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Première édition de MENART Fair à Paris

Art

RENCONTREART
05/05/2021

Du 27 au 30 mai se tiendra à Paris la première édition de MENART Fair organisée par Laure d’Hauteville.

Elle présente ce nouveau concept aux lecteurs de l’Agenda Culturel. 

 

(Photo: ©Irene de Rosen)

Parlez-nous de votre nouveau projet de MENART Fair. 

Dix merveilleuses années de BEIRUT ART FAIR à Beyrouth, les problèmes économiques du pays, la double explosion et la pandémie, m’ont obligée de mettre la foire en pause jusqu’à ce que le Liban reprenne son souffle. Il m’est donc impossible d’organiser une foire d’envergure dans ces conditions, avec un infini regret. 

 

Je suis rentrée à Paris et j’ai œuvré sur diverses activités artistiques on-line, pour soutenir nos artistes. J’ai ouvert ma maison à des libanais qui avaient besoin d’un toit, le temps de s’organiser. Certaines de mes initiatives artistiques, notamment avec Paris-Photo 2020, ont dû être aussi annulées à cause de la pandémie à Paris. Finalement, ayant le courage et la force du peuple libanais (après 30 années au Liban, ne suis-je pas finalement un peu libanaise, pleine de ressources et de vie, d’initiatives et de volonté ?) j’ai décidé en décembre dernier de monter une petite foire, MENART FAIR, dédiée aux galeries qui présentent des artistes du Maghreb, du Levant, des pays du Golfe et d’Iran. J’étais certaine qu’une foire dédiée au ME.NA ferait résonance à Paris, car il n’y en a jamais eu, dite "de niche", dédiée à « nos » régions. 

Paris étant confinée, les galeries et musées fermés, ainsi que tout ce qui n’est pas de première nécessité,….sauf les Maisons de vente aux enchères, m’est venue l’idée de contacter un commissaire-priseur de renom, aimant le Moyen-Orient, ayant du coeur et grand ami de Paul de Rosen mon associé, spécialiste du Angel Business. Immédiatement, Arnaud Cornette de Saint Cyr m’a donné son accord, et a mis à notre disposition tout son réseau de collectionneurs ainsi qu’une équipe pour nous aider dans cette tâche bien difficile.

Pour l’anecdote, la fille d’Arnaud a été stagiaire à BEIRUT ART FAIR 2018 et avait été très heureuse au Liban…

 

Je contacte alors Joanna Abou Sleiman- Chevalier pour lui confier, à nouveau, la direction artistique de MENART FAIR, avec grand bonheur pour nous deux. Elle, la libanaise implantée en France depuis plus de 40 ans et moi, la française implantée au Liban depuis presque 30 ans ! Alors, qui est réellement libanaise et qui est vraiment française ? Je vous laisse deviner ! 

 

Il a fallu sortir des sentiers battus des foires traditionnelles, car chez Cornette de Saint Cyr, nous sommes dans un hôtel particulier avec des moulures, des cheminées, des miroirs d’époque et des verrières de période art déco. Les murs et les sols sont classés et il a fallu les intégrer dans notre scénographie. Le résultat est splendide ! Nous allons entrainer le public à travers un voyage artistique au Moyen-Orient. De plus, nous serons la première manifestation en présentiel depuis janvier dernier.

 

A peine la foire officiellement lancée, les galeries se sont pressées à vouloir participer en recherchant le meilleur pour leurs artistes. La maison Cornette de Saint Cyr n’étant pas extensible, et malgré le fait d’avoir loué toutes les salles d’exposition, les bureaux, les couloirs, l’accueil,  ….sur une surface de 500 m2, nous pouvons accueillir 22 galeries, venant de 13 pays. J’ai la joie d’avoir la participation de 5 galeries libanaises, Tanit, Saleh Barakat, Chériff Tabet, Mark Hachem et Nada Debs pour le design. J’aurais souhaité aussi en avoir plus, mais la situation est vraiment très difficile au Liban et je comprends que cela représente une réelle organisation pour les galeries….

 

Les galeries françaises ont été très accueillantes envers les libanaises et la Galerie Bessières à Chatou (près de Paris) a proposé de recevoir dans ses locaux, après MENART FAIR, les galeries libanaises afin de prolonger leur exposition chez eux et d’inviter tous leurs collectionneurs. M. et Mme Bessières ont annoncé qu’ils ne prendraient pas de commission sur les ventes. D’autres initiatives de ce type sont en train de s’organiser.

 

Avec MENART FAIR, c’est la découverte, et c’est la possibilité d’offrir une plateforme pour les artistes libanais. En 2022, la France va recevoir en résidence, une centaine d’artistes libanais et il va y avoir beaucoup d’expositions d’artistes libanais dans les musées, les centres d’art, etc. Un grand nombre de projets sont en préparation et j’ai la chance de contribuer pour certains d’entre eux….

