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Ogarit Younan et Walid Slaybi : la reconnaissance de leurs engagements non-violents par le prix international Gandhi

09/02/2023|Lise Picquette

Figures d'humilité et d’engagement, Ogarit Younan et Walid Slaybi sont les grands lauréats du Prix Gandhi International, décerné en Inde le 8 décembre 2022. Au cours d’une rencontre, Ogarit revient sur son périple en Inde, riche en rencontres et en découvertes. Le concept de non-violence, sans cesse actualisé au gré des événements actuels, mérite également une attention particulière qu’Ogarit prend le temps d’expliquer. 

Le prix international Gandhi est décerné annuellement par la Fondation Jamnalal Bajaj (Gandhi appelait Jamnalal Bajaj « mon cinquième fils »). Lancé en 1977, ce prix annuel vise à reconnaître le travail des individus qui contribuent à la transformation sociale, économique et politique à travers la non-violence et les valeurs gandhiennes. 

 

Le prix fonctionne sur base de nomination directe et non pas de candidature. Le jury se concerte afin d’attribuer un trophée aux lauréats ainsi qu’une récompense symbolique. Au-delà de ces attributions, le prix incarne “une forme de reconnaissance dans le pays de Gandhi” pour Ogarit Younan et Walid Slaybi. 

 

Ogarit est co-fondatrice avec Walid Slaybi du premier mouvement libanais non-violent en 1983, et de la première université pour la non-violence en 2009, l’Academic University for Non-Violence and Human Rights (AUNOHR). 

 

L’envergure internationale de ce prix permet de donner de la visibilité à des combats et des figures diverses, venues de tous les continents. Parmi les lauréats, Ogarit cite Desmond Tutu, lauréat du prix en 2005, associé à l'incitation non-violente auprès de Mandela. Ainsi que Jean-Marie Muller, le philosophe français de la non-violence, spécialiste de Gandhi et ami du couple depuis 1989, dont neuf de ses ouvrages et des dizaines de textes ont été traduits en arabe grâce à Ogarit et Walid. Ziad Medoukh, le professeur universitaire palestinien de Gaza, formé à la non-violence avec Ogarit et Walid, puis à AUNOHR, figure également parmi les lauréats du prix. 

 

Tous se rassemblent autour de la figure de Gandhi et de ce que l’on appelle les méthodes gandhiennes, dont l’objectif est d’opter pour la résolution des conflits, sans l’irruption de la violence. Considéré comme le héros de l’indépendance de l’Inde, Gandhi a vécu la plupart de sa vie dans une petite cabane, refusant confort et luxure. Ogarit a pu voir de ses propres yeux ce lieu de vie simple, représentatif des valeurs prônées par le Mahatma (la « grande âme ») lors de son premier voyage en Inde. 

Au cours de ses visites programmées par la Fondation ainsi que par l’ambassade de l’Inde au Liban, Ogarit a eu la chance de retracer la vie de Gandhi à travers des lieux symboliques dont le temps n’a pas éreinté la superbe. 

 

Les étudiants indiens ont réservé un accueil mémorable à l’activiste : questions, photos et autographes, tant de pratiques qui ont marqué Ogarit par leur nouveauté et par leur caractère respectueux. Ogarit les questionne à son tour : “Qui est Gandhi pour vous ?”, “Comment on vous l’enseigne ?”. Cet échange vertueux a été un moment de communication privilégié pour Ogarit qui “fait revivre Gandhi en Inde” selon les mots des jeunes. 

 

Plus qu’un apport professionnel, ce voyage en Inde a été un terreau fertile à de nouvelles perspectives : l’université AUNOHR a scellé un partenariat avec deux universités indiennes afin de permettre des échanges universitaires par exemple. L’ambassade de l’Inde au Liban a également pour projet de travailler main dans la main avec Ogarit et Walid et leur université.

 

 

(Photo : DR)

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