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MA DECLARATION : NAZIRA BITAR ET CYNTHIA BITAR

Actualités

RENCONTRE
24/09/2020

A l’occasion du 100ème anniversaire de la proclamation du Grand Liban et pendant tout le mois de septembre, l’Agenda Culturel va au-devant des acteurs culturels, économiques et du corps médical du pays pour leur demander de partager, un siècle plus tard et, surtout, un mois après l’impitoyable apocalypse qui s’est abattue sur Beyrouth, leur ressenti, leurs sentiments et clamer leur propre déclaration. 

Nazira Bitar et sa fille Cynthia Bitar, propriétaires et cheffes de ‘Nazira Catering’.

 

Quel regard portez-vous sur le centenaire du Liban ? 

Nazira : C’est pas du tout le moment de me poser une question pareille dans les conditions dans lesquelles on vit ces jours-ci. On ne peut pas baser un pays sur du confessionnalisme et depuis cent ans, c’est une illusion d’indépendance. Nous ne sommes pas un peuple apte à s’auto gouverner. 

 

Comment avez-vous vécu la catastrophe du 4 août ?

Nazira : Une chose pareille n’aurait jamais dû arriver. Ce fut un choc comme pour tout le monde parce que nous avons été affectés directement et indirectement. 

Cynthia : On a couru pour secourir nos proches, on a vécu un traumatisme, on a vu une horreur qu’on n’a jamais vu durant toute la guerre. Personne ne peut se sortir d’une catastrophe pareille. On a besoin d’une thérapie nationale. 

 

Considérez-vous que le Liban peut devenir une véritable nation ? 

Cynthia : Pas du tout. On a 100 ans d’expérience pour montrer que ce sont les puissances étrangères qui ont créé ce bout de terre pour s’en servir comme décharge pour leurs conflits. 

 

Le Liban est-il votre patrie définitive ?

Cynthia : On l’aurait souhaité et on l’a toujours cru parce que nous sommes amoureux de ce pays, parce que c’est notre ADN. Mais chacun dans sa bulle. Pour pouvoir vivre dans notre pays, on doit créer sa propre sécurité car personne ne nous l’assurera. Nous sommes complètement délaissés. On s’est investis à fond dans tout ce que l’on sait faire. Si je trouve une opportunité, je pars. 

Nazira : je suis déjà partie et revenue 5 ou 6 fois. Et je suis toujours revenue. Si mes enfants veulent partir, je ne les retiens plus. Que vais-je leur dire ? comment les pousser à rester ?

J’ai tout fait pour avoir un pays, pour promouvoir le Liban. Dans le cadre de ‘Nazira Catering’, quand on avait des évènements à l’étranger, on a toujours emporté avec nous notre drapeau et nos chansons. On a défendu notre pays, notre image, notre culture, partout dans le monde et aujourd’hui je me sens trahie, bafouée, non estimée. Je ressens un dégout sans pareil. Cela fait 40 ans que j’ai monté mon affaire sur laquelle j’ai travaillé jour après jour et tout a disparu. 

 

En ces jours historiques, quelle serait votre propre « Déclaration pour le Liban »  

On en est arrivés à vouloir croire au miracle. Il n’y a qu’un miracle qui puisse nous sauver pour que cette terre ne disparaisse pas. Je parle de terre et pas de pays, car ce n’est pas un pays. 

Si on veut envisager un futur proche ou lointain au Liban, nous aimerions pouvoir retrouver quelque chose qui nous ressemble. 

 

 

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