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'126 battements de cœur pour la Genève internationale'

Livre

RENCONTRE
18/03/2021

Après la publication d’un roman, Au bonheur de Yaya, qui traite notamment d’émigration, Zahi Haddad publie « 126 battements de cœur pour la Genève internationale ». Il revient au point central de ses études qui l’ont mené de l’université de Genève à la Columbia University de New York : les relations internationales et la façon dont elles s’imbriquent et façonnent les êtres humains. Auteur, entrepreneur, bloggeur, pétri d’une grande culture internationale, Zahi Haddad a mis toute son expertise et son empathie au service de ces 126 battements de cœur et, en dix-huit mois de recherches et de rencontres, a dressé des portraits uniques, avec passion et authenticité. Rencontre avec l’auteur. 

 

(Photo ©Aurélien Bergot)

Qu’est-ce que la « Genève internationale? »

Genève est un lieu très particulier puisqu’il abrite environ 185 nationalités auxquelles j’ai voulu m’intéresser dans mon livre. Ce multiculturalisme résonne parfois comme un argument de vente. Alors, j’ai voulu donner un visage à cette diversité. Lui donner la parole. Genève a une tradition d’accueil séculaire. Cette dernière s’est amplifiée au lendemain de la Seconde Guerre mondiale après l’installation de l’ONU et la nécessité pour chaque pays d’être représenté autour de ce forum unique au monde. 

 

D’ailleurs, plusieurs de mes interlocuteurs m’ont dit leur fascination de voir que des décisions prises à Genève avaient un impact quotidien sur des milliers de personnes dans le monde. Genève internationale, c’est aussi cela : des dizaines d’agences onusiennes, près de 800 organisations non gouvernementales et 32'000 fonctionnaires internationaux.

 

Cette richesse se retrouve dans chacune des personnes dont j’ai dressé le portrait : 126 battements de cœur, qui font rayonner Genève dans le monde avec un projet original. Une extraordinaire source d’inspiration qui propose nombre de pistes pour améliorer notre quotidien, réfléchir au sens que nous voulons donner à notre humanité, qu’il s’agisse d’éducation, de développement durable, de promotion de la paix ou de culture. Pour moi, toutes ces rencontres ont aussi été une formidable source pour réfléchir à ma propre posture dans le monde.

 

Comment avez-vous choisi vos personnages ?

C’est un peu eux qui m’ont choisi ! Je souhaitais, avant tout, rencontrer des personnalités, de toutes les nationalités, originales dans leur démarche, positives, pour devenir, en quelque sorte, leur ambassadeur. Celui de Genève aussi. Au-delà des personnes, j’ai également sélectionné des projets, une volonté, un engagement. Le sens de l’altérité et de l’altruisme. C’est formidablement inspirant ! Et j’en ai bénéficié dix-mois durant au cours de discussions souvent étonnantes, aussi enrichissantes qu’émouvantes. Chacun a joué le jeu, beaucoup se sont confiés à moi et je leur en suis très reconnaissant. D’autres sont devenus des amis avec lesquels j’aime discuter, refaire le monde. Me projeter dans l’avenir. 

 

De par ce brassage de cultures, voyez-vous des similitudes entre Beyrouth et Genève ?

Comme Genève, le Liban est un point de passage, de rencontre. La culture sociale, les modes d’interaction y sont très différents mais les personnes qui y passent restent souvent sous le charme. Certains apprécient la rigueur et le calme, d’autres pencheront pour la joie de vivre et la chaleur humaine. 

 

Ce qui m’a beaucoup frappé c’est surtout la force de la société civile. Je savais que c’était le cas au Liban où de nombreuses associations et entrepreneurs œuvrent sur le terrain et apportent des solutions indispensables à leurs bénéficiaires. A Genève, ce type d’acteur peut s’appuyer sur le système onusien et tous les acteurs qui l’entourent. Ils ont également cette capacité à agir très rapidement sur le terrain, même si l’on parle d’un pays éloigné, de façon souple et souvent en complémentarité avec les organisations internationales. Et Genève contribue fortement à l'épanouissement de ces idées. Au final, toutes ces personnes ont une vision claire, une détermination à toute épreuve, et ne peuvent que réussir. 

 

Ayant régulièrement l’occasion de la soutenir sur des projets ponctuels, j’ai toujours été très admiratif de la société civile libanaise et de son dévouement, et c’est encore plus le cas en cette période si difficile de l’histoire qui accumule les défis sur les défis des Libanais. 

 

Parlez-nous de votre Genève à vous.

Étonnamment, ma Genève ressemble souvent à mon Liban, ce qui a tendance à surprendre mon épouse et mes amis. J’ai toujours eu mon îlot de bonheur libanais grâce à la musique de Fairouz, des Rahbani, de Zaki Nassif et maintenant d’artistes comme Charbel Rouhana ou Jahida Wehbé. Notre gastronomie me gonfle aussi le moral ; elle est tellement présente en moi que j’ai écrit « Au bonheur de Yaya », un roman qui s’arrête sur la « Suisse du Proche-Orient ». Un joli clin d’œil de la vie ! En fait, depuis que j’ai redécouvert le Liban, je m’attache à créer des ponts culturels en faisant, par exemple, venir des artistes en Suisse pour qu’ils puissent partager leur œuvre, qu’il s’agisse de musiciens ou de réalisateurs, de danseurs, de chanteurs.

 

Genève, c’est aussi la porte ouverte sur l’Europe, sur la Suisse et son étonnante diversité, géographique, humaine, linguistique… chocolatière ! Des balades au bord de son lac, qui me rassure comme la Méditerranée, ou en pleine campagne. Des rencontres dans toutes les langues, dans un café, dans le tram ou dans la rue. Une belle harmonie infusée d’écoute et de respect.


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