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Intami, le réseau unique en son genre

Divers

INITIATIVE
10/06/2021|Julia Mokdad

À elles huit, elles rendent au Liban ses effluves de solidarité qui lui vont si bien. Ensemble, Kristelle Feghali, Nour Milan, Gaëlle Achdjian, Andrea Issa El Khoury, Lea Ghantous, Karen Bouez et Sandra Bouez fondent en février 2020 Intami Network, le premier réseau dédié à l’épanouissement professionnel et personnel des femmes libanaises du monde entier. L’Agenda Culturel vous propose de découvrir les trois raisons qui font de ce réseau florissant un projet révolutionnaire.

La plateforme est une première. Et pourtant, le concept inonde la toile depuis plusieurs années déjà. Mais le flot n’était, jusqu’à maintenant, jamais parvenu aux rivages du pays des cèdres. Rassembler les femmes libanaises du Liban et de la diaspora, dans un espace virtuel dont elles sont l’essence elles-mêmes, afin de les initier aux bonheurs d’une société soudée, voilà somme toute le projet ambitieux sinon visionnaire de Krystelle Feghali et de ses sept coéquipières. Toutes en sont convaincues : à l’heure d’une crise économique sans précédent dans son histoire, le pays - vacillant au-dessus des abîmes - confirmera l’adage. L’union fait la force. Clin d’œil à ce sentiment qui fait défaut à beaucoup de femmes libanaises, le nom Intami est l’équivalence arabe du mot « appartenance ». Grâce à une équipe 100% féminine, c’est aussi le nom qui démolira pour la première fois, les barrières géographiques entre les libanaises du monde entier. 

 

 

Elle défie la crise. Le fossé vertigineux entre l’Occident et l’Orient, les fondatrices ont pu le constater pendant leurs études, alors qu’elles avaient un pied sur chaque continent. Aujourd’hui, elles regrettent que leur pays ne mette pas un point d’honneur à tisser un réseau pour les femmes, naturellement desservies par une culture encore trop patriarcale. Au Liban, les données économiques font office d’enceinte d’une dissonance tapageuse. Seulement 26% des femmes dans la vie active sont comptées dans la force de travail du pays, contre 76% pour les hommes. C’est pour prendre le contrepied d’une économie non-inclusive qu’Intami se veut aussi intermédiaire entre les femmes et leurs potentiels employeurs. « Nous avons besoin d’elles pour traverser cette crise » profère Krystelle Feghali. Et de continuer « malgré les difficultés actuelles, cela ne fait aucun doute qu’il y a une place pour les femmes dans ce pays ». Si la plateforme publie des offres d’emplois dans une rubrique dédiée, elle permet aussi à ses membres de créer un profil renseignant leurs qualifications pour étoffer leur visibilité. Et comme tout changement passe par l’information, Intami se veut précepteur d’une cohorte toutes générations confondues. Articles, publications ou encore workshops, l’initiative affirme chaque jour un peu plus, son ambition de voir se décupler demain, la part de femmes mentors dans le pays. 

 

 

Elle est exclusivement inclusive. La question fait l’objet d’interminables études académiques, mais sa réponse n’est plus un secret pour personne. L’identification aux pairs dans une institution ou dans une communauté, est un facteur de réussite. Pour cela, les huit fondatrices entendent faire de cet espace un lieu chaleureux où l’encouragement et le contact sont ambiants. Applaudir une personne par le biais d’un simple clic, commenter une interview ou encore -dans un futur proche- échanger publiquement de sujets divers et variés dans des canaux de discussions ; la petite société composée d’une centaine de membres est aussi une bulle de sécurité dans un contexte flamboyant. Une bulle, que Krystelle voudrait ne pas briser. « Souvent, des hommes nous parlent pour nous féliciter et savoir comment ils pourraient se rendre utiles. La question se pose aujourd’hui de savoir comment les intégrer sans pour autant menacer l’intégrité du réseau » confie la fondatrice. Car s’il est indéniable que les crises de ces deux dernières années ont fragilisé chaque individu sans distinction d’âge ni de genre, il est aussi nécessaire de relever une réalité pire encore, celle que l’égalité homme-femme nous a encore échappé de trente-six années, selon une étude du Forum économique de Davos.

 


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