‘La Blessure’, premier roman de Racha Mounaged

Livre

22/05/2020

Racha Mounaged publie son premier roman, « La blessure ». L’auteur a vécu à Beyrouth jusqu’à ses 18 ans, puis elle a poursuivi ses études en France (en biotechnologies) et par la suite s’est installée à Bruxelles où elle réside actuellement.

Elle répond aux questions de l’Agenda Culturel.

 

 

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Pourquoi avoir voulu écrire ?

Une fois mes études terminées, j’ai senti qu’il manquait quelque chose dans ma vie, c’était une sorte de vide que j’ai tenté de combler, notamment à travers l’écriture. A Bruxelles, j’ai découvert par hasard les ateliers de scénario et de dramaturgie et j’ai senti qu’un monde s’ouvrait devant moi. Aujourd’hui j’envisage l’écriture comme un outil puissant pour la transmission. L’écriture c’est très exigeant. Il ne faut pas avoir peur de regarder vraiment en soi, puis de tendre un miroir aux autres, pour qu’ils s‘y reconnaissent à leur tour.

 

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Comme beaucoup de romans libanais, ce texte traite de la guerre, de la mémoire, de l’identité et de la résilience.

J’ai voulu traiter des thèmes difficiles comme la guerre, le divorce et la maltraitance, à travers le regard d’un enfant. Jad, 13 ans, vit une période difficile à Beyrouth. Sa famille est disloquée, son pays est en guerre. Il ne voit pas souvent son père, qui habite à Tripoli. L’enfant s’accroche à ses études. C’est un élève brillant, mais c’est aussi un enfant abîmé, qui vit des épisodes de stress intense et des dissociations traumatiques.

J’avais envie de décrire la guerre, cette guerre que j’ai vécue en étant enfant. J’avais aussi envie d’évoquer l’après-guerre, les problèmes de fracture sociale, symbolisés par l’hôtel (El Magnifico) qui grignote la façade maritime. Je voulais montrer comment les habitants se sont vu éjecter de l’espace public, à l’image de Abu Ali, un modeste pêcheur qui vit en bord de mer et qui symbolise l’attachement à la nature et au passé.

La corniche, où les épisodes les plus lumineux ont lieu, est un endroit de mixité, de liberté, un endroit ouvert et accessible à tous. Dans « La blessure » j’évoque ce que ce lieu a de magique et combien il est précieux pour les habitants de la ville. Il est associé à tellement de souvenirs heureux !

Y a-t-il encore une place pour la contemplation ? C’est le rapport au temps qui est modifié ; dans une ville en proie à la destruction, la reconstruction peut apparaitre comme une opportunité pour certains, comme une catastrophe pour les autres lorsqu’elle est conduite de manière rapide et sauvage.  Tout ceci vient en résonance avec les séparations, les dissociations et la guerre civile qui constituent la toile de fond du roman.

 

Pourquoi avoir choisi ce thème ?

L’histoire moderne du Liban est jalonnée de guerres, de drames et de fractures. Cela entraine forcément des blessures. On parle beaucoup de la résilience des Libanais. J’avais envie de montrer les mécanismes de défense qui se mettent en place lorsqu’un enfant est soumis à une situation de stress insupportable.

Lorsqu’on a vécu autant de drames et de tragédies qu’au Liban, on se raccroche au moindre rayon de soleil, au moindre signe positif. C’est un peu ce que fait Jad, qui essaie désespérément de s’en sortir à travers les moyens qu’il a à disposition comme les études et l’amitié.

 

 

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