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Joumana Jamhouri était à Paris Photo

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21/11/2023|Zeina Saleh Kayali

La photographe Joumana Jamhouri exposait la semaine dernière à Paris Photo, l’une des foires les plus importantes dans le domaine. C’est avec la galerie Tanit, fondée et dirigée par Naila Kettaneh et basée à Beyrouth et Munich, que s’est déroulé l’événement intitulé La Mer dans tous ses états.

 

 

Qu’est-ce que cela fait d’être exposée dans un événement aussi prestigieux que Paris Photo ?

Je suis très reconnaissante à Naila Kettaneh, propriétaire de la galerie Tanit et ma galeriste, d’avoir exposé deux de mes photos dans cette foire si prestigieuse. C’était une expérience très excitante Les photos ont d’ailleurs beaucoup plu au public français. J’étais très émue de faire partie de cette aventure, aux côtés de photographes de renom, exposés dans des musées, tels que Elger Esser et Rania Matar. C’est quand même le rêve d’une vie pour un photographe ! 

 

Que représentaient les deux photos exposées ?

Comme le thème de l’exposition était la mer, la première représentait une tempête sur la corniche de Beyrouth, et là j’ai attendu le premier rayon de soleil après l’orage pour la prendre, ce qui lui donne une atmosphère très particulière. La deuxième photo c’est le port de Beyrouth avant l’explosion du 4 août, prise de l’un des immeubles les plus élevés de la capitale. Au niveau de l’ambiance, les deux photos se ressemblent assez car elles ont été prises à l’heure que je préfère, le coucher du soleil. 

 

Que symbolisent ces deux photos pour vous ?

La tempête est le symbole du renouveau éternel, la ville qui est déchirée puis qui s’apaise. Le port, représente le rapport de Beyrouth à la mer, ce qui m’a toujours fascinée. Ce port est vraiment très beau et il incarne le lien de la ville avec le reste du monde. Je me suis souvent perchée sur de très hauts immeubles pour capter la beauté du port de Beyrouth. En faire le deuil est d’autant plus difficile. N’oublions pas que Beyrouth est une presque-ile qui est tendue vers l’horizon. La photo du port incarne aussi le lien entre l’industriel et la mer.

 

Justement, les photos industrielles sont également une partie essentielle de votre œuvre ?

Oui j’ai photographié beaucoup d’usines dans ma carrière ! Et cela me permet de faire travailler mon imagination en donnant une autre vie aux objets par le biais de l’objectif. Par exemple, je vois des petits poissons rouges, là où en fait il y a des briques. C’est le côté ludique de mon travail.

 

La ministre française de culture (d’origine libanaise) est venue sur votre stand à Paris photo ? 

Elle n’avait pas du tout prévu de le faire, mais en la voyant passer avec une délégation, à quelques mètres du stand, sans avoir l’intention de s’y arrêter, j’ai tout simplement abordé la directrice de la foire, qui était avec la ministre et je lui ai dit « ce serait un crève-cœur que vous ne passiez pas nous voir, vu que c’est le seul stand libanais de toute la foire ! ». J’ai été entendue et ne voilà-t-il pas que la ministre (qui est très charmante et chaleureuse) entre et regarde attentivement les œuvres exposées. Cela m’a fait grand plaisir. 

Joumana Jamhouri-La Tempête III-2008-Printed on Premium Luster Hahnemuhle Paper-60cmx90cm-Edition of 4 + 2 AP

Pensez-vous que l’intelligence artificielle puisse tuer la créativité d’un photographe ?

Quand j’ai fait mes études de photo, elles étaient en argentique et à la fin de mes études, nous étions passés au digital. J’ai donc dû tout réapprendre. Mais je l’ai fait avec plaisir ayant toujours été ouverte au progrès. L’argentique m’a donné une base importante d’autant que j’ai constaté être douée pour l’informatique. Cela m’a permis de rester compétitive. Je pense que l’intelligence artificielle peut beaucoup apporter à la photo, à condition de ne pas sombrer dans les dérives. 

 

Quels sont vos prochains projets ? 

Deux projets en gestation dont je vous parlerai dès qu’ils seront concrétisés !

Par ailleurs, je souhaite réactiver un projet qui n’a pu voir le jour à cause de la pandémie. Une série de photos de la foire Rachid Karamé de Tripoli, site construit par l’architecte brésilien Oscar Niemeyer, et qui, depuis, a été inscrit sur la liste du Patrimoine mondial en danger de l’UNESCO. Les photos devaient faire l’objet d’une exposition tournante dans tous les Instituts français à travers le Liban.

 

Que faut-il vous souhaiter ?

Que mes photos connaissent une plus grande visibilité. Et ici se pose une question fondamentale : Est-ce que l’on photographie pour que l’œuvre soit vue, ou simplement pour qu’elle existe ? Le débat est ouvert ! 

 

Joumana Jamhouri-Vues Aeriennes-2007-Printed on Premium Luster Hahnemühle-60cmx90cm-Edition 1 of 4 + 2 AP

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