Des femmes, des hommes et du cœur : Danielle Aramouni

Associations

RENCONTRE
23/06/2020

Le tissu social du Liban a toujours été soutenu par des associations créées le plus souvent sur des initiatives personnelles et relevant du secteur privé. Dans ces moments où la solidarité est le maitre mot pour surmonter les grandes difficultés que traverse le pays, le rôle de ces femmes et de ces hommes est d’autant plus renforcé, important, admirable et tellement indispensable au quotidien. 

 

L’Agenda Culturel vous présente ces associations et les personnes qui leur donnent vie. 

Danielle Aramouni Vice-présidente du Board

Pour l’Association Baitna Fanar

 

Quelle est la mission de votre association ?

La mission de l’association est de loger, nourrir et occuper gratuitement des personnes ayant des besoins spéciaux. Il peut s’agir de personnes trisomiques ou des personnes avec des retards mentaux, qui sont orphelins ou très démunis. Je tiens à souligner que notre association est apolitique et non confessionnelle.

L’association assure gratuitement à ses pensionnaires le gîte et le couvert et leur assigne un accompagnateur qui va les aider dans leurs tâches quotidiennes.

 

Qu’est-ce qui vous a motivée au niveau personnel pour entreprendre cette initiative ?

L’initiative n’est pas mienne. Elle est celle de Laurice et Antoine Lichaa, Naji Chlela et Joseph Salemeh à qui une dame avait dit souhaiter la mort de son propre fils trisomique 1 heure avant elle pour qu’elle puisse l’aider jusqu’au dernier moment. 

Profondément touchés par ce témoignage, les Lichaa et leurs amis décident alors de tout faire pour créer une association qui s’occupe de personnes qui ne peuvent pas s’occuper d’elles-mêmes et qui n’ont plus de famille sur qui compter. A l’époque, cela aussi correspondait à un besoin car ce genre d’initiatives était une nécessité, ce qui est toujours le cas. 

Quant à moi, j’ai été très touchée par leur exemple et je voulais apporter mon aide. Je me suis alors retroussée les manches sans me poser plus de questions. Je n’ai jamais regretté mon choix. 

 

Qu’est ce qui a été le plus dur pour vous au début de cette aventure ?

Le plus dur a été de lever des fonds. Nous n’avions que notre enthousiasme à mettre en avant. A la pose de la première pierre de l’immeuble de Baitna, une petite fille est venue nous trouver sur le chantier avec sa tirelire pour en faire don à l’association. C’était comme une bénédiction et depuis, plus on avançait dans le projet, plus nous avions des donations. 

Cinq ans après, ce qui reste une difficulté, c’est de trouver des volontaires permanents pour que ce projet continue après nous mais tous à l’association, nous croyons à la providence et nous n’avons encore jamais été déçus.

 

Comment entrez-vous en contact avec les personnes ou les familles que vous aidez ?

Maintenant que nous commençons à être connus, les parents, amis ou voisins de personnes à besoins spéciaux nous appellent pour nous parler du cas de la personne qu’ils souhaitent que nous prenions en charge.

Baitna envoie alors une assistante sociale chez la personne concernée pour évaluer si elle remplit les critères d’admission. L’assistante sociale donne ses recommandations à Baitna qui discute de chaque cas lors de l’assemblée du board qui se tient chaque semaine.

 

Quel est le profil de ceux qui vous assistent au quotidien ? 

Il n’y a pas vraiment de profil type de personnes qui nous aident sinon qu’ils sont tous convaincus que la somme de leurs efforts, aussi minime soit-elle, fait une différence énorme pour nos pensionnaires. Nos volontaires viennent de partout et ont eu des parcours de vie très différents. Certains sont là tous les jours, d’autres travaillent ailleurs mais passent ici le plus clair de leur temps de loisir. Et enfin, il y a ceux qui aident occasionnellement, quand ils en ont le temps.   

Nous avons aussi les accompagnateurs. Ce sont les seuls à avoir un petit salaire pour accompagner au quotidien les pensionnaires. 

Et enfin, quelques professionnels dont l’aide est précieuse d’autant plus qu’elle est gratuite. Médecins, psychologues, distributeurs de produits alimentaires, d’autres associations locales, professeur de gymnastique etc. Nombreux sont ceux qui mettent leur expertise à la disposition de l’association. 

Ces personnes, volontaires, employés ou professionnels n’ont d’autres points communs que leur humanité. 

 

Comment êtes-vous financés ?

Nous sommes financés de 3 manières :

1/ Les donations (en argent ou en nature)

2/ La vente des produits confectionnés à la cuisine de Baitna par une équipe de volontaires permanents et dévoués à notre cause comme Joelle, Ghassan, Tina et Leda pour ne citer qu’eux. Mais ils sont nombreux à participer à cet effort, chacun à sa manière, chacun avec ce qu’il peut offrir en temps ou en expertise, tous motivés par la même urgence d’employer leur vie à améliorer celle des plus démunis et à donner un sens à la leur.     

3/ Les évènements comme un garage sale annuel, un diner de gala, les ventes dans les marchés de Noel par exemple, les billets de cinéma dont les profits sont reversés à Baitna.

 

Quels sont vos plus grands défis 

Notre plus grand défi en ce moment est d’attaquer la phase 2 de notre projet en finissant de construire le deuxième étage de l’immeuble de Baitna pour y accueillir les pensionnaires qui sont en liste d’attente. 

 

Comment voyez-vous le futur ?

Sincèrement, je n’arrive pas à me projeter dans le futur dans la situation actuelle. Depuis la ‘’thawra’’ puis la pandémie de covid 19, puis la dévaluation de la livre libanaise et l’inflation terrifiante qui s’en est suivie, nous fonctionnons tous en mode de survie. Mais assurer le quotidien des pensionnaires demeure notre plus grande priorité. 

 

Quel message vous aimeriez envoyer à nos lecteurs

Le message que je voudrais faire parvenir, c’est que je suis fière de voir toute la solidarité qui s’organise au profit des plus démunis. Nous sommes bien placés pour le voir et nous sommes infiniment reconnaissants pour chaque aide qui nous parvient. Et à notre tour, nous retransmettons cette aide. ‘’Aidez-nous à les aider’’ est notre slogan. 

 

Comment peut-on aider ?

Comme je l’ai dit précédemment, il n’y a pas de petite donation, que ce soit en argent, en produits alimentaires ou d’entretien ou en volontariat. Toutes les bonnes volontés sont les bienvenues.

 

Nom de l’associationBaitna
Adresse et num de téléphone

Rue Afif Osseirane

Fanar

01 695 526

FacebookBaitnafanar
Instagram Baitnafanar
Website Baitna.org

 

IBAN et détails bancaires

Banque : Crédit libanais S.A.L.

Branche 39 Jdeideh, Mont Liban

Country Code: 00961

Telephone: 00961 1871245  00961 1898065

Contact person: Mrs Samia Khoury ext 13

Email:  info@creditlibanais.com.lb

Association name : BAITNA

Currency USD

IBAN USD : LB2600 5300 CAUSD 0039 4609 08002

CURRENCY LBP

IBAN LBP : LB0200 5300 CALBP 0039 4609 08003

SWIFT CODE : CLIBLBBX

 

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