 

En décembre 2021, nous ouvrons une autre cession de MENART FAIR, à Bruxelles. Nous avons déjà des galeries qui veulent nous suivre….
 

Qui sont les participants et comment était leur réaction quand vous les avez approchés ? 

Venant d’Arabie Saoudite, la galerie ATHR précurseur de la scène contemporaine, et Mono Gallery jeune galerie montante et dynamique.

De Tunisie, Elmarsa Gallery attire avec des œuvres d’une grande modernité. 

De Jordanie Wadi Finan Art Gallery toujours pertinente dans sa sélection.

Du Liban, Mark Hachem représentant des artistes confirmés, Saleh Barakat découvreur de talents, Galerie Tanit première galerie à avoir présenté des artistes libanais dans les plus grandes foires européennes et Galerie Cheriff Tabet, spécialisé dans les artistes de la diaspora libanaise, mais encore, Nada Debs studio designer reconnue à l'International.

D’Iran, SHIRIN ART GALLERY défend une scène émergente ainsi qu’Eiwan al Gassar Gallery venant du Qatar. 

Du Maroc, LA GALERIE 38 propose un choix audacieux.

Des Émirats arabes unis, Leila Heller Gallery fait une passerelle entre Orient et Occident.

Auquel s’ajoute des galeries européennes et internationales telles que GALLERIA CONTINUA, Galerie Nathalie Obadia, GALERIE BESSIERES, Esther Woerdehoff, ATELIER RELIEF, ainsi qu’une jeune génération de galeries françaises émergentes : 193 GALLERY, AYN GALLERY,

By Lara Sedbon x Durazzo Projects et Galerie La La Lande.

 

Nous sommes bien organisés et toutes les matinées (de 10h à midi), MENART FAIR sera uniquement pour les collectionneurs et les Institutions, par réservation et on-line. Ensuite, de midi à 19h, ce sera pour le public, avec une jauge de 65 visiteurs par heure, afin de respecter les conditions sanitaires. Avec Joanna, nous organisons de nombreux groupes de collectionneurs et nous leur faisons visiter la foire en leur commentant chaque œuvre et en leur présentant chaque galerie. L’entrée est aussi sur réservation (on-line sur notre site internet) et gratuite. Nous allons apporter de la joie, une renaissance de nos régions, la découverte, avec cette hospitalité libanaise unique au monde.

Nos galeries ne seront pas seules, perdues dans une foire. Nous sommes là pour les accompagner et nous occuper d’elles.

 

Comment ressentez-vous les changements de la scène artistique que la pandémie a bouleversés ?

Je sens que les jeunes veulent reprendre les rênes, et rebâtir un Liban contemporain. L’on peut le constater par les expositions un peu partout à travers le Liban et la richesse des propos curatoriaux. Je suis très fière de nos artistes. Il est en train de se passer beaucoup de choses passionnantespour rebâtir un nouveau Liban. La pandémie a un peu aussi forcé les choses en passant par le virtuel. L’on n’a jamais été aussi proche du monde qu’en ce moment, car tout se fait, se conclut et s’organise par internet. Le public veut du fond et traiter de sujets essentiels. Il faut que le Liban se retrouve, mais autrement, avec les valeurs que les jeunes sont en train d’instaurer.

 

Avec les problèmes que connait le Liban, pensez-vous qu’il va y avoir une « décentralisation » de la dynamique artistique et créatrice des artistes libanais ? Et si oui, comment va-t-elle s’effecteur ?

Le Liban a toujours été international et le sera encore plus. Il est vrai que beaucoup de jeunes sont partis depuis la double explosion, mais ils sont partis pour s’organiser ailleurs, sans les mêmes contraintes, pour mieux servir ensuite, leur pays. Dans le fond, le Liban est leur cœur, et il ne cesse jamais de battre. Des organisations sont en train d’être mise en place pour offrir une place aux artistes libanais un peu partout. Le public regarde du côté du Liban et s’intéresse à leurs (à nos !) scènes. Les artistes reviendront ensuite, ayant pris du recul, et seront plus forts, j’en suis persuadée. Le prochain BEIRUT ART FAIR sera dingue et riche ! Tous les collectionneurs européens qui nous suivent voudront venir au Liban, dès que je relancerai la foire, c’est certain !

 

Que pensez-vous des NFT ? Seront-ils au rendez-vous à MENART Fair ? 

C’est probablement une évolution incontournable et le numérique est devenue inévitable. Maintenant, l’on peut s’interroger sur où est la main du créateur et de l’artiste ? Cet art ne sera pas exposé à MENART FAIR. En revanche, si nous devons parler « numérique » il va y avoir une installation interactived’une jeune artiste yéménite, Sara Abdu, de la ATHR Gallery. Le public va être surpris. Autrement, la foire sera aussi on-line permettant aux galeries de vendre plus.

 

 

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