durant plus de quatre heures, c’est un enchainement de six épreuves qui vont leur permettre de se démarquer. Axées sur leurs tenues, leur intelligence et leurs talents, on les découvre à travers des démonstrations de lecture, de danse, de talent, de réponses à des questions variées, de défilé en robes de soirée ainsi qu’en robes uniques confectionnées par leur soin. Chaque série est entrecoupée d’intermèdes musicaux ou folkloriques, comme le défilé des trois derniers Mister Philippines-Liban en tenues traditionnelles philippines. 

Réminiscence de toute une culture
Pour chaque candidate, ce concours relève d’une haute importance, tant sur le plan culturel que personnel. Les concours de beauté sont une véritable institution aux Philippines et ce depuis toujours. D’abord organisés dans chaque village de manière très traditionnelle, ils ont aujourd’hui gagné un statut national réputé et sont entourés d’une véritable industrie. Entre les camps d’entrainement, l’art du maquillage, de la confection de robe et la médiatisation, c’est tout le pays que ces rencontres font vibrer et nous devenons des témoins privilégiés de leur popularité dans tous les pays où la communauté philippine se fait nombreuse, comme c’est le cas au Liban.

À travers ce rassemblement sont abordés les thèmes récurrents auxquels font face cette communauté expatriée. On peut le voir jusque dans les questions qui sont posées aux candidates, revenant sur les conditions d’immigration, les relations avec leurs employeurs ou encore les qualités des Philippines. On sent ainsi apparaitre en filigrane les conditions sociales dans lesquelles elles évoluent, leur foi en Dieu extrêmement présente, leurs relations avec les familles libanaises qui les emploient et dont la présence de certaines à l’événement marque un soutien fort pour les candidates qui défilent.

Pour la plupart, ce concours accompagné de sa formation préalable représente une occasion d’améliorer leur confiance en elle, une manière de marcher dans les traces d’une mère ayant gagné un titre dans sa jeunesse ou encore un moyen substantiel d’aider leur famille, souvent restée aux Philippines, si elles obtiennent un des titres en jeu.

Comme nous l’explique Madame Maria Nimfa Alvea, présidente et fondatrice de la FCG, sa plus grande réussite n’est pas le concours en soi mais la formation qu’elle a créé en amont : “On a beaucoup de filles talentueuses et en fait je ne vois pas vraiment ça comme une compétition. Mon objectif, personnellement, était surtout de les faire profiter de l’entrainement de 60 jours qui précède la compétition. On leur donne des cours de développement personnel, de valeurs, de conscience de leur statut de travailleuse OFW (Overseas Filipino Workers), des étapes pour être en règle et être une bonne employée. On travaille aussi sur leur éloquence, leurs bonnes manières, un ensemble de grâces importantes en public et leurs talents, comme le chant ou la danse. Je suis heureuse car leurs employeurs les soutiennent et beaucoup ont été là aujourd’hui. Nous avons de nombreux autres projets, comme le Filipino Best Talent, et ils sont tous supportés financièrement par OMT – Western Union.”

OMT, vitrine d’un contexte socio-économique
Le rôle de sponsor que joue OMT – Western Union depuis la création de l’événement treize années auparavant n’a en effet rien d’une coïncidence. Comme nous l’a exprimé Monsieur Hani N. Zamel, directeur du marketing et des communications d’OMT – Western Union: “Comme vous pouvez le voir, la communauté philippine au Liban est très importante. Ils utilisent OMT – Western Union pour rester en contact avec leurs proches restés sur place, envoient de l’argent pour les soutenir et OMT tient à eux, voulaient le leur rendre et les récompenser. On les écoute régulièrement pour comprendre ce qu’ils veulent et comment améliorer nos services.” Ces propos ont été appuyés par un exemple donné par Monsieur Ralph H. Daher, spécialiste marketing d’OMT – Western Union. Ce dernier nous a expliqué que cinq ans auparavant ils avaient réussi à faire baisser les frais de transaction des Philippins afin qu’ils puissent envoyer à leurs familles jusqu’à 200$ pour seulement 5$ de frais de transaction. Cette manipulation a été rendue possible par la collaboration de la communauté philippine qui a su exprimer son mécontentement et le travail de l’équipe d’OMT – Western Union qui a pu faire remonter leurs sollicitations au siège principal de la compagnie.

Le nombre de transactions effectué par la communauté à travers OMT est extrêmement conséquent et son usage est profondément ancré dans le style de vie des Philippins vivant au Liban. La gagnante de cette année, élue Miss Philippines-Liban 2019, Madame Sheena Rose Damasco, s’est même inspirée des reçus de transferts pour confectionner sa robe traditionnelle dans laquelle elle remporta sa couronne. Elle nous a confié: “J’ai fait la robe philippine moi-même, c’était mon idée. J’y ai travaillé pendant un mois, seule. Je n’ai utilisé que des reçus OMT – Western Union. J’ai vu ma boite de reçus, il y en avait plein, ça m’a inspirée. Alors je me suis dit, pourquoi ne pas les utiliser pour ma robe ? J’ai commencé à collecter tous les reçus de la communauté depuis le 1er mars et je les ai pliés en forme d’éventails. J’en ai fait plein et je les ai accrochés sur une vieille robe que mon employeur m’avait donnée. Je transfère de l’argent tous les mois parce que j’ai deux filles aux Philippines. Avec l’argent du premier prix je suis très heureuse parce que je rentre à la maison le mois prochain et je vais pouvoir rénover la maison de mes parents et y aménager deux chambres pour mes filles.”

Reflet de la situation socio-économique de la communauté philippine immigrée, l’importance des transactions OMT met en exergue certaines des problématiques auxquelles la communauté est confrontée. Ces événements, aussi simples puissent-ils paraître, permettent un suivi de ces problématiques à travers l’ouverture de discussions et le renforcement d’une solidarité vitale pour la progression de leur intégration à la société libanaise. 

Crédit photos : Laëtitia Romain
 

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