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Sama Abdulhadi : Quand la première DJ palestinienne fait rimer techno et liberté

15/05/2023|Ilyana Hamiti

 

Une globetrotteuse en quête d’émancipation 

Bien qu’Abdulhadi ait réellement commencé sa carrière sur la scène électro dans son pays de naissance, sa vie artistique débute en réalité dans les fêtes nocturnes libanaises où elle découvre le genre techno lors d’un concert local du DJ japonais Satoshi Tomiie. Jamais essoufflée, elle continue ses études cette fois-ci dans l’ingénierie audio au SAE Institute de Londres. C’est à ce moment, et en parallèle de ses études, que la jeune DJ se bâtit une réputation en Palestine grâce à sa contribution musicale pour plusieurs films égyptiens tels que Le Monde ou encore Thread and Wall. Accompagnée du prodige Nicolas Becker, oscarisé pour la bande sonore du film Sound Of Metal, il l’aide à créer son propre agenda d’édition pour gagner en indépendance. 

 

Ce n’est qu’en 2018 que sa carrière prend une toute autre dimension. En intégrant le Boiler Room de Londres, célèbre club qui organise des DJ sets à audience réduite, son show se diffuse de façon exponentielle sur le net : plus de 11 millions de visionnage. Un concert aux sonorités techno arabes combinant à la perfection traditions palestiniennes et modernités américaines.

 

Un artiste engagée envers son pays natal

 “J'aime la façon dont les fêtes et les festivals peuvent vous déconnecter de la réalité (...) nous ne savons pas de quoi demain sera fait surtout dans le monde arabe” confie-t-elle à la presse française. Musicienne mais aussi engagée, elle décide de monter le collectif Union pour mettre en valeur les musiciens palestiniens. Et le succès est encore au rendez-vous puisque son collectif rencontrera un énorme écho et deviendra la plaque tournante des DJ à Ramallah en Cisjordanie. 

 

Même si la piste de danse a permis à Sama Abdulhadi de se libérer des pressions politiques qu’elle a subi en tant que palestinienne, sa carrière aurait néanmoins pu s’arrêter là lorsqu’elle se fait arrêter pour “profanation d’un site sacré” alors qu’elle jouait avec une autorisation, au sein d’une mosquée qui servait d’espace événementiel. Après 8 jours de prison et une pétition de 100 000 signatures de la part de la communauté internationale des DJ, la musicienne fut libérée.

 

“Résilience”, un mot, une marque de fabrique 

“J’essaye toujours de trouver un petit peu d’eau dans le verre qui est vide. C’est peut-être une caractéristique de résilience”. Résilience. Ce mot, Sama Abdulhadi va le transformer en marque de fabrique après son arrestation. En créant sa plateforme mondiale nommée “Résilience”, elle construit un espace d’expression pour les artistes ignorés des bancs du mainstream, une forme de résistance pour ces personnes qui n’ont bénéficié d’aucune aide dans le monde parfois cruel de la musique.

 

Si la résistance d’Abdulhadi a suffi pour créer de nombreux projets, produire une musique aussi singulière et moderne que la sienne n’a pas toujours été chose facile. La Palestine Music Expo en est un parfait exemple. Cet évènement qu’elle devait organiser a brusquement pris fin à cause de l'instabilité de son pays. Mais une belle revanche sur la vie s’est offerte à elle en s’affichant quelques années plus tard à l'international comme au festival de Coachella en Amérique ou encore au fast’s AVA festival au Brésil. Une DJ au sang-froid à suivre de très près.

 

 

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