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Le coronavirus au cœur du dernier roman d’Alexandre Najjar

Livre

LIVRECORONAVIRUS
22/06/2020

Le coronavirus au cœur du dernier roman d’Alexandre Najjar 

La Couronne du diable disponible en librairie

Avocat et écrivain francophone de renom, Alexandre Najjar publie ce 20 mai aux éditions Plon un roman passionnant, intitulé La Couronne du diable, où le narrateur se téléporte dans huit pays pour nous raconter, dans un style à la fois limpide et percutant, la crise du coronavirus. Entretien avec l’auteur, à la veille de la sortie de son livre en version numérique. 

Comment vous est venue l’idée de ce livre ?

J’ai toujours pensé avec Sartre qu’il y a une « responsabilité de l’écrivain » et cru avec Camus en « l’obstination du témoignage ». Face à une catastrophe de cette ampleur, un artiste ne doit pas rester les bras croisés, il ne peut nous parler de sujets anodins. J’ai donc éprouvé la nécessité d’écrire, sous forme roma­nesque, à propos de la crise que nous vivons, à travers un personnage, écrivain confiné comme moi, qui se téléporte dans huit pays (Chine, Japon, France, Italie, Espagne, Iran, Etats-Unis, Liban) pour se mettre dans la peau de huit protagonistes (un médecin, une enseignante, un étudiant, un journaliste, un couple d’amoureux...) et nous raconter leur vécu face au coronavirus. Chacun se retrouvera forcément dans l’un ou l’autre de ces personnages... 

 

Le Liban n’est visiblement pas oublié dans votre roman...

Il n’est jamais oublié dans mes livres ! La partie consacrée au Liban met en scène un jésuite, appartenant à cette communauté remarquable hélas violem­ment touchée par le coronavirus, mais un jésuite révolutionnaire qui fustige les agissements de nos dirigeants et attend la fin de l’épidémie pour reprendre la lutte. Il est aussi confronté au conservatisme de certains paroissiens bornés qui considèrent à tort que le fléau est une « punition de Dieu »... 

 

Justement, vous vous montrez assez critique à l’égard de certains diri­geants.

La Chine et l’Iran n’ont pas fait preuve de transparence, c’est le moins qu’on puisse dire, ce qui a aggravé la situation. Les Etats-Unis ont « mis leurs mains dans l’eau froide » (comme on dit en arabe) avant de se retrouver débor­dés. L’Italie, l’Espagne, la France ont tardé à prendre les mesures qui s’impo­saient et ont fait face à une pénurie de masques et d’équipements... Au Liban, on a certes réagi à temps, mais nos dirigeants corrompus sont plus nocifs que le coronavirus !

 

On sent à la fois de la gravité et de la dérision dans votre style 

C’est souvent le cas dans mes livres, notamment dans mes pièces de théâtre où le spectateur rit et s’émeut tour à tour pendant la représentation. La crise du coronavirus est tragique, elle a eu et aura des conséquences désastreuses, mais elle a aussi un aspect absurde qui aurait sans doute inspiré l’Eugène Ionesco de Rhinocéros ou le Samuel Beckett d’En attendant Godot... Le livre comporte certaines scènes qu’on dirait surréalistes et pas mal d’humour aussi, la dérision et le rire étant des antidotes contre le désespoir...

 

Où est la part de fiction et la part de réel dans ce livre ?

Je n’aime pas les lignes de démarcation, peut-être parce que je suis un enfant de la guerre. Pour moi, personnages réels et fictifs peuvent se côtoyer en toute harmonie : mes livres Le Roman de Beyrouth et Berlin 36 le prouvent bien. Evidemment, je me suis bien documenté pour pouvoir parler de mon sujet en connaissance de cause, mais mes personnages sont, à l’exception du lanceur d’alerte chinois et de l’acteur italien, le produit de mon imagination.

 

Ne craignez-vous pas un flux considérable de livres sur le sujet ? 

Si, et c’est normal puisqu’il s’agit d’une crise planétaire. On aura droit, dans les prochains mois, à de nombreux « journaux du confinement », à des livres sur la mauvaise gestion de la pandémie et sur les différentes théories du complot, sans compter les témoignages de dissidents ou bloggeurs chinois. Mon livre s’apparente aux romans documentaires et a une ambition plus littéraire et plus “humaniste”. Cela dit, on a beaucoup écrit ou produit des films sur les deux guerres mondiales et sur le Vietnam, et c’est tant mieux : il est essentiel d’abor­der pareilles tragédies sous tous leurs angles, pour mieux les expliquer et en dénoncer les responsables...

 

Et ne craignez-vous pas que votre livre soit rapidement dépassé à cause de l’évolution, dans un sens ou dans un autre, de la pandémie ?

Pas du tout ! J’ai voulu raconter le premier acte de cette tragédie. En amour, dans les guerres, dans les destins des grandes personnalités, les débuts sont révélateurs et souvent décisifs. Mon roman couvre les mois de janvier à mars 2020, et constitue donc un témoignage sur cette période définie qui correspond au commencement de la crise. 

 

Pourquoi l’édition de ce roman est-elle numérique ?

Dans le chaos ambiant, qui a provoqué la fermeture des librairies et décalé la parution de milliers de titres, il était impossible de sortir sous forme imprimée. Comme la demande de livres numériques a beaucoup augmenté en cette période de confinement strict ou allégé, et comme le sujet de mon roman est actuel, mon éditeur Plon a décidé de le sortir en version numérique en attendant une version papier dans un futur proche. Avec le e-learning et l’intérêt crois­sant pour les livres numériques, un palier a été franchi. 

 

Des traductions sont-elles prévues ?

Oui, le livre est déjà en cours de traduction en espagnol chez Larrad à Madrid et en version arabe chez Dar Saer al-Mashreq qui le sort presque simulta­nément, mais en version imprimée. Il sera donc disponible en arabe en librairie dans quelques jours.

 

Le livre peut être acheté et téléchargé sur les plateformes suivantes : 

 

 

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